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Messieurs Obrecht et Genovesio du Conseil régional Poitou-Charentes

Par Sylvie Moussaoui,
Documentaliste SCÉRÉN-CNDP [2007]

Mots clés : aménagement d'un centre documentaire , lycée , lycée professionnel

Bonjour, vous êtes responsables pour la région Poitou-Charentes des constructions scolaires. Vous vous occupez donc entre autres des CDI. A quel moment et pourquoi intervenez-vous ?

M. Genovesio
Nous sommes parfois sollicités parce que la taille du CDI existant ne correspond plus à ce que l’on attend aujourd’hui en fonction du nombre d’élèves ou selon le souhait des équipes, que ce soient les enseignants ou les documentalistes.
C’est le cas dans un établissement où nous intervenons aujourd’hui. Un CDI a pu correspondre aux besoins à un moment donné, mais avec l’informatisation, avec ce que l’on attend en terme de fonctionnement d’un CDI, la présence plus fréquente des élèves avec l’enseignant, bref tout cela fait que le CDI est aujourd’hui trop étroit.

M. Obrecht
Cette inadaptation est due au changement de l’environnement pédagogique mais aussi à la présence des bases informatiques numérisées.
Nous intervenons évidemment lors de la construction d’un nouvel établissement comme c’est le cas pour le Lycée Kyoto.
Dans le cas de la fusion d’un lycée et d’un lycée professionnel également. Là, notre intervention peut avoir un aspect facilitateur lorsqu’on en est au stade du programme. Le nouveau CDI est issu du rassemblement de deux anciens CDI. C’est alors que pour faire travailler ensemble deux documentalistes (s’il en reste deux) nous pouvons jouer le rôle du médiateur. On peut même imposer l’idée de la nécessité de travailler ensemble.

M. Genovesio
En effet, une tentation, dans cette configuration, est de conserver une certaine séparation et de doubler non pas forcément les surfaces mais les espaces.

Quelle est votre première phase d’analyse ?

M. Genovesio
Vérifier si les surfaces sont conformes.

M. Obrecht
Adapter aux besoins du moment les différentes catégories d’espace qui sont à trouver dans un CDI, faire en sorte qu’ils cohabitent bien.

M. Genovesio 
Notre analyse prend en considération la présence de l’informatique, bien sûr, mais aussi le fait que les besoins de surveillance sont devenus un peu secondaires aujourd’hui.

M. Obrecht 
Je n’ai pas rencontré récemment de documentalistes ayant l’obsession de la surveillance.

M. Genovesio 
Non, cela fait partie des travers de chaque profession. Les deux écueils auxquels nous sommes confrontés, de façon marginale : soit nous rencontrons des documentalistes pour lesquels les élèves sont un peu superflus, soit ce sont des documentalistes qui veulent faire de leur CDI une vitrine.

M. Obrecht 
Nous nous retrouvons alors avec des exigences proches de celle d’une petite médiathèque.

M. Genovesio 
Ce sont les deux aspects négatifs extrêmes, sinon il est clair pour chacun que le CDI est un espace de travail, que l’informatique y est présente et que les élèves y vont pour autre chose que la simple consultation du dictionnaire standard.

Vous avez donc des nombres de mètres carrés par élève ? Quel est pour vous le ratio standard ?

M. Obrecht 
C’est à dire que lorsque nous intervenons dans de l’existant, il est parfois difficile de rentrer dans un standard. Mais autrement c’est entre 1 et 2 mètres carrés par élève présent dans l’établissement avec un ratio plus faible dans l’enseignement professionnel, traditionnellement, ce que l’on est amené à corriger souvent.

M. Genovesio  
Mais ce ratio n’est pas discriminatoire, c’est plus en relation avec les pratiques réelles.

M. Obrecht 
Après, cela peut aussi être le serpent qui se mord la queue ! Ce que l’on évite de faire. C’est à dire que par le biais de ratio que nous appliquerions de façon trop systématique nous pourrions générer des espaces mal adaptés donc une affluence réduite. Alors en termes de besoins, lors d’une intervention ultérieure, nous serions amenés à réduire les ratios alors que c'est un mauvais ratio qui a limité l'usage.

M. Genovesio  
De toutes les façons c’est une base de discussion. Nous nous référons à des ratios pour ne pas être totalement à coté des surfaces que l’on peut mettre en œuvre dans tel ou tel type d’établissement en fonction des effectifs élèves. Sachant que nous nous laissons une certaine marge de manœuvre pour mieux prendre en compte l’existant. Par exemple s'il est possible d'adjoindre un espace adjacent qui ne servira jamais à autre chose nous n’hésitons pas, même si on dépasse les ratios habituels : nous n'allons pas bloquer 40m2 qui ne serviront à rien si on peut les utiliser intelligemment.

Pour la rédaction d’un cahier des charges, avez-vous une phase de concertation préalable ?

M. Genovesio  
Totalement

M. Obrecht 
C’est totalement en fonction de ce que l’équipe pédagogique veut faire dans le CDI.
Le CDI c’est un des rares espaces spécialisés dans un établissement, où l’occupant, le documentaliste, anime l’espace en permanence. Donc si on le parachute dans un espace qu’il n’aura pas spécialement défini (ce qui reste cependant le cas quand il change d’affectation), si on ne l’associe pas alors qu’il va rester sur ce poste, il est à peu près certain que le CDI ne sera pas animé autant que si le documentaliste était venu travailler à la conception.

M. Genovesio  
Généralement nous partons du besoin du documentaliste. A ce moment il se met en avant réellement parce qu’il sait ce qu’il veut faire de son espace. C’est lui qui connaît les documents qu’il souhaite mettre à la disposition des élèves, les espaces de travail, les espaces informatiques, les circulations, l'emplacement de son bureau pour qu’il ait une vue sur l’ensemble de ses locaux…

M. Obrecht 
Il y a en fait des cahiers des charges successifs :

  1. Le cahier des charges pour le programme qui concerne les surfaces, les locaux ;
  2. Le cahier des charges pour les équipements.

M. Genovesio  
Les deux doivent plus ou moins être instruits en même temps. On réfléchit à ce dont on va avoir besoin en termes de mobilier pour vérifier ce que cela va demander en termes de locaux.

M. Obrecht 
Comme nous avons des bases de travail, nous pouvons facilement les communiquer aux établissements, aux documentalistes, aux gestionnaires, aux représentants d’élèves ou à qui que ce soit. Et nous discutons à partir de cette base de travail avec eux.

M. Genovesio  
Il y aussi les dimensions esthétiques qui sont quand même très importantes. On le voit bien sur le dossier du Lycée Marguerite de Valois à Angoulême.
Nous sommes sur un site relativement élevé avec une très belle vue, c’est un très beau CDI. Ce qui entre tout de suite en ligne de compte c’est l’utilisation de la lumière, la disposition et puis du "plus" que l’on peut mettre dans un local qui n’est pas tout à fait comme les autres.
L’ouverture du CDI sur le reste de l'établissement, son positionnement dans l’établissement est important, nous n'avons pas toujours le choix mais lorsque c'est envisageable, il y a des demandes : que le CDI soit proche évidemment de l’externat, éventuellement des ateliers… Il existe ainsi un certain nombre de pôles. C’est un des domaines où il y a discussion avec l’établissement : il s’agit encore une fois de déterminer le bon périmètre pour la négociation.

M. Genovesio  
La seule chose est qu’il faut à un moment savoir terminer. Il faut finir par trouver un terrain d’entente entre les souhaits d’un établissement et puis nos propres capacités à réaliser, sur ce que nous pensons être suffisant ou en tous cas nécessaire et ne devant pas être exagéré pour telle ou telle fonctionnalité du CDI. Il y a un moment où il faut trouver le bon compromis qui permette à la fois de respecter les contraintes régionales et les souhaits de l’établissement.
Le processus pourrait se poursuivre très longtemps si à chaque rencontre on repartait des conclusions précédentes pour tenter d’aller plus loin.

M. Obrecht 
Et puis il ne faut pas perdre de vue une certaine homogénéité de traitement entre les différents établissements. Pourquoi faire plus pour l’un que pour l’autre ? Parce qu’il y aurait eu une équipe qui aurait eu plus d’idées, qui aurait été plus participative, elle pourrait avoir un produit plus élaboré, plus beau que celui du voisin ?
Alors notre rôle est aussi de recadrer l'ensemble pour tirer les uns vers le haut et calmer un peu ceux qui ont des prétentions un peu exagérées.

Disposez-vous de documents techniques ou normatifs qui pourraient vous guider dans vos exigences ?

M. Obrecht 
On n’appelle pas cela une norme parce que cela n’en est pas une, ce sont des références. C’est une base de références qui nous sert de premier produit à partir duquel nous pouvons débattre avec nos utilisateurs. En disant : « voilà : les ratios communs moyens qu’on rencontre, qu’on utilise, c’est ça ». Cela nous permet d’avoir une certaine égalité de traitement entre les différents lycées, je dis bien "une certaine" égalité. Et puis en termes de maîtrise budgétaire cela nous permet de savoir où nous allons.
Ce n’est pas une norme d’une part, parce que ce n’est pas visé par l’AFNOR. D'autre part, la norme aurait un caractère obligatoire : si nous ne la respections pas, nous serions attaquables.

M. Genovesio  
Nous travaillons sur ce qu’on appelle des Ouvre ce lien externe dans une nouvelle fenêtrefiches d’espaces. Ce sont des fiches qui définissent comment doit être conçue une salle, un CDI… ce sont des définitions de qualités acoustiques, de qualité de lumière… Donc nous avons des fiches type et nous partons de ces bases-là. Nous les expliquons à nos interlocuteurs qui ne savent pas forcément les décrypter. Et ensuite nous les modifions, nous les amendons pour les améliorer. S’adapter à un interlocuteur c’est s’améliorer. C’est notre fonctionnement premier.

M. Obrecht 
Nous avons donc nos guides de surface et nos fiches d’espace qui sont des bases de discussion, à coté de cela nous avons un guide de recommandations environnementales et techniques orientées bâtiment mais sur le qualitatif : qualité thermique, qualité acoustique, qualité lumière, nature des revêtements de sol. Ces fiches concernent en fait l’ensemble du bâtiment scolaire, elles ne sont pas spécialement dédiées au CDI.
Et par rapport aux autres régions nous devons tous plus ou moins être dans les mêmes périmètres puisque nous nous déplaçons d’un poste à l’autre avec nos référentiels.
En revanche, le Conseil régional de Poitou-Charentes est un peu plus à la pointe que les autres c’est en matière d'accessibilité des personnes en situation de handicap, et sur les matériaux.

M. Genovesio  
Nous avons effectivement des contraintes et des exigences qui sont dérivées simplement des choix régionaux, en particulier en ce qui concerne la qualité environnementale, l’utilisation du matériau bois chaque fois que c’est possible, avec une vigilance quant à l’origine des matériaux. Nous vérifions la qualité des traitements des bois en particulier pour les qualités acoustiques et thermiques. Ensuite nous avons des contraintes qui relèvent plus de la sécurité, par exemple la résistance au feu qui s’applique de la même façon à l’ensemble des bâtiments (revêtements, dalles…).

Peut-il se produire qu’une équipe pédagogique vienne avec un dossier déjà extrêmement instruit avec par exemple des choix en termes de mises en espace ? (espace unique ou fragmenté, choix de localisation…)

M. Genovesio  
Cela arrive surtout quand ces équipes ont fait appel à une entreprise pour se donner des idées, qu’elles sont allées voir d’autres CDI. Leurs idées se concrétisent alors par quelque chose de très précis. C’est un type de fonctionnement avec une précision de détail… on franchit alors un pas que nous ne pouvons pas tout à fait suivre.

M. Obrecht 
Ce qui est un peu dommage dans ce genre de cas de figure c’est que nous n’arrivons pas à réouvrir les discussions vers autre chose. Notamment lorsque nous travaillons avec des architectes qui font de la conception d’ensemble qui travaillent sur un projet global. Si tout est figé, l’architecte est moins à l’aise pour apporter un éclairage différent, des idées différentes. Il y a une phase du dialogue qui peut disparaître et c’est un peu dommage.

Cela peut-il aller jusqu’à une restructuration globale des espaces ?

M. Genovesio  
Oui cela peut arriver parce que les équipes connaissent bien leurs locaux et nous leur laissons une certaine marge de manœuvre. Mais, nous, ayant d’autres idées, nous pouvons aussi ne pas être d’accord parce que cela va avoir des implications qu’ils n’ont pas forcément envisagées ou des implications financières trop importantes. Nous allons alors recevoir des propositions sur lesquelles nous allons apporter un bémol mais de façon générale, le plus souvent, le projet reste à finaliser. Il faudra ensuite replacer les espaces que l’on aura grignotés. C’est parfois sur l’ampleur des réaménagements que nous nous posons des questions. Car souvent lorsqu’on commence à mettre le doigt dans ce genre de restructuration, cela peut amener très, très loin...

M. Genovesio  
Cependant si on reste dans le cas où le projet ne touche que le mobilier, le dossier demeure encore relativement simple.

Assez souvent il y a des entreprises de fourniture de mobilier avec lesquelles les équipes pédagogiques prennent contact. Ces entreprise se rendent disponibles pour les établissements, viennent faire des propositions, des plans, des propositions d’aménagement gratuitement, tout en sachant qu'ensuite il y aura un appel d’offre. Le problème c’est que souvent, les équipes ont tendance à se positionner d’emblée sur la gamme, sur ce prestataire-là parce qu’il est venu faire les plans et puis sur un niveau de gamme, sur une couleur, sur quelque chose qui leur a tapé dans l’œil, sur tel type de mobilier, sur une idée de matériaux… Il est difficile d’expliquer ensuite que l’appel d’offre donnera ce qu’il donnera.
Il est évident que nous nous déterminons sur un type de mobilier, surtout sur un mobilier donné car on aura besoin d’un certain nombre de mètres linéaires, d’un certain nombre de portoirs, d’armoires, de tables… Ensuite, les couleurs et le projet esthétique sont pour nous un élément pour lequel nous avons une maîtrise moins totale.

M. Obrecht 
Dans un appel d’offre on ne peut citer ni référence ni marque.

Ce ne peut pas être un critère disant : « tablette gris métallisé » ?

M. Genovesio  
Lors d'une procédure d'appel d’offre, nous ne pouvons pas utiliser ce genre d’argument là comme argument pertinent permettant de distinguer, de faire une différence, entre deux propositions.

M. Obrecht
Si ce type d’argument trop précis est employé, cela revient à orienter le cahier des charges, or c’est illicite. Comme tous les fournisseurs connaissent les gammes de leurs concurrents, ils peuvent les reconnaître et nous accuser, à juste titre, de favoritisme.

M. Genovesio
Il faut que les critères puissent être justifiés. Nous pouvons justifier le fait d’avoir choisi un constructeur particulier, parce qu’il proposait un type de mobilier, avec des dimensions ou des couleurs précises lorsqu’il s’agit de réassortir par exemple avec des mobiliers existants. Mais dans les autres cas, le fait que ce soit d’une couleur ou d’une autre n'est pas un élément permettant d’expliciter ou de justifier un choix parce qu’en terme de fonctionnalités il n’y aura pas de différence.

M. Obrecht
Ce qui peut échapper à cette exigence de neutralité, c’est la partie de mobilier qui est confiée aux architectes qui font l’enveloppe. Nous avons alors des cahiers des charges précis qui mettent en concurrence des entreprises de menuiserie ou d’agencement qui peuvent fabriquer spécialement selon des critères très précis et très définis. La concurrence reste ouverte puisque nous nous adressons alors à des professionnels qui ont tous l’habitude de ce genre de prestation.
Il existe donc deux démarches : soit de trouver le fournisseur qui propose la gamme la plus complète pour ensuite pouvoir s’adapter aux demandes des utilisateurs, en discutant avec eux ensuite des couleurs, des matières… (mais on a choisi le produit selon des caractéristiques techniques), soit de faire appel à des menuisiers à qui ont peut transmettre les demandes précises des utilisateurs sans créer de problème au niveau de la mise en concurrence.

M. Genovesio
Dans certain cas, c'est cette partie, que l'on peut considérer comme un audit (l’intervention d’un spécialiste qui ne sera peut-être pas retenu mais qui va faire une proposition) qui va permettre de dimensionner le besoin ne serait-ce qu’en nombre de tables, de chaises, de mètres linéaires, de portoirs etc. Cet "audit" va permettre de définir avec les équipes un type d’aménagement, d’organisation avec les circulations. Sinon on va discuter pendant des heures des couleurs, des gammes et on aura du mal à dimensionner et à identifier la somme d’argent nécessaire.

Donnez-vous des critères pour le nombre d’espaces ? Pour la superficie totale ? Pour les superficies fragmentées ?

M. Genovesio
On cherche aujourd’hui un espace aménagé avec des espaces annexes qui soient néanmoins visibles du centre du CDI que ce soit des salles de travail, des salles de consultation d’internet. Cela nécessite bien évidemment parfois de reprendre l’ensemble de l’espace mais parfois tout simplement de l’aménagement.
Par contre pour les relations entre l’espace principal CDI classique et les salles de travail, on suit les demandes des équipes pédagogiques et des documentalistes.
On va vers une multiplication des espaces, des petits espaces de travail organisés autour de l’espace principal. Tous ces espaces sont bien entendu informatisés et équipés.
Ensuite tout est possible, est-ce qu’on organise un rapprochement entre le CDI et la maison des lycéens ? Est ce qu’on joint au CDI un bureau pour l’assistante sociale ? Est-ce qu’on se rapproche de la salle des professeurs ?
Mais là encore nous travaillons au cas par cas et sur des pratiques existantes au moment où se pose la question de la restructuration.

L’organisation relative des espaces les uns par rapports aux autres est-elle un élément de votre réflexion ou bien est-ce laissé à l’appréciation de l’architecte ?

M. Genovesio
De façon générale la question du positionnement du CDI lors d’une restructuration se pose toujours parce que globalement, il faut qu’il ait une position centrale par rapport à la vie de l’établissement. Alors c’est toujours discuté à l’avance, on ne laisse pas cela à l’architecte.

M. Obrecht 
Lors d’un concours d’architecte on donne des consignes très précises (en particulier pour la proximité du CDI avec l’entrée par exemple). Il peut se produire que l'ensemble des architectes répondant au concours livrent des plans qui ne respectent pas ces consignes parce que cela ne les arrange pas dans leur projet global.
S’il y en n’a aucune, parmi les trois ou quatre propositions, qui respecte totalement le cahier des charges, dans la réponse à l’appel d’offre on pourra noter que l’architecte retenu devra se conformer au programme (cahier des charges). Mais comme cela remet alors l’ensemble architectural en question, ce sera rarement suivi d'effet.
Nous pouvons ainsi nous retrouver piégés, en quelques sortes, par des concours d’architecture dans lequel le projet retenu est relativement figé. En effet, même si aucun des projets ne respecte totalement le cahier des charges, nous n'allons pas pouvoir déclarer l’appel d’offre infructueux car c’est une procédure très coûteuse à mettre en œuvre.
C’est le cas pour le CDI du lycée Kyoto à Poitiers, le programme avait été rédigé dans le sens d’une proximité du CDI/CdR [1] avec l’entrée. Or dans le projet retenu le CDI/CdR est à l’opposé de l'entrée, il faut traverser l’atrium pour y accéder. En revanche il domine une grande plaine, il propose une vue dégagée qui est plus propice au travail que s'il y était positionné côté rue, avec les bus qui passent.

M. Genovesio
Il y a une contrainte que l’on essaye d’imposer en règle générale, c’est le CDI à l’étage. Quand on peut, on ne le met pas au rez-de-chaussée. C’est une demande générale des documentalistes. Ne serait-ce pour qu’on évite de faire passer les livres par les fenêtres. Le CDI n’est pas un hall de gare c’est un lieu qui doit être un peu préservé du bruit, du brouhaha, des gros flux de circulation…
Je viens de visiter un CDI situé au rez-de-chaussée, c’est très vitré, c’est très clair mais quand des élèves sont dans la cour, ceux qui sont à l’intérieur sont distraits. Alors que quand on est à l’étage avec une échappée visuelle qui est plus propice au travail…
Ce ne doit pas être un lieu inaccessible mais pour y aller il y a une démarche à faire. Et quand l’élève y est, il est dans un espace plus protégé, différent. Ce n’est pas un lieu de consumérisme. Ce n’est d’ailleurs pas un sujet qui pose débat longtemps lors des concertations avec les équipes enseignantes.

[1] CDI/CdR : le lycée Kyoto est un lycée professionnel. Le CDI est considéré comme une partie d'un espace plus large en termes de missions : le Centre de ressources. Ce terme est emprunté aux établissements de l'enseignement agricole.

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