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Gilles Eloy, principal

Par Christelle Fillonneau, CRDP de Poitiers,
[mai 2011]

Mots clés : politique documentaire , communication , logiciel documentaire

Monsieur Gilles Eloy est principal du collège Guy de Maupassant à Limoges

Quelle a été votre réaction lorsque Catherine Rigout vous a présenté le portail CDI de votre établissement ?

Une réaction de contentement, puisque ça me paraît évident que la documentaliste avec le CDI soit à la pointe de l’information puisqu’elle est avant tout là pour la transmettre ; elle doit s’ouvrir aussi vers nos élèves, vers nos familles qui peuvent, grâce au « portail », avoir accès aux ressources en dehors du CDI.

Comment avez-vous organisé ou pensez-vous organiser la communication sur ce service au sein et à l’extérieur de l’établissement  et notamment aux parents d’élèves ? dans quelles instances avez-vous ou pensez-vous le présenter ?

Pour l’instant, je n’ai pas organisé cette communication. L’important est de s’appuyer sur Catherine Rigout, la professeure documentaliste, pour voir comment faire passer cette information. Elle a organisé une présentation du portail en direction des membres du personnel mais très peu de personnes ont pu y participer. Plusieurs raisons peuvent expliquer ce fait : il y a tellement de réunions, c’était pendant la pause méridienne, peut-être que cela n’intéressait personne, peut-être que les personnes n’ont pas vu l’information. On peut s’interroger sur la communication ; c’est là un des points faibles de notre société actuelle. On a énormément de moyens mais en réalité, on sait qu’il faut multiplier les informations pour qu’on arrive à percevoir réellement le message.

Pour l’information à destination des parents, il y a différentes manières de la transmettre : on peut envoyer un message papier par le carnet de correspondance, on peut informer les associations de parents d’élèves. On peut également lors de la journée « portes ouvertes » en juin -avec l’accueil des futurs CM2- saisir l’opportunité de montrer aux élèves et à leurs parents, qui vont aussi les accompagner, que ce portail existe.

Au conseil d’administration, vous comptez le présenter ? Tout simplement peut-être du point de vue des démarches administratives vis-à-vis de la CNIL et notamment le fait d’avoir l’acte réglementaire qui doit être présenté.

Je rajouterai que cela ne fera jamais qu’un des multiples points du prochain conseil d’administration. Le « portail » n’a pas été présenté non plus en conseil pédagogique. Mais c’est un document très récent, en fin de compte.

En quoi ce portail peut servir votre projet d’établissement ou des activités de votre établissement comme des projets avec des écoles par exemple, l’aide au travail personnel de l’élève ou au projet d’orientation ?

Tout sert le projet d’établissement. C’est un outil supplémentaire pour  décliner le projet d’établissement et pour le « socle commun de connaissances et de compétences ». Il y a ce qui est écrit dans le projet d’établissement puis ensuite la réalité du projet qu’il faut  faire vivre. Nous sommes à peine à la première année de ce projet d’établissement ; nous avons encore trois ans pour tout mettre en œuvre. De plus en plus, on ne demande plus à l’enseignant d’enseigner. On lui demande beaucoup plus de compétences c’est-à-dire que l’enseignant fait aussi de l’éducation : quelques fois c’est plus difficile parce qu’il faut faire passer un savoir et des valeurs comme l’éducation à la citoyenneté, l’éducation à la santé, la sécurité routière… Le « portail »  est un outil riche et porteur de sens.
Je pense que « le portail » est intéressant pour la liaison CM2-sixième car peu de relations existent véritablement entre les écoles du secteur et le collège. Pour quelle raison ? Peut-être que ce n’est pas dans la culture, alors qu’en réalité nous sommes très proches de l’école élémentaire, notamment dans les contenus. L’on sait que le contenu des programmes de fin de cycle 3 et de sixième est quasiment identique ; c’est aussi le cas  pour le CDI et la BCD ; ce sont quasiment des cousins germains. Donc, ce sont deux mondes qui sont très proches pédagogiquement, mais deux mondes qui sont très loin par leurs pratiques sur le terrain.
Le collège va organiser une « première » le 14 juin ; nous allons avoir une liaison à travers l’EPS, mais nous nous éloignons du « portail ». Cette liaison permet aux élèves de CM2 de découvrir un univers qui leur fait peur et fait peur peut-être plus aux parents. Je sais que Catherine Rigout avait fait une enquête sur le nombre de familles qui avaient accès à Internet. C’est un nombre conséquent. Il faudrait savoir si cet accès est privilégié et si c’est utilisé. Il faudra savoir aussi comment sont utilisées les différentes ressources accessibles depuis cet outil.

Pensez-vous que ce portail peut concourir à l’attractivité de votre établissement ?

Pour les personnes extérieures à l’établissement et qui veulent inscrire leur enfant, même si le choix est assez limité pour le niveau collège, le site Internet de l’établissement peut être le premier contact. Voir un site qui n’est pas mis à jour est pénalisant car cela peut montrer l’absence   de dynamisme de communication. C’est très visible notamment à l’étranger car le site Internet est le premier accès des parents qui bougent beaucoup, soit parce qu’ils travaillent dans les entreprises, soit parce qu’ils sont diplomates. Les personnes visitent le site et peuvent cliquer sur la rubrique CDI parce que dans certains établissements -et pas forcément à l’étranger- (je pense à des établissements ruraux quand j’étais documentaliste), on peut prêter les documents aux personnes qui habitent le village. Le CDI est une ouverture sur le monde. C’est vrai qu’il faut penser le portail, comme son nom l’indique bien comme une porte d’entrée du CDI où,  pourquoi pas, des parents mais aussi la famille viennent emprunter des documents ou les consulter.  Dans ce collège, cela ne se pratique pas mais on peut très bien l’envisager surtout dans des réseaux où très peu d’offres liées à la lecture existent. Il faut néanmoins que les ouvrages ne soient pas trop anciens, qu’il y ait une politique de désherbage conséquente.
Pour l’attractivité, par exemple, nous changeons de temps en temps la photo de la page d’accueil du site Internet du collège. Généralement sont choisies les réalisations des élèves de la Segpa, dans le cadre de l’atelier « Environnement et espaces verts » afin de mettre en valeur ce qu’ils font. Le collège a ses défauts et ses qualités mais ce qui est intéressant ce sont ces espaces verts ici qui n’existent pas forcément ailleurs et qui sont entretenus à la fois par un jardinier -un professionnel des jardins- puis par nos élèves de Segpa. C’est une forme d’attractivité ; quant au portail, c’est  un plus.

Pour les personnels enseignants, pensez-vous que ce portail peut favoriser le travail en interdisciplinarité ?

Le travail en interdisciplinarité fonctionne souvent selon les affinités : cela ne se décrète pas. Oui, il y a des projets mais est-ce que ce site va favoriser le travail en commun ? Catherine Rigout, la documentaliste, a un savoir-faire pour attirer les enseignants vers elle grâce à ses projets. Elle a une personnalité, des compétences affirmées.

Pour les personnels, deux rubriques du portail e-sidoc (informations administratives et Ressources pour enseigner) leur sont spécifiquement dédiées. Ces 2 rubriques vous semblent-il adapter à vos besoins ? Comment ces dernières peuvent concourir à l’information que vous pouvez par ailleurs leur dispenser ? Quelles seraient les améliorations à apporter à votre avis ?

Il faut aller souvent vers les textes officiels, puisque qu’ils font foi. J’utilise souvent Eduscol, le site du Ministère, celui de l’ESEN avec des fiches sur un certain nombre de thèmes. A force d’être sur le terrain dans les établissements, quelques fois on oublie l’essentiel qui est le texte. Dans le cadre d’un nouveau projet d’établissement, il y a de nouveaux besoins qui vont naître ou les législations qui bougent. Par exemple, hier, le coordinateur d’éducation physique et sportive me signalait que la ville de Limoges a décidé de mettre fin à l’utilisation des sautoirs à base de sable pour des raisons d’hygiène et qu’il aimerait bien que j’autorise la construction de sautoirs avec ce sable dans l’enceinte du collège. J’avoue que je me demande où est ce texte, quel en est son contenu, si je vais trouver une référence à  l’hygiène  et quelle norme dois-je respecter ? C’est tellement pointu que je doute que ce portail réponde à ces attentes. Par exemple, le site de l’ESEN, à partir d’une fiche sur le conseil d’administration, fournit tous les textes avec leurs liens. Dans ce cas, ne faudrait-il pas que le portail du CDI soit plus spécialisé dans certains types de fiches qui n’existent pas ailleurs. Qu’il y ait des doublons, c’est toujours gênant. Il vaut mieux que cela soit unique mais qu’il y ait une richesse dans le contenu de la fiche. Pour les missions qui appartiennent au CDI, je pense qu’il y a suffisamment de domaines pour prévoir des fiches qu’on ne retrouverait pas forcément ailleurs. Tout dépend des objectifs et de la politique de cette publication.

Un portail e-sidoc va à terme agréger des ressources numériques en ligne telles que des dictionnaires, le site.TV… Est-ce pour vous un moyen de promouvoir et favoriser leur utilisation à l’intérieur et à l’extérieur de l’établissement (par exemple à domicile pour un élève) vu le taux d’équipements des élèves de votre établissement en ordinateurs et en connexion à internet à leur domicile ?

Ce portail, c’est comme si on avait une bibliothèque ou une médiathèque à domicile pour soi-même de manière un petit peu égoïste et que j’utilise de manière prioritaire. C’est le véhicule qui va me conduire vers la connaissance et vers la compétence et je crois que si l’on est à l’aise dans ce portail, si on sait l’utiliser, si on en connaît à la fois ses forces et ses faiblesses (comme dans tout système), ce qui est important c’est d’y être bien pour fonctionner avec. On peut très rapidement se désintéresser s’il n’y a pas un dynamisme, une fraîcheur dans l’information, une mise à jour régulière. Il ne faut pas que la présentation et le format soient trop statiques. Les générations actuelles ont l’habitude de butiner et de zapper. Pour que cela captive les adolescents, il faut que le graphisme et la page correspondent à la génération actuelle : tout est tellement mouvant et fragile. Cela nécessite beaucoup de personnes, beaucoup de moyens. Il faut être constamment en veille : et la veille a un prix. Notre équipement informatique est inférieur à la moyenne nationale. Nous sommes confrontés à l’information qui va très vite et des moyens qui sont beaucoup plus lents : c’est certainement la première difficulté.

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