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par Marie-Anne Stiller,
[janvier 2013]
Mots clés : liaison entre les niveaux d'enseignement, compétence informationnelle

Du CDI à la BU
Le point de vue d’un IA-IPR-EVS
Le groupe de travail de l’académie d’Aix-Marseille
Expérimentations de l'académie d'Aix-Marseille
Le lycée Vauvenargues d'Aix en Provence
Le lycée Théodore Aubanel d'Avignon
Expérimentations dans d’autres académies
Conclusion
Bibliographie

Entre ruptures et continuités.
La formation à l'information préoccupe les professionnels de la documentation du second degré et de l'université depuis plus de vingt ans.
En 1997, une équipe d'enseignants, documentalistes, bibliothécaires, consultants ont élaboré un « passeport documentaire de l'école à l'université [1] » de la BCD au CDI et à la BU édité par le CRDP de Montpellier. Il montre la nécessité d'une progression des apprentissages documentaires et informationnels. La corrélation y est faite entre des compétences de base et des situations d'apprentissage tout au long de la scolarité.
La même année, un référentiel des compétences documentaires est élaboré par la FADBEN [2].
« C'est un outil de réflexion et de mise en pratique au sein de chaque compétence, des savoirs de référence (Chapron, 2006) »
En 2003, les assises nationales pour l'éducation à l'information et à la documentation [3] posent les bases d'une réflexion et proposent des pistes pour une continuité de la maternelle à l'université.
En 2006, à la suite de ces assises, une équipe de recherche, l'ERTé [4], est créée et se donne pour objectif principal de réfléchir à la rationalisation des apprentissages documentaires tout au long des cursus, de l'école à l'université. La recherche vise à long terme la construction d'un curriculum en documentation. En 2008, un colloque international organisé par l'ERTé s'est tenu à l'Université Lille 3, mobilisant chercheurs et intervenants étrangers. Il peut être considéré comme le premier colloque scientifique d'envergure, qui se soit tenu en France sur cette thématique.
En 2007, la FADBEN présente une démarche de didactisation des apprentissages documentaires dans un nouveau projet [5]. Celui-ci propose un recentrage des apprentissages documentaires sur un corpus de notions à faire acquérir aux élèves. Sept notions organisatrices sont dégagées : information- document- source- indexation- espace informationnel- recherche d'information- exploitation de l'information.
En 2010, l'inspection générale de l'éducation nationale- groupe des établissements et vie scolaire- et l'inspection générale des bibliothèques rendent un rapport commun « l'accès et la formation à la documentation du lycée à l'université : un enjeu pour la réussite des études supérieures » [6]. Ce rapport s'appuie sur des visites dans trois universités et une vingtaine de lycées, des témoignages sur des actions conjointes lycées- universités.
Des pistes de travail sont proposées tant en terme de contenus que de postures et notamment le rapprochement et la collaboration entre structures de proximité (CDI, BU, BM). On retiendra ce qui est dit dans la présentation de ce rapport « tout au long de sa scolarité, le lycéen doit pouvoir se préparer à devenir un étudiant en développant le travail personnel autonome, la capacité de recherche documentaire et la maîtrise du travail en groupe ». [7]
Des convergences d'intérêt, de préoccupations ressortent de la part de ces professionnels quant à la formation à la recherche d'information des usagers des services de documentation universitaires, des CDI.
Comment les rendre autonomes dans l'utilisation des ressources documentaires (physiques et virtuelles)
Comment contribuer à leur faire acquérir des méthodes qui leur permettent de devenir pleinement acteurs de leurs recherches d'information dans leur parcours de formation tant au lycée qu'à l'université ?
Mais pour affirmer une éducation à l'information, l'approche technique (outils, supports) ne suffit pas et doit être associée à une approche intégrant la dimension « critique de l'information ».
Une formation à la sélection, au traitement de l'information et à la compréhension des processus de traitement, de diffusion et de circulation de l'information est donc indispensable.
« La nécessité pour les étudiants d'acquérir une véritable méthodologie de la recherche et du traitement documentaire constitue un élément déterminant de leur réussite universitaire » [7]
Le professionnel de la documentation a un rôle essentiel dans l'impulsion de la formation à dispenser et on constate un fort engagement des personnels. Mais la formation ne peut se mettre en place sans les relais nécessaires dans les établissements, les structures.
Dans le second degré, la circulaire de mission des documentalistes de 1986, puis le CAPES de sciences et techniques documentaires en 1989 ont assis la mission pédagogique du professeur documentaliste. Pourtant, la documentation n'est pas reconnue de manière explicite par le système éducatif comme un domaine de savoirs.
La place des BU est bien plus clairement identifiée que celle des CDI des établissements scolaires. L'autonomie des universités leur permet d'intégrer ou non des modules de formation aux cursus. Même si les modules de formation ne sont pas mis en place de la même façon dans toutes les universités, ils sont inscrits dans les UE ce qui entraîne une reconnaissance de la formation et une collaboration réelle avec les enseignants. Les compétences spécifiques des personnels chargés de la formation sont mieux cernées. Cependant la masse d'étudiants étant énorme, la formation reste difficile à mettre en place. Des professeurs chargés de cours peuvent être sollicités ou des étudiants doctorants qui endossent le rôle de tuteurs. A une moindre échelle, on rencontre ce même problème dans les lycées avec la plupart du temps un poste de professeur documentaliste, les personnels en aide au CDI, quand il y en a, ayant rarement les compétences pour endosser un rôle de formation.
Dans le secondaire, les formés sont essentiellement les élèves. Les professeurs documentalistes envisagent assez peu de former les enseignants de discipline.
A l'université, le public formé est beaucoup plus large. On parle d'ailleurs d'usagers : jeunes étudiants, doctorants, chercheurs, enseignants- chercheurs…Ils sont formés à des niveaux différents selon le cursus et les filières, la formation étant générale durant les premières années, adaptées à la filière, aux besoins spécifiques pour les doctorants.
Dans les deux cas, de plus en plus, les professionnels doivent aussi prendre en compte les connaissances médiatiques et techniques liées à l'usage du numérique que les jeunes ont développées en dehors de l'école. Cette intégration dans les apprentissage est nécessaire afin de permettre des passerelles. [8]
L'hétérogénéité des personnes à former dans les deux cas peut amener à développer en début de cycle une évaluation diagnostiques afin de savoir ce que l'étudiant ou le lycéen sait ou croit savoir [9].
Dans les deux cas, la formation ne s'appuie pas sur un programme mais sur des rapports, des référentiels, des dispositifs.
Elle concerne essentiellement les entrants (lycée, université) et se fait principalement sur les outils entraînant plutôt le développement de compétences méthodologiques que d'habiletés cognitives.
Les TPE au lycée et les modules de méthodologie de la recherche universitaire sont tous les deux basés sur un projet de recherche exigeant la maîtrise d'un certain nombre de compétences info- documentaires. On notera à ce sujet un article de la revue Intercdi [10] d'une enquête auprès d'étudiants visant à évaluer si les TPE ont permis aux étudiants d'acquérir une méthodologie efficace de recherche et d'exploitation de l'information et donc la conclusion est qu'effectivement, les TPE ont un impact positif et participeraient à l'acquisition d'une démarche raisonnée de recherche et d'exploitation de l'information..
Le B2I au lycée et le C2I niveau 1 et 2 comportent des éléments en référence avec des compétences info- documentaires. Mais les aspects procéduraux ou techniques dominent souvent avec aussi une confusion entre ce qui relève du numérique, de l'informatique, de l'information.
A l'université, les modules sont inscrits dans l'emploi du temps des étudiants. Ce sont le plus souvent des TP dont les exercices sont en lien avec les disciplines.
Dans le secondaire, les temps d'apprentissages en information- documentation ne sont pas formalisés dans un emploi du temps. Ils sont intégrés le plus souvent dans des dispositifs tels que les TPE, l'ECJS. Les dispositifs d'accompagnement personnalisé, les enseignements d'exploration mis en place avec la réforme du lycée sont depuis peu, de nouvelles possibilités pour ancrer une formation.
Dans le supérieur, des dispositifs d'autoformation (plateformes de formations à distance, cours, exercices mis en ligne) concernant les aspects procéduraux (mode d'emploi de la BU, du CDI, du catalogue) se sont beaucoup développés. On commence à les trouver en ligne aussi à partir des sites internet de lycées.
Les modes d'évaluation sont divers également : notes ou pas, à travers les dispositifs (TPE, accompagnement personnalisé pour le secondaire), prise en compte dans la validation de l'UE pour l'université.
La notion de recherche documentaire a été remplacée par celle de maîtrise de l'information. Un renforcement de la mission de formation à l'information a été exprimé à travers le référentiel 2007 de la FADBEN [2] où l'accent est porté sur la démarche plus que sur l'utilisation des outils, des ressources. Le développement de l'esprit critique face à l'information, la capacité à traiter l'information, la sensibilisation aux droits et devoirs liés à la production d'informations fait partie des objectifs. Ces aspects sont d'autant plus importants avec le développement d'internet et de la surabondance d'informations auxquelles les élèves peuvent avoir accès. On peut voir sur les sites académiques proposant des séances pédagogiques qu'une partie des professeurs documentalistes a intégré ces savoirs informationnels, ces notions dans les contenus de formation.
En 2009, s'appuyant sur les référentiels autour de « l'Information Literacy » et constatant que la culture de l'information n'est pas suffisamment installée dans les pratiques pédagogiques, éducatives et culturelles du système éducatif français alors qu'elle apparaît pourtant dans la quasi-totalité des disciplines, la DGESCO a élaboré un document « Repères pour la mise en oeuvre du parcours de formation à la culture de l'information » (PACIFI [11]). Il comporte notamment dix fiches pédagogiques qui englobent des thèmes liés à l'information (besoins, recherche, évaluation, utilisation éthique, moteurs de recherche), et ses réponses structurées (organisation des connaissances, bases de données documentaires, sources organisées du savoir, centres de documentation et bibliothèques, médias d'actualité). Ce document conçu pour répondre aux besoins des professeurs documentalistes dilue leur rôle pédagogique dans l'articulation avec celui des collègues enseignants des diverses disciplines, brouillant parfois la spécificité des uns et des autres sur le sujet.
La formation des étudiants aux outils et ressources mis à disposition au sein de l'université a été longtemps ciblée sur les étudiants de troisième cycle ou doctorants, en lien avec leurs besoins dans le cadre de leurs recherches.
Le constat de l'échec important des étudiants en fin de premier cycle à travers la réforme Bayrou a entraîné depuis 1997 la création d'unités d'enseignement de méthodologie en DEUG, la mise en place des UE étant laissée à l'initiative des universités.
Peu après des 1998, 1999, des guides, tutoriels ont été élaborés pour accompagner cette formation des étudiants. On pourra citer Formist créé en 1999, site web créé pour regrouper un ensemble de ressources pédagogiques pour l'autoformation mais s'adressant aussi aux formateurs qui donnera le jour à la brochure REPERE- Ressources Electroniques Pour les Etudiants, la Recherche et l'Enseignement [12]. Les premiers tutoriels tels que CERISE, DILIWEB sont élaborés.
C'est le début aussi d'une évolution de la formation jusqu'alors essentiellement méthodologiques avec les premiers référentiels de compétences inspirés de « l'Information Literacy », notamment celui élaboré par l'Association of College and Research Libraries en 1999 [13].
A partir de 2000, on assiste à une généralisation des formations et à la multiplication des acteurs, des organismes. Le développement du web2.0 va entraîné peu à peu la mutualisation des ressources, notamment sur les sites de partage tels que Slideshare.
Cependant, malgré tous ces efforts, deux constat sont à faire : l'impossibilité de former tous les étudiants auquel est peut-être corrélé, l'importance considérable de fonds en sommeil [14] et donc le problème de l'adéquation des ressources proposées aux besoins des usagers.
Du lieu CDI à la bibliothèque universitaire, on assiste non seulement à une augmentation de la surface mais aussi à une complexification de son organisation.
Au CDI, un lieu unique organisé en pôles dont la vocation n'est pas exclusivement associée au domaine info- documentaire (ex pôle orientation, lecture- détente, culturel…). Le lieu par son organisation tente d'induire aussi des comportements à adopter ( travail individuel, en groupe) qu'on retrouvera aussi dans les évolutions actuelles des BU. Le lieu peut avoir un rôle important dans la socialisation des élèves.
A l'université, la BU est dès le départ, un lieu fortement spécialisé en fonction des enseignements et de la recherche développés en son sein et comportant une organisation très rigoureuse de savoirs (ouvrages en libre accès, disponibles seulement à la demande, collections réparties sur plusieurs salles…).
L'entrée des TIC dans les bibliothèques et les CDI a changé ces lieux de savoirs car le numérique permet de s'affranchit des lieux et des temps. L'accès à distance aux ressources est devenu incontournable, visant à permettre au lycéen ou à l'étudiant de retrouver de façon virtuelle l'environnement documentaire du CDI ou de la BU.
Au lycée, les ENT sont loin d'être généralisés et les espaces documentaires virtuels restent modestes. Le portail Esidoc [15] développé par le CRDP de Poitou Charentes et la plateforme de ressources éditoriales en ligne Correlyce [16] développé par la Région PACA sont des réalisations intéressantes de ce point de vue.
A l'université, la navigation dans l'espace documentaire virtuel, reflet d'une structuration élaborée par des professionnels de bibliothèque reste complexe pour l'étudiant entrant.
Chaque structure a ses propres outils bibliothéconomiques.
Dans le secondaire, le catalogue s'appuie sur deux logiciels (BCDI développé par le CRDP de Poitiers auquel est intégré le thésaurus Motbis et PMB issu du libre auquel est intégré l'annuaire de l'UNESCO). Les notices bibliographiques sont réalisées par les professeurs documentalistes dans chaque établissement ce qui entraîne un travail lourd et redondant. Des possibilités de récupération de notices existent à partir de bases de mutualisation ou sous forme d'abonnement. Mais le risque d'hétérogénéité des contenus des notices d'un établissement à l'autre est réel.
A l'université et quelque soit l'université, les usagers ont accès au catalogue SUDOC [17]. C'est le catalogue collectif français réalisé par les bibliothèques et centres de documentation de l'enseignement supérieur et de la recherche. Il comprend plus de 10 millions de notices bibliographiques qui décrivent tous les types de documents (livres, thèses, revues, ressources électroniques, documents audiovisuels, microformes, cartes, partitions, manuscrits et livres anciens...). Il décrit également les collections de revues et journaux d'environ 2000 établissements documentaires hors enseignement supérieur (bibliothèques municipales, centres de documentation. Les contraintes pour les bibliothèques universitaires sont fort différentes des CDI. Les bibliothèques universitaires doivent rendre accessibles au plus grand nombre et dans les meilleures conditions les fonds documentaires de plusieurs millions d'exemplaires Le prêt inter pôles universitaires et entre universités est quotidien. Les stratégies sont différentes aussi quant à la constitution des catalogues : les catalogues de la BU ne comportent pas de résumé, pas toujours de référence des articles de périodiques, ni de sites web qui sont traités séparément. L'accès au catalogue, à des bases de données, revues électroniques, thèses, etc. se fait à partir de portails qui intègrent l'ensemble de ces ressources. Si l'accès au catalogue en ligne est public, pour le reste, il passe une identification nécessaire de l'usager. L'indexation se fait à partir de RAMEAU (Répertoire d'autorité-matière encyclopédique et alphabétique unifié). La classification des ressources documentaires utilisée dans la plupart des universités est la CDU (classification décimale universelle) alors qu'en lycée, la plus répandue est la classification DEWEY. Toutes ces différences auxquelles s'ajoute la complexité d'accès aux différentes bases de données sont des freins importants pour une continuité du lycée vers l'université.
[18] C'est le résultat de plusieurs années de recherche universitaire en Sciences de l'Information, expérimenté auprès des usagers de l'Université Paris 8 et de l'Université d'Artois puis mis en place lors de l'année scolaire et universitaire 2009-2010 dans l'académie de Lille. Adapté à huit lycées dans le cadre d'une expérimentation de continuité lycée- université sur les questions documentaires, c'est un essai de réponse vis-à-vis de cette complexité [voir plus loin].

[1] Un passeport documentaire de l'école à l'université- de la BCD au CDI et à la BU. CRDP Languedoc-Roussillon, 1997.
[2] Fédération des Enseignants Documentalistes de l'Education Nationale : http://www.fadben.asso.fr/
[3] Assises nationales pour l'education à l'information et à la documentation : clés pour la réussite, de la maternelle à l'université (11-12 mars 2003) http://giry.enc.sorbonne.fr/anciensite/Assises/Ass-synthAtSco.htm
[4] Equipe de Recherche en Technologie éducative, ERTé http://ertecolloque.wordpress.com/lerte/
[5] Les savoirs scolaires en information documentation http://www.fadben.asso.fr/Les-savoirs-scolaires-en.html
[6] Rapport conjoint IGB-IGEN mars 2009 : http://media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/2009/47/1/Former_a_la_documentation_9_mars_version_definitive_133471.pdf
[7] Pappy 2005
[8] Karine Aillerie. Pratiques juvéniles d'information : de l'incertitude la à la sérendipité. ADBS, 2012, vol.49 n°1, p.62-68.
[9] Un rapport d'enquête sur les méthodes de recherche documentaire des étudiants de l'université de Bourgogne http://www.enssib.fr/bibliotheque-numerique/document-48093
[10] Candalot dit Casaurang Christelle. Les TPE leurs apports dans la recherche documentaire des étudiants à l'université Intercdi janvier février 20005, n° 193, p. 16-21.
[11] Repères pour la mise en œuvre d'un parcours de formation à la culture de l'information. Ministère de l'éducation nationale, 2010. http://media.eduscol.education.fr/file/Pacifi/85/4/Reperes_Pacifi_157854.pdf
[13] Association of College and Research Libraries http://www.acrl.org/ala/mgrps/divs/acrl/about/membership/index.cfm
[14] Papy Fabrice, Leblond Corinne.Continuité documentaire du lycée à l'université : résultats d'une expérimentation originale de formation à l'information entre documentalistes de lycées, bibliothécaires en université et chercheurs en sciences de l'information, 2011. http://fr.slideshare.net/COSSI_UMCS/colloque-cossi-2011-fpapycleblond#btnNext
[15] Esidoc : portail info documentaire en ligne développé par le CRDP de Poitou Charentes : www.e-sidoc.fr/
[16] Correlyce : Catalogue de ressources éditoriales en ligne pour les lycées de la Région PACA : http://www.correlyce.fr/actus/
[17] SUDOC : Système Universitaire de Documentation : http://www.abes.fr/Sudoc/Sudoc-public
[18] Visual Catalog http://visualcatalog.univ-artois.fr/vc2/