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par Danielle Cadusseau,
documentaliste au Lycée René-Josué-Valin de La Rochelle (17)
[2003]
Mots clés : aménagement d'un centre documentaire , lycée
Pour une construction effective durant l'été 1997, la première fois que les documentalistes ont été interpellés pour réfléchir à leur nouveau CDI remonte à l’année scolaire 1994-1995.
La première difficulté fut de se projeter concrètement dans l’avenir : on a tendance à rester enfermé dans un type de fonctionnement que l’on connaît, les desiderata se bornant aux améliorations de ce type de fonctionnement-là qui en fait, est plus le résultat d’un " passif " (locaux, manque de matériel récent, habitudes...) que d’une politique de CDI vraiment choisie et réfléchie.
Pour renouveler la réflexion sur la place et l’utilisation du CDI, l’opportunité a été saisie d’inclure un projet CDI dans le projet d’établissement, dans le volet Nouvelles Technologies. En fait, nous n'avons pas attendu le nouveau CDI pour entamer réflexions (et actions) dans la perspective de ce nouveau CDI.
Une année avant la reconstruction, nous avons déposé un projet dans le cadre du plan Etat-Région pour de l'équipement informatique. Nous n’avons obtenu que la moitié de ce que nous avions demandé (soit 2 ordinateurs supplémentaires + un serveur + le logiciel Novell) mais cela nous a permis de nous familiariser progressivement avec un fonctionnement informatique plus moderne avant l'installation finale.
Le fait de disposer du plan de l'architecte longtemps à l'avance (plus de 2 ans) nous a guidé dans notre réflexion sur les fonctions du nouveau CDI.
Face à tous les "possibles" qui s'offraient à nous concernant l'utilisation des petites salles autour de l'espace central notamment, nous avons affirmé comme fil conducteur la notion d'autonomie : quoi qu'on fasse dans ces salles, c'est le travail de petits groupes d'élèves, pas forcément accompagnés d'un enseignant qui a été privilégié ; car nous avons très vite senti (lors des réunions de concertation avec les professeurs notamment) que l'utilisation de ces salles pourraient nous échapper non pas seulement physiquement, mais surtout pédagogiquement. Or les espaces de travail différents et complémentaires du cours sont suffisamment rares dans un établissement scolaire, pour qu'il convienne de préserver la chance qu'ils donnent aux élèves. L'absence de portes fermant, qui nous a semblé un handicap au départ, se révèle en fait une bonne chose : il est impossible d'y faire un cours magistral !
La seule salle qui ferme à clef a failli être réquisitionnée pour entreposer du matériel vidéo et il a fallu résister (simplement en disant que les élèves y auraient toujours le libre accès) pour qu'elle reste ce que nous avions prévu. Nous avions demandé une porte pour que les élèves puissent s'enregistrer en langues vivantes sans déranger ni être dérangés.
La réflexion s’est très vite orientée sur la mise en place d’un réseau informatique dans l’établissement, la mise en réseau des ressources du CDI servant de " prototype " en quelque sorte à ce qui serait une mise en commun des ressources documentaires et pédagogiques de l’établissement.
Le plan nous a été montré lors d’une réunion avec le chef d’établissement et l’architecte en mai 1995 (soit 2 ans avant le début des travaux). On nous a demandé de formuler nos remarques, ce que nous avons fait dans un document ci-joint. Toutes les demandes de modifications concernant le plan figurant dans ce document ont été acceptées et réalisées.
Le gros œuvre, l'équipement
Pour l'aspect "conseil", nous avons la chance encore à ce jour d'avoir des gens compétents et disponibles pour apporter leur aide à l'élaboration du cahier des charges pour tout ce qui est informatique (MATN, CDDP) et bien sûr, il est impératif de faire appel à eux et leur soumettre ce que l'on écrit.
Pour le suivi de la réalisation, c'est beaucoup plus compliqué.
La première difficulté pour des néophytes, c'est de comprendre que la construction d'un bâtiment n'a pas concrètement de coordonnateur responsable de l'ensemble mais de multiples interlocuteurs :
De même, le plan du CDI (comme celui de la salle informatique) a été fourni au responsable de l'entreprise de câblage avec les petits dessins d'ordinateurs à la place exacte qu'ils occupent réellement aujourd'hui. Malgré cela il n'ont pas prévu le nombre de prises RJ 45 ad hoc et il a fallu (avec surcoût) installer ensuite des doubleurs... De même, malgré notre document de 1995, il a été "oublié" la prise téléphonique près de la banque de prêt ! (on se sent psychologiquement plus à l'aise en tant que documentaliste quand on a pris soin de tout écrire...). On a pu ainsi faire déplacer sans surcoût une prise informatique mal placée selon notre dessin.
Ce point n'est pas forcément plus facile à résoudre que celui de l'informatique, parce que nous manquons de conseil dans le domaine. Nous avons sollicité deux entreprises dès mai 1996 (soit 1 an et demi avant l'emménagement ) : BRM et Borgeaud.
Notre Proviseur nous a invité lorsque la personne responsable de notre dossier à la Région est venue informer le lycée de ses choix, en juillet 1997. Notre proviseur nous a demandé de l'aider à "éplucher" tous les documents pour voir si ce qui était repris dans le document de la Région correspondait bien à notre demande. C'est un travail ardu car les "lots" faits par la Région aux différentes entreprises retenues mélangent les affectations aux différentes disciplines. Durant cette courte heure qui nous a été impartie, nous avons surtout vérifié la proposition concernant le mobilier de bibliothèque. Le devis de BRM arrivait en premier pour une somme de 3000F inférieure au devis Borgeaud. Mais le nombre de places élèves étant légèrement inférieur avec la configuration de mobilier BRM, nous avons eu gain de cause pour le mobilier de bibliothèque.
Par contre, nous n'avons pas eu le temps de vérifier le mobilier des petites salles : les fournisseurs retenus n'étant pas ceux qui nous avaient servi à faire nos propositions, il est dans ce cas très difficile de faire les comparaisons car les dimensions de tables ne correspondaient pas... Nous avons de ce fait un nombre de places dans les petites salles un peu inférieur à ce qui aurait été possible (mais nous accueillons 148 élèves pour un effectif de 1300 élèves, nous sommes dans les 10% !).
Autre autocritique : nous avons sous estimé le nombre de chaises devant les ordinateurs ce qui pousse les élèves à déplacer les chaises de la salle. Il faut prévoir au moins deux chaises par poste.
Pour les rayonnages, nous avons vu un peu "grand" en mètres linéaires. Par contre, nous avons dû recommander 100 porte-étiquettes.
Nous avions prévu des cédéroms, que nous n'avons pas eus ; par contre, nous avons eu le matériel informatique que nous avions demandé, le logiciel Microsoft-Office pour 3 postes, le matériel audiovisuel tel que nous l'avions demandé.
Il faut dire que si nous avons beaucoup obtenu, nous avions un grand retard d'équipement, ce que la personne responsable de notre dossier à la Région était venu constater de visu durant l'hiver 1996/97. Des rayonnages datant de plus de 20 ans, aucun mobilier de bibliothèque : de vieilles tables de salle de classe accueillant les ordinateurs comme les élèves. Quant aux documentalistes, ils disposaient d'un vieux bureau et aussi de tables de classe... Aucun matériel audiovisuel en état de marche. Cela a dû beaucoup compter dans la priorité donné à l'équipement du CDI dans la reconstruction du lycée.
Les petites salles dédiées sont investies dans le sens que nous espérions, mais plus avec la présence des professeurs qu’en autonomie réelle. La disposition des lieux leur permet lors d’une même séance, de multiplier les activités (recherche documentaire / travail sur document –support papier /informatique/ audio / vidéo-) notamment en langues vivantes et en sciences économiques. Cela s’articule bien avec le travail autonome des autres élèves en CDI ; l’insonorisation est bonne (moquette difficile à entretenir mais indispensable contre le bruit) et la disposition des lieux se prête bien à la multiplicité des activités.