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Établissement : Collège de Pont de Vivaux (Marseille)
Intervenants : Elisabeth Deshayes (professeur-documentaliste) et Joëlle Mons (professeur de lettres)
Niveau concerné : UPI dyslexie
Logiciel : Médialexie
Maîtriser des outils informatiques dans des champs disciplinaires transversaux pour surmonter des difficultés spécifiques aux TSL (dysgraphie invalidante, dysorthographie)
Les élèves dyslexiques au collège Pont-de-Vivaux sont en intégration et ne sont pas à plein temps à l’UPI. Dans l’UPI, il y a un large panorama d’élèves qui ont également des troubles associés, et il est important de mutualiser avec les autres partenaires, comme les orthophonistes. À l’époque du collège, beaucoup de choses se cristallisent, parfois ces élèves vont mal, il y a des dyslexies très sévères, des TDAH très importants. Mais l’outil informatique devrait permettre de temporiser et d’aider à poursuivre la scolarité.
L'intervention de l'enseignant-documentaliste permet à ces élèves de prendre leur temps pour maîtriser le logiciel Médialexie, qui nécessite un apprentissage assez long et personnalisé, et de les soutenir dans leurs efforts, car ils peuvent quelquefois se décourager.
D'autre part il peut guider le jeune dans son angoisse de l’après UPI : quelle orientation, quel projet professionnel pour cet élève, et comment permettre l’articulation avec le collège ?
Je me sens entouré, déjà, au CDI. Ca m’aide beaucoup à me motiver. Avec l’ordinateur, ça m’apporte le soulagement de ne presque plus avoir à écrire, de ne plus faire de fautes d’orthographe. Je ne sais pas quoi dire d’autre : c’est très utile.
Quand j’étais au CM2, j’avais des difficultés et depuis que je suis en 6e à l’UPI, Mme Mons, Mme l’infirmière et le médecin m’aident. Et quand je dis que je n’y arrive pas, je demande qu’ils m’aident et ils me disent « oui je peux t’aider ». Et des fois s’ils ne peuvent pas m’aider, il y a d’autres personnes qui peuvent m’aider, comme mes professeurs, et la dame du CDI.
À Pont-de-Vivaux, nous avons presque 40 élèves dyslexiques. Je suppose que dans les autres collèges il doit y en avoir autant, mais ils ne sont pas dépistés. Chez nous ils sont dépistés parce que tous les professeurs sont sensibilisés à ce « handicap ». Dès qu’un élève présente de graves difficultés, ils le signalent au médecin et à l’infirmière scolaires. Nous-mêmes nous testons les élèves, et ensuite nous les adressons à un spécialiste.
Comme les professeurs sont informés, ils vont adapter leur pédagogie. Tous ne sont pas équipés en classe d’ordinateurs ou d’un logiciel spécifique, mais ils se servent de l’outil informatique pour préparer leurs cours. Et c’est là qu’il va falloir mettre le plus de poids, il faut que l’outil informatique fasse carrément partie du cours. On n’en est pas encore là. Les professeurs étaient très émus, parce qu’on a diagnostiqué 40 élèves dyslexiques et qu’on leur répète tout le temps : « il faut leur laisser le tiers-temps, il faut réexpliciter la consigne, vous ne pouvez pas les laisser comme ça… ». Il a fallu leur apporter une aide, et c’est Ariel Comte de l’association Coridys qui nous a envoyé une psycho-pédagogue pour former nos enseignants à l’enseignement des dyslexiques.
Danièle Delaunay-Verneuil : Quelle est la place de l’enseignante documentaliste dans votre dispositif ?
Joëlle Mons : Elle est très dévouée et attentive aux difficultés des élèves « dys » en général. Certains élèves de l'UPI ont participé à de courts séjours linguistiques en Italie -à Rome cette année et à Venise, l'an passé- sous le regard attentif de Mme Deshayes qui leur avait préparé un petit questionnaire puis des recherches à mener à leur retour
Danièle Delaunay-Verneuil : En quoi le dispositif pédagogique, les modalités d’utilisation ou les outils didactiques utilisés vous paraissent-ils améliorer les apprentissages des élèves ?
Joëlle Mons : Ce dispositif pédagogique permet à des élèves qui éprouvent de grandes difficultés à produire des écrits variés dans leur forme et dans leur contenu, de s’exprimer et traduire des ressources "propres", souvent peu ou mal exploitées par manque de confiance en soi. Le collégien "dys" retrouve un statut d’élève valorisé grâce aux aides techniques, il ne se sent plus "nul" ou paresseux, avec une pauvre estime de soi. Il devient acteur de ses apprentissages, puisqu’il construit lui-même ses savoirs dans différents domaines.
Certes, il reste encore à améliorer ses productions et la dictée vocale devrait être un outil facilitant. On reste modeste, on n’a pas encore utilisé Médialexie dans toute sa plénitude et nous sommes encore dans une phase d’apprentissage. Un des élèves, Samir, est doté d’un ordinateur équipé de ce logiciel, il sera l’an prochain en troisième. Jérémy sera en cinquième.
Danièle Delaunay-Verneuil : Avez-vous trouvé que ce logiciel vous aidait ?
Joëlle Mons et Elisabeth Deshayes : On a toute confiance dans le logiciel Médialexie, on espère l’an prochain pouvoir donner aux élèves un outil qui leur permette de traduire toutes leurs capacités. Car ce sont des élèves qui ont des capacités. Il faudra aussi mutualiser le maximum de ressources, ainsi que nous le disions entre nous, afin de travailler dans un atelier de remédiation.