Choderlos de Laclos
Pierre-Ambroise-François Choderlos de Laclos (1741-1803)
par Geneviève Merlin, professeur de Lettres et de Cinéma, lycée de la vallée de Chevreuse à Gif-sur-Yvette
Pierre-Ambroise-François Choderlos de Laclos naît à Amiens le 18 octobre 1741, dans une famille de noblesse récente. Il entre en 1760 à l'école d'artillerie, mais dans la période de paix qui s'ouvre en 1763, il ne connaît que la vie de garnison. Il se tourne vers la franc-maçonnerie, mène une vie mondaine, écrit des poésies, un opéra-comique. La rédaction des Liaisons dangereuses l’occupe entre 1778 et 1782. Encouragé par le succès qu’il rencontre, il consacre un discours académique à l’Éducation des femmes.
Spécialiste en matière de fortifications militaires et de balistique, Laclos est conduit à armer le fort de l’île d’Aix, à construire l’arsenal de La Rochelle. C’est là qu’il rencontre Marie-Soulange Duperré, le grand amour de sa vie, qu’il épouse en 1786 et dont il a trois enfants. Son discours académique contre les théories de Vauban lui vaut des représailles. Souffrant d’être loin des siens, il démissionne en 1790 et s’engage dans la politique comme secrétaire du duc d’Orléans.
Jacobin pendant la Révolution, il organise en 1792, à l’appel de Danton, la défense contre les armées des émigrés et contribue à la victoire de Valmy. Considéré comme suspect par Robespierre, il connaît les prisons de la Terreur avant d’être libéré en décembre 1794.
Sous le Directoire, Laclos reprend du service. Promu général par Bonaparte, il participe aux campagnes d’Italie. Il meurt le 5 septembre 1803 à Tarente, de dysenterie.
Militaire, journaliste, homme politique et écrivain, Laclos est surtout l’auteur d’une œuvre maîtresse de la littérature du xviiie siècle, qui marque à la fois l’accomplissement et le terme du genre du roman épistolaire qu’il porte à sa perfection. Dès leur parution, Les Liaisons dangereuses connaissent un immense succès, en partie lié à une aura de scandale et de subversion. Le roman nourrit très vite dans toute l’Europe une littérature romanesque et critique. Sa fortune depuis a été considérable au point de multiplier les perspectives critiques et de susciter adaptations et réécritures. Ce « chef d’œuvre qui n’a pas fini de paraître vrai et moderne » [1] garde intact son pouvoir de déflagration.
Notes
- [1] Laurent Versini, Laclos et la tradition : essai sur les sources et la technique des Liaisons dangereuses, Paris, Klincksieck, 1968.