Vous êtes ici :
par Les enseignants du lycée professionnel Desaix de Saint-Eloy-les-Mines (63),
[2009]
Mots clés : lycée professionnel , Europe

La documentation en lycée professionnel : quelles spécificités ? Table ronde du 3 décembre 2009 au lycée de Bellevue à Fort-de-France
- Ouverture de la table ronde
- Intervention de Louis Richer
- Le Professeur documentaliste et le Projet
- Le travail de collaboration avec le documentaliste s’est fait tout naturellement...
- Travailler les compétences informationnelles en lycée professionnel
- Des projets modestes et réalisables
- Synthèse des débats
La place du CDI dans le projet d'établissement d'un lycée professionnel
Des initiatives pédagogiques
- Techniques de recherche d'emploi
- Rédaction d'un CV, d'une lettre de motivation
- Méthodologie de l'entretien d'embauche
- Vive la lecture
- Classe européenne en lycée professionnel
- PPCP sur la réalisation d'une station météorologique
- Carnet de voyage : Saint-Eloy-les-Mines
Textes officiels : documentation et lycée professionnel
Professeurs impliqués en 2008/2009 et 2009/2010 :
Mme TAWIL, professeur de Lettres-anglais
Melle DAUCHER, professeur documentaliste
Melle KADDOUR, professeur de Lettres-histoire
Mme CHAMARRE, professeur de Lettres-Anglais
Mr DIEF, professeur de Maintenance
Mr MARTINET, professeur de Maintenance
Mme BERGER, professeur de Maroquinerie
Elèves concernés : 10 élèves volontaires sur 24 de 2nde BAC PRO Maroquinerie
Champs d’intervention : Cours sur la base d’une approche professionnelle et cours de culture des pays anglophones. (2 heures par semaine)
La dimension européenne semble une nécessité dans ce lycée qui travaille à la fois en partenariat avec des entreprises locales et internationales. Les méthodes de fabrication étudiées dans différents pays présentent le double aspect d’un rapprochement entre ce qui est comparable dans le process et ce qui diffère pour des raisons sociales ou culturelles liées au pays où on se rend.
Après avoir démarré ce projet avec une classe industrielle et avoir initié un voyage d’étude dans une même entreprise mais à l’étranger en raison des excellents partenariats avec ces entreprises, l’évolution de la carte des formations fait ressentir le besoin de transférer cette classe vers une classe de Maroquinerie.
En effet, la dimension européenne sera conservée dans la classe industrielle au moyen des échanges et développée dans la nouvelle classe arrivante en 2009.
L’objectif étant d’étendre cette « conscience européenne » à un maximum de classes, répondant en cela à l’objectif 3 du projet d’établissement.
Le projet évolue pour la 2ème fois. Initialisé avec des professeurs de construction mécanique et de maintenance, le projet avait basculé sur la seule équipe de maintenance qui avait subi des changements de personnels. En 2008, il était apparu la possibilité de développer un échange avec un établissement allemand. Le projet n’a pas connu un développement positif. L’équipe de maintenance a donc fait connaitre son souhait de se retirer du projet et de confier la « montée pédagogique » à l’équipe de construction mécanique (mêmes classes) qui est initialement impliquée. En outre, le secteur de la Mode (Maroquinerie et Génie industriel textile et cuir) a fait connaître son intérêt pour ce projet. Comme les classes initialement concernées sont impliquées dans un voyage professionnel au Pays de Galles, il est possible de maintenir le projet pour cette promotion et pouvoir envisager la possibilité de stages à l’étranger. Ce sera la nouvelle classe de BAC PRO Maroquinerie qui développera la suite de la classe européenne avec la notion du « Luxe Français » à l’international.
A chaque occasion favorable et notamment lors de « La semaine de l’Europe » en contextualisant de manière européenne un certain nombre d’actions notamment en lien avec le CDI...
Donner une réalité à cette dimension européenne et faire de l’élève Français, un élève Européen.
Développer les relations avec des établissements étrangers au moyen des dispositifs des Projets européens, qu’ils soient publics (Agence Socrates, OFAJ, …) ou privés (Fondation Robert Bosch, Secrétariat Franco-allemand, …).
Entretenir ces moyens par les technologies modernes de la communication (Internet, classe virtuelle, chat, blog, …).
Partenaires : Professeur documentaliste, Professeurs de Lettres-Anglais, d’enseignement professionnel.
Professeurs des autres établissements européens.
Organismes européens promouvant les échanges.
Délégation académique aux relations internationales du Rectorat.
Faire communiquer des élèves de nationalités différentes, a minima par les NTIC et si possible en organisant des échanges.
Les élèves ont réalisé une lettre de motivation et passé un entretien pour intégrer la classe européenne.
Cours professionnels sur les machines et les composants utilisés dans l’Industrie.
Recherches documentaires régulières au CDI.
L’approche est d’autant plus difficile à trouver qu’elle implique un enseignement transdisciplinaire entre la maroquinerie et l’anglais. Elle oblige à une concertation régulière.
Les élèves appréhendent l’anglais sous une nouvelle dimension.
Les éléments facilitateurs du projet sont la dimension internationale des entreprises avec lesquelles nous travaillons et la forte volonté et motivation des enseignants.
Les difficultés que nous avons rencontrées lors de la réalisation de ce projet sont liées aux différences de point de vue des enseignants (même volonté, approches divergentes) ainsi que l’éloignement des grandes agglomérations avec leurs infrastructures socioculturelles et, par conséquent, le coût de tout déplacement qui pourrait apporter un sens immédiat à cette expérimentation.
Une difficulté majeure est constituée par l’approche de cet enseignement.
Le Proviseur plaide pour un anglais « de communication » libéré des exigences académiques.
La juste mesure entre académisme et anglais « de communication » est difficile à trouver.
Approche différente de la discipline « anglais » (un anglais vecteur de communication et non discipline abstraite qu’il faut apprendre).
Remotivations de certains élèves faibles pour l’anglais
Intérêt renouvelé pour la dimension internationale quand ils se rendent compte que les process sont les mêmes dans l’Industrie quel que soit le pays.
Des moyennes en anglais (mais pas seulement) en hausse pour ces élèves volontaires.
Une pratique culturelle ouvre l’établissement vers l’extérieur, tout particulièrement vers les institutions, les associations… Elle est souvent facilitée et impulsée par le professeur documentaliste même si l’engagement des autres membres est nécessaire.
Grâce aux pratiques culturelles et artistiques les adolescents s’approprient le monde, construisent leur identité et donnent un sens à leur existence. La culture est donc vivante, dynamique et rend capable de rêver, de se projeter dans un avenir que l’on peut construire et de penser le monde que l’on souhaite pour demain.
Malgré la démocratisation scolaire et les politiques culturelles, le rapport des élèves à la culture reste déterminé par la situation socio professionnelle et son niveau scolaire.
L’élève en lycée professionnel a souvent un rapport distant avec la culture. Celle-ci lui semble caractériser un monde qui ne peut lui être accessible, ce qui se traduit par un retrait et un rejet.
Le documentaliste va essayer de réconcilier à la fois l’élève à la culture et l’élève à lui-même par le biais d’une approche pluridisciplinaire dont le but est de réduire l’écart entre ces représentations négatives et l’activité culturelle. La culture est effectivement essentielle car elle fait l’homme. Dans le monde de l’entreprise, il est demandé d’être capable de s’adapter, d’avoir une vision d’ensemble de l’entreprise, de prendre de la distance pour être efficace etc… et tout cela sera possible grâce à la culture. Le documentaliste peut proposer des sorties, des rencontres, des ateliers dans le cadre de partenariats culturels qui auront pour objectif d’impliquer l’élève dans la création et la communication pour le responsabiliser et le valoriser. Il est le relais qui va faire connaître et faciliter la mise en œuvre des actions culturelles.
L’affirmation de la présence des arts et de la culture dans l’établissement passe par :
En lycée professionnel, le terme culture recouvre également la culture professionnelle, c'est-à-dire le métier, la culture du métier, la connaissance du métier, l’amour du métier et la maitrise du métier.
La culture professionnelle c’est aussi et avant tout les capacités à s’adapter dans un métier qui évoluera contrairement à la culture qui est davantage figée.
Les lycéens professionnels ont encore plus besoin d’intégrer la culture au travers d’expérience et de projet où ils sont acteurs dans l’apprentissage de leurs savoirs.
Les buts recherchés sont : l’acquisition de l’autonomie, le développement de l’esprit critique, la stimulation de la motivation ainsi que la valorisation de l’interdisciplinarité.
Les projets pédagogiques et culturels nécessitent un travail en interdisciplinarité afin de décontextualiser les enseignements et d’offrir une vision moins réductrice des savoirs. Ce croisement des regards est bénéfique autant pour les élèves que pour les enseignants, ces derniers mettant alors en œuvre des pratiques pédagogiques différentes de celles qui ont lieu dans le cadre de la pédagogie classique. Le travail d’équipe des enseignants permet à l’élève de prendre conscience qu’il est au centre du système, que les adultes sont unis pour sa réussite et que les disciplines sont complémentaires. Il favorise le sentiment d’appartenance à un établissement.
Dans toutes ces situations, la pédagogie du projet est mise à l’honneur car chacune vise à la réalisation d’une production concrète.
La participation aux multiples concours qui jalonnent l’année scolaire permet non seulement de motiver les élèves sur des projets différents mais aussi de les récompenser et de valoriser ainsi leur implication individuelle ou collective : concours de la résistance, défi-lecture, concours de nouvelles etc…
Finalement l’élaboration de projets culturels, même s’il est initié par le documentaliste, doit être un travail en interdisciplinarité. Il ne suffit pas de rendre l’élève acteur pour réussir. L’encadrement et l’accompagnement complémentaires des enseignants de discipline et de l’enseignant-documentaliste sont un impératif pédagogique.
En tout cas notre positionnement de documentaliste, notre temps de présence, la facilité des échanges permettent un face à face individualisé plus libre et facilitent une attitude plus spontanée de l’élève. Ce dernier quitte son habit de scolaire passif pour endosser celui d’acteur responsable.
Un bon projet est un projet réalisable et rien n’est plus improductif qu’un projet démesuré abandonné faute de temps, de moyens et de continuité.
Pour arriver à cette réalisation, des recherches documentaires doivent être menées pour se documenter sur le sujet. Il faut donc former les élèves à l’acquisition de compétences informationnelles. Et c’est là le rôle du documentaliste.
Il faut aussi relier le projet culturel avec un thème d’étude afin que les élèves prennent conscience de la cohérence et des liens qui existent entre une discipline scolaire et des activités culturelles.
L’enseignant documentaliste joue un rôle important dans l’ouverture de l’élève au monde. Appréhender le monde, découvrir des horizons méconnus, des cultures différentes, sont aussi des moyens de permettre à l’élève de construire sa propre image, son système de valeurs et ses représentations.