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Par Maryse Labroille, IEN-ET académie de Bordeaux,
[octobre 2009]
Mots clés : ENAF ,
Sans doute est-ce parce que l’académie de Bordeaux présente une double particularité : une immigration récente et diversifiée et une dispersion des foyers d’implantation, que les établissements ont été amenés à accueillir de plus en plus fréquemment des élèves étrangers dans les classes ordinaires.
Ce contexte régional, dans lequel ne figurent dans le second degré que 5 CLA et un DIPA, a nécessité une réflexion spécifique qui articule à la fois l’accueil, la prise en charge, les dispositifs mobilisables susceptibles de prendre en charge les élèves et en même temps l’accompagnement des équipes et des établissements pour dégager une cohérence pédagogique et institutionnelle. Deux risques guettent en effet les équipes enseignantes : une forme de refoulement du problème ou une externalisation de la prise en charge dans des organismes divers : MGI, associations, politique de la ville. D’un côté le « bain » linguistique auquel est soumis le jeune non francophone risque de se transformer en noyade scolaire, de l’autre l’équipe se dédouane, par manque de formation et d’information, de ce qui se fait dans un ailleurs, pas toujours identifiable.
C’est pourquoi dans toutes les actions et les dispositifs qu’a suivis l’Inspection pédagogique, c’est bien sur cette articulation entre les temps et les lieux que l’accent est mis : articulation entre les séquences de FLS et les heures de cours, aussi bien en termes d’apprentissages que d’évaluation, articulation entre le dispositif et la vie scolaire, nécessité de réunir les équipes et de bâtir des outils et des ressources communes.
Dans cette perspective et notamment en lycée professionnel, il n’est donc pas étonnant de voir les documentalistes au centre des systèmes les plus performants. Leurs places, y compris géographique, en font souvent un pivot qui leur permet d’emprunter plusieurs rôles. Quand ils ne prennent pas directement les élèves en charge en FLS (cf témoignage de Mme Hachouf), ils les accompagnent dans leurs contacts avec la langue française écrite ( livres, presses, documentaires), ils servent d’intermédiaires avec les enseignants et avec la vie scolaire. Ils savent utiliser le CDI comme centre ressources spécifiques en FLE/FLS, sur cette part obscure d’un enseignement qui reste étrangement absent des pratiques scolaires. Leur présence dans le jury du DELF, qui permet de certifier les jeunes étrangers en langue française, témoigne en outre de leur volonté de s’insérer plus profondément dans un réseau structuré.
Maryse Labroille IEN/ET/EG Lettres
Missions maîtrise de la langue et prévention de l’illettrisme.