Apollinaire
Guillaume Apollinaire (1880-1918)
par Claude Debon, Professeur émérite de littérature française, université de Paris 3 - Sorbonne nouvelle. Auteur de « Calligrammes » dans tous ses états - édition critique du recueil de Guillaume APOLLINAIRE, Paris : éditions Calliopées, octobre 2008.
Wilhelm de Kostrowitzky, qui se fera connaître sous le nom de Guillaume Apollinaire, est né à Rome en 1880 d’un père inconnu. Il fait ses études sur la Côte d’Azur et s’installe à Paris en 1899. Deux séjours, à Stavelot (Belgique) et en Allemagne, sont décisifs pour son écriture poétique, inséparable de l’amour malheureux dont il fait l’expérience. Malgré ses difficultés matérielles, il entre en contact avec les grands créateurs de son temps, rencontre Picasso dès 1905. Défenseur des peintres cubistes (Méditations esthétiques. Les Peintres cubistes, 1913), il se fait connaître comme prosateur et poète (Alcools, 1913). Il s’engage dans la guerre en 1914, connaît le front et est blessé le 17 mars 1916. Calligrammes, poèmes de la paix et de la guerre, paraît en avril 1918. Il meurt de la grippe espagnole le 9 novembre de la même année, affaibli par le mauvais état de ses poumons, qui ont subi les attaques par gaz.
Auteur d’une œuvre abondante malgré sa courte vie, il laisse l’image d’un « enchanteur », toujours en quête d’innovations formelles. Les voies qu’il a tracées – suppression de la ponctuation, liberté prosodique, poésie visuelle – inaugurent un « nouveau lyrisme ».