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L'aide apportée aux élèves dans la phase d'exploitation-restitution de l'information

Par CRDP Champagne Ardenne,
[26 janvier 2012]

Mots clés : aide à l'élève, culture de l'information

M. Blondel
M. Blondel

Entretien avec Didier Blondel, IPR-EVS à l'académie de Reims de 2008 à juin 2012, mené par Annie Janicot du CRDP de Champagne Ardenne pour Savoirs CDI.

Jusqu'où, pour vous, va la recherche documentaire ? On parle souvent de recherche de documents, mais après, on en fait quoi ?

Didier Blondel : J'ai l'habitude de structurer la recherche documentaire autour de trois verbes d'action qui sont : rechercher, trier, exploiter. Rechercher l'information, rechercher le document, quels que soient la méthode, le chemin. Le deuxième verbe d'action, c'est trier, donc là, on est plutôt sur la source, la crédibilité, la vérification, la mise en comparaison. Et le troisième verbe d'action, c'est exploiter, qui dans le milieu scolaire, se traduit par un devoir, par un exposé, par une exposition, bref par une production d'élèves.

Notre réflexion porte donc sur le volet « exploiter ». Le constat des enseignants et des professeurs documentalistes est qu'il y a, lors d'une demande de « production », la remise de tirages sur imprimante de pages issues d'Internet qui n'ont pas été retravaillées. Ou les élèves « stabilotent » presque intégralement un document. En termes de restitution, nous avons souhaité viser l'appropriation par les élèves donc la reformulation avec leurs propres mots.

Didier Blondel : La première réaction, c'est comment retranscrire, s'approprier l'information en la coloriant avec son propre vocabulaire. En évitant le plagiat, finalement. Le risque, c'est de faire de la paraphrase ou de réécrire des choses différemment et de dénaturer le sens initial. C'est un premier risque. Le deuxième risque serait de déformer l'information pour, plus que se l'approprier, se la personnaliser, peut-être. Il y a une deuxième étape importante, me semble-t-il, qui pourrait être de l'ordre de l'argumentaire, du débat, du point de vue, etc.

Les élèves eux-mêmes ont déjà dit « mais pourquoi reformuler quelque chose qui est très bien dit ? » Sauf que lorsqu'ils donnent des tirages sans avoir sélectionné l'information, on ne peut vraiment pas être d'accord, ils n'ont pas repéré l'information essentielle. Ce qui nous semble important dans cette notion d'appropriation, c'est que si je m'approprie l'information, j'en mémorise une partie, je la comprends, je l'intègre.

Didier Blondel : C'est probablement l'un des enjeux de toute façon qui permettrait de s'assurer, j'allais dire de contrôler, peut-être au sens de l'évaluation, de s'assurer de la compréhension d'une information par celui qui l'exploite. L'argument qui consiste à dire aussi « c'est déjà bien écrit, je ne vois pas pourquoi je le réécrirais différemment » n'exclut pas non plus de bien avoir compris le sens de l'information qu'on traite. Reste à savoir si le souci n'est pas finalement de critiquer une logique productiviste, c'est-à-dire, il faut faire quelque chose et on plaque à ce moment-là des réponses toutes faites. Ce qui convient de poser comme question, c'est peut-être alors le niveau de compréhension de l'information travaillée. Est-ce que c'est pour s'assurer de la compréhension que l'on demande une reformulation ou est-ce que c'est réellement pour apporter un plus à l'élève ?

Lorsque nous faisons nous, enseignants, des citations, ou lorsqu'un élève conscient de ce qu'il fait, fait des citations, nous les intégrons dans une réflexion plus générale.

Didier Blondel : J'ai parlé tout à l'heure de personnaliser la réponse, je reste sur ce terme-là, c'est-à-dire comment m'approprier une donnée et en faire qu'elle soit unique puisque je l'aurai retravaillée de cette façon-là, unique au sens d'un individu ou d'un groupe d'individus sur le même problème.
La notion d'exploitation, c'est de l'affichage au sens noble du terme dans mon esprit. Si je prends l'exemple d'un Powerpoint, l'affichage sera peut-être des reprises standard, mais ce qui va faire la différence, cela va être l'exposé oral qui va accompagner l'image, donc on est là plutôt dans une autre dimension, on n'est pas dans le copié-collé puisque le propos, lui, n'existait pas. Alors là, je pense que c'est un autre niveau de la problématique et la question initiale peut-être faut-il la raccrocher à l'évaluation de la compréhension du travail fourni, je parle bien du travail fourni, c'est-à-dire produit.

Quels que soient les cas de figures, que les élèves fassent des recherches sur un métier ou sur la production de l'énergie en France, à chaque fois, on demande bien que les élèves aient compris de quoi il retournait dans un article ou sur un site, et il leur faut faire une sélection et une restitution qui soit crédible, fiable, on est bien dans l'évaluation.

Didier Blondel : on est bien dans l'évaluation mais je pense qu'il y a une autre donnée dans cette évaluation, là on était sur le sens, je pense aussi qu'on pourrait imaginer l'évaluation du travail en équipe finalement et qui repose peut-être plus sur un concept de complémentarité des équipiers que sur un concept d'égalité. On est là confronté à un autre versant de la question initiale. L'exploitation, on a vu qu'elle pouvait prendre plusieurs formes, y compris vers la personnalisation, vers une approche collective à travers une équipe, c'était mon premier sens, le 2e sens que vous avez suscité par votre jeu de question, c'est l'évaluation de la compréhension du sujet, de la contribution de chacun à l'œuvre collective qui est aussi différente et qui pose un certain nombre de problème, puisque si on est sur un registre de complémentarité, cela peut signifier que tout le monde n'ait pas la même compréhension des éléments constitutifs et si je reprends votre exemple de l'éolienne, on peut très bien avoir des données mécaniques, des données économiques et des données géographiques ou climatologiques et chacun pourra peut-être avoir une spécialisation ou une approche un peu plus pointue que l'autre mais l'ensemble donnant quelque chose qui a toute la cohérence et la qualité attendue.

Pour revenir à ces pratiques de copiés-collés qu'on n'évitera pas mais qu'il faut pratiquer dans un cadre légal, limité (utiliser la ponctuation, citer la source, cela semble évident aussi)...

Didier Blondel : Cela semble évident, mais il y a là un niveau de connaissance technique peut-être, la ponctuation en est un, la bibliographie, les notes de bas de page, l'annotation, j'en oublie certainement, il y a peut-être là un degré de connaissance technique qui permet de structurer le travail. [1]

Ce qui nous intéresse, c'est d'aider l'élève à organiser son extraction.

Didier Blondel : il y a peut-être une certaine hiérarchisation des apprentissages en la matière. Finalement, un élève à qui on donne un thème de travail et qui renvoie la source qu'il a trouvée comme étant la réponse à la question posée, c'est peut-être la première étape d'une démarche d'apprentissage de l'esprit critique. Si l'on voit les références en matière d'écrit par exemple, si on prend le problème d'une étude de cas, une étude de cas comporte trois temps, un temps de description, un temps d'analyse, un temps de prospective. Si on prend un mémoire, il a un temps de description, un temps d'analyse, un temps d'enquête et un temps de prospective. La thèse reprend un certain nombre de descriptifs, d'analyse, d'enquête peut-être, mais il y a l'émission d'une hypothèse et à partir de l'hypothèse, il y a donc la prospective.

On pourrait donc orienter les élèves vers des schémas structurants pour l'exploitation.

Didier Blondel : Et je pense que ces schémas correspondraient au niveau des élèves en fonction de leur niveau d'apprentissage. Il faudrait vérifier les schémas cités, bien sûr, mais l'idée est celle-là.

On serait peut-être alors dans l'idée, que ce soit pour les professeurs documentalistes ou dans leur collaboration avec les professeurs de disciplines, d'inciter au moment de la distribution des tâches, au moment de l'annonce de la demande de production, de donner non seulement la thématique de l'exposé, mais un cadre. Lors d'une demande de production écrite, est-ce qu'on laisse la liberté ou est-ce que, comme dans l'article du Nouvel éducateur, on limite la production à 3 pages, par exemple ?

Didier Blondel : on peut tout à fait imaginer que cela devienne une consigne de travail, mais la consigne de travail, elle nous renvoie finalement à des techniques d'écriture, un plan en 2 ou 3 parties, des plans avec deux paragraphes, cela serait sur l'aspect structure de l'écrit, maintenant sur l'aspect quantitatif, on demandera peut-être plutôt qu'un nombre de pages, un nombre de caractères... [2]

On rejoindrait là un côté journalistique ou éditorial.

Didier Blondel : on pourrait tirer de l'expérience journalistique que vous citez le principe de s'approprier une donnée et de la restituer. Et là, je ne pensais pas aller aussi loin, peut-être que cela peut faire partie du travail d'approche par l'enseignant, en amont, de préciser les consignes de réalisation de ce qu'on a appelé l'exploitation.

Oui, parce qu'on serait peut-être dans la logique de l'élève de dire, il faut que j'apporte une réponse, quelle que soit la réponse.

Didier Blondel : je crois qu'il y a des stades dans l'apprentissage, des stades méthodologiques, mais aussi des stades de connaissances et de références aux connaissances qui iront bien sûr, croissants.

La question qui se pose est à quel moment les élèves ont-ils été aidés dans leur cursus école-collège-lycée à cette exploitation des informations ? Et par qui ? Est-ce que c'est par les enseignants, les professeurs documentalistes ?

Didier Blondel : Dans le concert éducatif actuel, l'aide peut être de plusieurs sources. Toutes les personnes peuvent vous donner des repères qui vont impacter votre exploitation, que ce soit sur le fond ou sur la forme, peut-être par le jeu des couleurs, le jeu des caractères qui vont rendre un support plus vivant, plus attractif et permettre des restitutions différentes d'un individu à l'autre.
Pour le moment, les notions d'initiation à la recherche documentaire sont claires, on encourage la recherche documentaire à partir d'un thème de travail, on la cible tout de suite sur un thème de travail et c'est par la succession des thèmes de travail que les compétences se construisent.

Mais vous êtes pourtant bien d'accord qu'on entend que les élèves font des copiés-collés, quel que soit le niveau à moins que vous ne l'entendiez pas ?

Didier Blondel : Si, si je l'entends et j'essaie de répondre en me disant, peut-être qu'on pourrait prendre les choses à l'envers en se disant… et pourquoi pas ?

On en est là avec l'équipe, on en est à dire, puisqu'on le fait aussi, qu'il faut être honnête avec les jeunes ; et on a trouvé l'article de Nicole Boubée sur les documents de collecte [3]. Lorsque les élèves font une recherche sur Internet, est-ce qu'ils ont en même temps une page de traitement de texte ouverte et un professeur documentaliste disait « non, moi, je ne le veux pas, parce que cela incite au copié-collé ». Nicole Boubée identifie bien ce document intermédiaire, cette page ouverte, comme un document de collecte. Après, il faut re-travailler cette information.

Didier Blondel : donc, là, on retrouve les trois verbes est dans rechercher, trier, exploiter l'information.

Cet outil-là, le document de collecte, on l'a découvert en cherchant sur ce sujet. Certains se sont rendu compte qu'ils pourraient poser des interdits aux élèves qui seraient mal venus (ne pas ouvrir une page de collecte).

Didier Blondel : en fait vous m'interrogez sur l'enjeu de ce copié-collé ? Quel est l'enjeu de ce copié-collé ? Est-ce que c'est le copié-collé lui-même ou la compréhension du contenu de ce copié-collé ? Est-ce que c'est le geste qui consiste à sortir un élément d'un contexte pour le remettre dans un autre ? Ou est-ce que c'est la compréhension du contenu ?
Le contexte, c'est là où j'ai recherché, l'environnement de ma recherche, le tri ce serait mon prélèvement, et l'exploitation, ce serait la réinjection de mon prélèvement dans un contexte différent. Pas forcément de nature très différente mais qui pourrait s'apparenter à quelque chose de différent.

J'étais en train de noter "clarifier la représentation de ce que l'élève a de ce qu'il doit faire". Effectivement je crois qu'il y a une collusion entre la vivacité du geste copier-coller qui va vite à donner une réponse, qui lui semble être une réponse, alors que l'objectif qu'il doit se donner, la représentation de l'objet qu'il doit rendre devrait l'inciter à dire "je dois créer une réponse que je vais communiquer qui intégrera des références, des citations, des extraits, mais ce que je dois fournir, c'est ma propre production », on parlait de personnalisation tout à l'heure, donc c'est bien la représentation qui est en jeu.

Didier Blondel : Oui, mais il y a quelque chose à ne pas perdre de vue, c'est que l'élève répond à une commande d'un enseignant pour avoir une note, pour produire et répondre à la demande et donc il se dit peut-être que si un tel ou une telle a écrit cette chose-là et qu'il le ressert à son enseignant, il ne voit pas pourquoi l'enseignant ne pourrait pas être d'accord. Je reviens sur la notion d'étape et de graduation de la démarche dans les apprentissages, c'est peut-être la formation de l'esprit critique aussi, la capacité de l'individu finalement à réfléchir et s'approprier pour redonner sens à ce qu'il a entrepris au-delà de la force peut-être de ce qu'il a manipulé, même.

Comment motiver les élèves ? Je disais aux professeurs documentalistes qui étaient là « expliquez à vos élèves que vous faites avec eux, un entraînement, c'est-à-dire qu'apprendre à écrire, apprendre à se concentrer pour écrire, ce n'est pas donné d'emblée, c'est un entraînement »

Didier Blondel : bien sûr.

Donc parlez-leur de sport, ce que vous aurez fait vous "resservira" ; "resservira" ce n'est pas suffisant comme argument, l'argument de l'entraînement me semble important.

Didier Blondel : Alors là, on bascule me semble-t-il dans un autre registre de la capacité d'un individu à être instruit voire éduqué, c'est tout simplement sa motivation. Alors la motivation passe par des phénomènes divers et variés, bien que certains soient identifiés et puissent servir de leviers, on est là directement dans le registre de la motivation : qu'est-ce qui pousse un individu à apprendre ? Il est clair que la consigne si l'on revient un peu en arrière, la consigne, les exigences de l'enseignant en amont seront des éléments forts, mais ce ne sont pas que ces éléments-là qui vont permettre à l'élève de s'approprier un texte, un propos, une image, une réflexion, je pense que ça passe aussi par d'autres schémas, cognitifs, affectifs, connus quand même.

Est-ce que vous pensez que les outils contemporains peuvent aider les jeunes ? (Xmind, les diaporamas, etc.)

Didier Blondel : a priori oui, on est sur la mise en concordance des temps, l'enseignement participe de l'époque à laquelle il est dispensé, je ne voudrais pas opposer l'herbier d'autrefois avec les magnifiques planches que l'on peut avoir maintenant avec des définitions de pixels très élevées, il s'agit toujours d'aller vers la botanique. Les outils changent mais ce ne sont que des outils. La modernité fait que les choses sont plus attractives, en tous les cas plus en phase...

Certains s'interrogent sur le rôle pédagogique des professeurs documentalistes, vous confirmez qu'ils ont bien un rôle pédagogique à tenir ?

Didier Blondel : Le métier, dans sa terminologie, parle de professeur documentaliste. La primauté du terme professeur renvoie probablement volontairement à une dimension pédagogique sur ses fonctions. Bien sûr je pense que le documentaliste a une vocation pédagogique également à travers déjà l'approche que je qualifierais de technico-méthodologique, ce sera pour illustrer le verbe rechercher de tout à l'heure finalement, là il y a tout de même des techniques de recherche d'information (les moteurs de recherche entre autres, les classifications), il y a tout de même des savoirs identifiés qui méritent d'être transmis, on est aussi pédagogique dans la manière de guider le développement de l'esprit critique, c'est le tri de l'information, la vérification de ses sources, sa mise en comparaison, pour faire court, et on est bien sûr aussi pédagogique dans la manière dont on va l'exploiter et au-delà de tout ça, la supra-pédagogie ou la méta-pédagogie, je ne sais pas comment vous l'appelez, ou la pédagogie toute simple d'ailleurs, il faut se dire qu'à partir du moment où on est en relation avec un apprenant, on doit user d'une certaine pédagogie pour faire passer les contenus, les messages que l'on souhaite transmettre. Oui, donc pour moi il n'y a aucun doute. J'ajoute que le socle commun de connaissances et de compétences permet tout à fait au professeur documentaliste de trouver sa place dans d'une part le développement des connaissances et des compétences, d'autre part, dans les processus d'évaluation des compétences et de validation. On peut le retrouver à tous les stades.

Autonomie et initiative..., le pilier 7

Didier Blondel : Là aussi on est dans l'évolution du métier d'enseignant, c'est ce qu'on appelle la transversalité [4], aucun enseignant actuellement n'a un monopole... Si on prend une fiche de lecture, par exemple, avec un documentaliste, il va faire de la maîtrise de la langue, pour mettre en page, on est dans la maîtrise de l'outil informatique, etc.

Comment professeurs et professeurs documentalistes travaillent ensemble ? Qui va voir l'autre ? On ne peut pas imaginer qu'il n'y ait pas de projets croisés dans tous les établissements.

Didier Blondel : On peut dire sans grand risque qu'il y a un certain nombre de projets croisés dans tous les établissements. Il y a un hit-parade des collaborations disciplinaires avec la doc, on trouve les lettres pour des raisons qui sont assez bien identifiées, après on va trouver l'histoire-géographie, après on va trouver pêle-mêle les SVT, les arts plastiques, l'EPS aussi de temps en temps, les langues vivantes. Il y a des réponses, plus ou moins élaborées, mais il y a des réponses dans tous les établissements. Le problème peut-être c'est qu'on est dans un mode de relations inter-personnelles plutôt affectif que professionnel. Probablement que le sel de la vie c'est quand même les relations affectives des individus entre eux et c'est sans aucun doute le point de départ, maintenant pour aller vers une relation professionnelle, cela exige des individus de dépasser justement ces affects que ce soit une attirance pour une discipline ou un thème partagé et commun, une passion partagée et commune, pour aller vers des besoins d'élèves et croiser les expertises, là c'est l'évolution souhaitée. Là le documentaliste croise son expertise toutes disciplines confondues.
Je demande à ce que les documentalistes soient ou inclues dans les projets ou forces de projet, on rencontre les deux postures.

Est-ce qu'on pourrait imaginer qu'un documentaliste aille trouver un professeur et lui demande de préciser la contrainte formelle.

Didier Blondel : Les choses ne devraient pas être comme vous venez de le dire, cela sous-entend qu'elles n'auraient pas été préparées en amont et que donc, nous ne serions pas sur un projet commun mais sur un projet décalé, l'un se sert de l'autre ; je pense qu'il vaut mieux encourager un travail d'équipe qui sous-entend une temporalité commune, notamment avec les phases classiques de toute préparation pédagogique qui sont des phases de préparation, de mise en œuvre et de régulation.

Oui, vous avez raison de réintégrer l'amont.

Didier Blondel : Et je dirais jusqu'à l'aval. Prenons le cas de l'évaluation. En ce moment, je demande aux collègues « comment participez-vous à l'évaluation, comment est-ce que ça se traduit ? » Alors c'est une contribution qui existe souvent, c'est une forme de respect finalement de la contribution du professeur documentaliste au projet, mais elle est fondue dans un autre champ disciplinaire et finalement, elle n'apparaît plus à l'arrivée, elle n'est pas lisible. Alors je les encourage pour une question de définition d'identité professionnelle à être lisible jusqu'au bout. Il ne s'agit pas de territoire ou de prédominance d'une discipline sur une autre, il s'agit de la lisibilité de la contribution des uns ou des autres à la réussite des élèves.
Dans mes préconisations d'inspection, je vais jusqu'à suggérer qu'on puisse avoir une ligne sur un bulletin scolaire « culture informationnelle », « recherche documentaire », par exemple ; là il y a encore peut-être à débattre, donc on pourrait imaginer mettre une information, ce qui veut dire participer au conseil de classe pour apporter un éclairage particulier et même je vais jusqu'à dire pourquoi est-ce qu'un professeur documentaliste ne pourrait pas être professeur principal ?

Et cela aurait sans doute une incidence sur les élèves ? Qui pour certains considéraient qu'aller au CDI ne faisait pas partie de l'apprentissage.

Didier Blondel : En tous les cas dans les évolutions dont on est porteur actuellement, du CDI au Centres de Connaissances et de Culture (Learning Training Centre), il est clair qu'on passe de la notion d'élève à la notion d'usager, cette transition-là donne d'autres ouvertures potentielles.

Notes de bas de page

[1]  Dussurgey,Dora. Le plagiat à l'école [en ligne]. In Savoisrcdi, juin 2012. Consulté le 10 juin 2012.Opens external link in new window http://www.cndp.fr/savoirscdi/?id=2207

[2] Que faire du copié-collé ? . Nouvel éducateur, 2011, n° 20410

[3] Une expérience pédagogique : Du copié/collé au document de collecte [en ligne. Docs.free.fr mise à jour 28 mars 2012. Consulté le10 juin2012. C,]Opens external link in new windowhttp://docsdocs.free.fr/spip.php?breve652

Boubée, Nicole. Le rôle des copiés-collés dans l’activité de recherche d’information des élèves du secondaire [en ligne]. Archivesic.ccds,décembre 2008. Opens external link in new windowhttp://archivesic.ccsd.cnrs.fr/docs/00/34/41/61/PDF/NBoubee-Erte-CopieColle.pdf

[4] Voir la présentation de contenus de manuels découverts par un professeur documentaliste au fil de l’année.

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