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Dossier

Proust

 

Proust en bande dessinée

Séquence pédagogique niveau Lycée proposée par Frédéric Maget, professeur de Lettres modernes. Auteur de nombreux ouvrages parascolaires et d'articles pédagogiques, il prépare actuellement deux ouvrages consacrés à Colette, à paraître en 2009

 

OBJECTIFS GÉNÉRAUX :
1) découvrir l’œuvre de Marcel Proust
2) se familiariser avec la lecture de l’image
3) réfléchir aux enjeux de l’adaptation d’une œuvre littéraire à travers l’écriture d’une bande dessinée.

SUPPORTS DE LA SÉQUENCE :
1) Proust (Marcel), « Combray », Du côté de chez Swann (1913), in À la recherche du temps perdu, t. I, Paris, Gallimard, « La Pléiade », 1987, p. 3-184.
2) Proust (Marcel), « Combray », À la recherche du temps perdu. Adaptation et dessins de Stéphane Heuet, Paris, Delcourt, 1998.

PROGRESSION PÉDAGOGIQUE

 

SÉANCE N° 1 : « À la recherche de Marcel Proust »

OBJECTIF : découvrir l’œuvre de Proust à travers les jugements de ses contemporains.
SUPPORTS :
1) divers jugements critiques
2) Proust (Marcel), « Longtemps, je me suis couché de bonne heure […] il faudra rester toute la nuit à souffrir sans remède. », « Combray », À la recherche du temps perdu, t. I, Paris, Gallimard, « La Pléiade », 1987, p. 3-4.

 

Jugements et critiques (extraits)

« Cette histoire ici semble relativement simple. Mais dans le manuscrit, elle est entrecoupée d’autant d’autres incidents étrangers, brouillés d’autant d’autres enchevêtrements inconcevables que ce que l’on a vu dans la première partie. […] Pendant des heures… à propos de ce verre, ou de la bataille de Waterloo… il vous envoie chemin faisant des choses auxquelles on n’aurait jamais pensé… c’est-à-dire des choses qui, cela est très juste, ne sont pas quelconques, sont nouvelles, fines, pleines d’observation et de pénétration, mais qui vous sont envoyées pendant des heures et chemin faisant, c’est-à-dire sans que l’on voie jamais où ce chemin conduit.
[La phrase de Proust] a tout de l’embrouillement, tout l’enchevêtrement que l’on remarque déjà rien que dans la lettre jointe au manuscrit, et qui fait que la lecture n’est pas soutenable au-delà de cinq ou six pages.
Et c’est un continuel vagabondage du “dégoisement”. Swann va, une fois par hasard, “dans le monde”. Et cela dure trente pages (p. 369 à 401). Et il y a trois pages sur les larbins qui font la haie dans l’escalier et qui évoquent “les prédelles de San Zeno et les fresques des Eremitani”… Albert Dürer… l’Escalier des Géants du Palais Ducal… Benvenuto Cellini… les vigies des tours de donjon ou de cathédrale… etc., etc. Autant, ensuite sur chaque invité… Et c’est intarissable, et cela devient de la folie. »
Jacques Madeleine, rapport de lecture écrit en 1912 pour les éditions Fasquelle.