Depuis 1996, nous avons un portique magnétique (société 3M) au CDI.
D'après les résultats de mes inventaires des années précédentes, je "perdais" environ 300 livres par an, soit environ 10.000F, presque l'équivalent de mon budget "livres" de l'année. Depuis, je n'ai malheureusement que l'impression que l'hémorragie a cessé et que le portique est amorti. En effet, je suis passé à Superdoc pour la gestion de l'inventaire l'année même de l'installation du portique, et cela n'a pas été une bonne idée : opération trop longue pour pouvoir exploiter avec précision les résultats. Il faudrait que tous les documents soient équipés de codes à barre : cela sera enfin le cas cette année, donc à dans quelques mois !
Voici cependant les quelques remarques que je pourrais faire à propos de mon expérience du système 3M :
- Les adolescents adorent les interdits pour les transgresser, et j'ai donc dû supporter les mésaventures du genre : codes à barres ou cotes arrachés parce qu'ils croient que la protection s'y trouve, ou bien carrément les marquages magnétiques arrachés plus ou moins adroitement. Les vestiges de ces "délits" retrouvés par la femme de ménage, derrière les plantes vertes, ou bien, si l'artiste a pu arracher le marquage sans le détériorer, on le retrouve dans les sacs des copains "innocents" et rougissants (ils seraient presque craquants si notre faculté à l'humour n'était pas, à la longue, émoussée), ou bien encore c'est un ou deux livres glissés dans les cartables, à l'insu de leur plein gré, et c'est un essai du système ou bien la nième exaspérant tentative pour être drôle...
- Dans l'ensemble cependant, le système est dissuasif et filtre les négligents qui "oublient" de faire enregistrer leur emprunt ; il rend le climat de suspicion quasiment paranoïaque qui existait auparavant respirable maintenant et rend caduques les solutions aux déprédations du CDI telles que les sacs à l'entrée, où les élèves se volaient jubilatoirement calculettes et autres bijoux en or, empoisonnant la vie de notre Proviseur vénéré...
- Les sonneries intempestives qui nous obligent à des interventions douanières, nous permettent d'expliquer à l'élève que rien n'est parfait dans notre monde, surtout celui technique, toujours perfectible, et de lui apprendre que les calculettes sont munies par les commerçants de protections magnétiques, comme les Compact Audio, le cassettes vidéo, certains agendas, etc, qu'il convient de désactiver.
- Les marquages magnétiques sont discrets pour les livres brochés et reliés. Il en va autrement pour les livres cousus (type NRF) et les revues : il faut faire appel à toute une panoplie de marquages et de techniques parfois fastidieuses et longues à mettre en oeuvre. Quant au prix, presque 2F l'unité, c'est un surcoût sensible qui nécessite une politique bien pensée de la protection : quels ouvrages protéger, quels autres négliger, quels autres encore "piéger" (par un double marquage) : les livres "stratégiques" à haut facteur d'évaporation (mais les agents évaporateurs sont difficiles à attraper malgré les pièges).
- Il permet de compter les élèves, comme les moutons (pour s'endormir, la nuit) : de 2000 à 3000 passages par jour : mon lycée compte 150 élèves. Par un calcul un peu simpliste peut-être, cela signifie que je reçois la visite de chacun de mes élèves TOUS LES JOURS : voilà qui aurait épaté notre cher Ministre de l'E. N. ; ou alors que la maladie de Parkinson s'annonce précocement dans nos vallées reculées des Alpes. Mon CDI es un vrai lieu de passage... au sens propre du terme, malheureusement pour mes nerfs. (J'attends maintenant beaucoup de conseils sur la bonne gestion des CDI de la part de mes gentilles consoeurs à l'âme compatissante : il y en a, j'en suis sûr ! )
jlbroch@edres74.cur-archamps.fr