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Préparation au CAPES externe : Le commentaire critique : corrigé exercice 2

par Marie-France Blanquet,
[janvier 2008]

Mots clés : CAPES (certificat d'aptitude au professorat de l'enseignement secondaire) , commentaire critique

Sommaire

Cet exercice a pour objectif de comprendre les accords ou les différences de jugements de valeur qui peuvent séparer des critiques portant pourtant sur un même texte. Nous rencontrons dans les textes proposés les deux cas de figure. Les critiques portant sur le Manuel de bibliographie générale se rejoignent quand celles portant sur le Métier de documentaliste se séparent profondément.

Première critique

ELOI, Catherine. Critiques : « Manuel de bibliographie générale » de Marie-Hélène Prévoteau, Jean-Claude Utard. BBF [en ligne], 2006, t.51, n°03 (Catherine Eloi)
Ouvre ce lien externe dans une nouvelle fenêtrehttp://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-2006-03-0130-012

et

GUINCHAT, Claire. notes de lecture : Manuel de bibliographie générale de Marie-Hélène Prévoteau, Jean-Claude Utard. Documentaliste-Sciences de l'information [en ligne], 2006, vol.43, no 02. Ouvre ce lien externe dans une nouvelle fenêtrehttp://www.adbs.fr/servlet/com.univ.collaboratif.utils.LectureFichiergw?ID_FICHIER=2326, p.4

1-  Problématiser

Recherche documentaire ou recherche bibliographique ?

Le terme de « recherche documentaire » a détrôné, selon les auteurs, le terme de « recherche bibliographique ». Un changement dans les termes induit-il toujours un changement dans l'environnement présent du à une ou plusieurs causes ? Quelles peuvent être les raisons pour lesquelles une profession exprime la même activité sous des appellations différentes ? Est-ce bien de la même activité que l'on parle ? Le terme de documentaire est-il plus pertinent et exhaustif que celui de bibliographique, peut-être trop lié au livre et à l'imprimé ? Quel(s) rôle(s) jouent les environnements numériques dans cette nouvelle approche ?

Document et identification /Document et permanence

Ces deux problématiques sont inter-reliées qui concernent le document numérique à l'origine d'un examen exhaustif célèbre mené par un ensemble de chercheurs (T.Pedauque). Comment décrire le document numérique ? Peut on en établir une typologie ? Que signifie le terme de « redocumentarisation » qui lui est souvent associé ?

Évaluation

Les sites internet posent-ils des problèmes spécifiques d'évaluation ? Quels sont-ils ? En quels termes nouveaux s'expriment-ils ? Comment les résoudre ? Que doit comprendre une grille d'analyse et quels en sont les éléments nouveaux ou supplémentaires n'apparaissant pas dans une grille d'analyse attachée au document imprimé ?

Évolution et avenir de la profession

Question très large et récurrente. Quelle place future pour le professionnel de l'information ? Pour quelle utilité ? Le réseau Internet est-il une menace, comme le pensent beaucoup, argumentant sur l'autonomie de l'utilisateur ? Au contraire, ce réseau lui offre-t-il un moyen de s'épanouir dans sa réelle raison d'être : la médiation face à des utilisateurs pas aussi autonomes que cela (rappelée par Marc Maisonneuve) ? Mais à quelles conditions ? Avec quelles nouvelles (ou pas) compétences ? La connaissance et la maîtrise des outils décrits dans ce document constituent-ils une d'entre elles, et avec quelle importance (maîtrise des techniques et de l'offre) ?
Les outils décrits dans la première édition sont décrits comme obsolètes (critique du BBF), des organismes ont disparu ou sont nés. Cela signifie que la profession assure son avenir à travers une indispensable formation permanente. Mais est-elle réelle dans les faits ?

La formation des utilisateurs

Cette problématique est complémentaire de l'interrogation précédente. Comment assurer, en effet une formation à la méthodologie de recherche sans formation continue (voire même parfois initiale !) de la part du formateur ? Comment faire comprendre « aux publics les plus variés et les moins avertis » qu'une formation à la recherche documentaire reste indispensable à l'heure où Internet a réponse à tout? Quelle doit être cette formation méthodologique, ses objectifs, son programme ?
Comment la recherche bibliographique peut-elle devenir une « technique de communication » ? Quels arguments utiliser pour faire de la bibliographie ou de la recherche documentaire, « un service public » ?

2- S'informer

On peut noter la définition de la bibliographie relevée par C. Eloi et retenir l'idée de son rôle en terme de service public

Outils de recherche « classique » : la typologie proposée peut-être retenue avec les annuaires, catalogues et bibliographies d'une part, et les dictionnaires et encyclopédies d'autre part.
Les outils de la recherche sur internet doivent également faire l'objet d'une investigation de la part du lecteur de cette analyse critique. Il doit, en particulier, tout mettre en oeuvre pour se procurer la grille d'analyse proposée par les auteurs, permettant d'évaluer les sites Internet

Les catalogues collectifs. Ils sont en projet dans le Pancatalogue. Ils deviennent réalité en France avec le CCFR. Le Worldcat, catalogue collectif gratuit et mondial proposé par l'OCLC, pousse le lecteur à le découvrir en ligne s'il ne le connaît pas déjà. Il en va de même pour le RLG Catalog spécialisé dans la recherche scientifique

Formation permanente : elle est habilement introduite par claire Guinchat parlant dès le début de sa critique de l'utilité de « repréciser » les fondamentaux. C.Eloi la suit sur ce point : « rappeler des évidences souvent oubliées » La lecture de l'analyse permet au lecteur de savoir que les auteurs de ce manuel consacrent un chapitre entier à cette question et lui offrent la possibilité de s'autoformer en proposant les listes des documents le lui permettant

Le vocabulaire a évolué. Il est intéressant de relever les néologismes et d'en connaître définitions et histoire : serveur, métacatalogue, agrégateur, archive ouverte.

3- Comprendre la critique

Nouvelle édition : la première a répondu aux attentes et besoins de ses lecteurs et fait autorité. La seconde étant profondément rénové induit la mise en adéquation de ce manuel avec l'environnement en constante évolution du professionnel de l'information (évolution spectaculaire des techniques.)
Les contenus considérés comme les fondamentaux et classiques d'une pratique professionnelle dit l'intérêt de cette indispensable, incontournable publication. Les termes de « bref mais précis » en saluent la sobriété quand cette brièveté s'impose. Ceux de bienvenu, lié à l'évaluation des sites, ou de minutieusement présentés , on lira avec intérêt disent le sérieux adapté du contenu des chapitres. Par ailleurs, les contenus fondamentaux (identification et localisation) sont largement développés quand d'autres ne font l'objet qu'un bref rappel. Cela rend compte de l'équilibre dans les développements
La critique porte également sur la rigueur linguistique des auteurs attachés à définir avec soin les notions abordées tout au long des chapitres et précise le BBF « pour définir l'enjeu de l'ouvrage mais aussi du métier de documentaliste ou de bibliothécaire ».
Enfin la totalité de l'ouvrage, permettant de dépasser la simple technique, et de réfléchir sur , les instruments de notre métier et sur leur usage donne la note d'excellence définitive à ce travail, le professionnel trouvant au cours de sa lecture « un moment privilégié de réflexion ».
Critique externe
Tout les professionnels de l'information connaissent le sérieux de la politique éditoriale des Editions du Cercle de la librairie qui rejaillit donc sur l'ouvrage analysé. Cependant, rien n'est dit sur les auteurs.
Le souci du lecteur se traduit dans les assistances que les auteurs lui apportent soit au cours des chapitres (grille d'analyse, récapitulatif, copies d'écrans.) soit en fin d'ouvrage avec bibliographie thématique et index.
La cible est précisée dans les deux documents citant constamment documentaliste et bibliothécaire. Le BBF édité par l'Enssib précise le monde étudiant.
Seul le BBF souligne l'existence de coquilles toujours dommageables

Conclusion

Les deux analystes se rejoignent dans les jugements de valeur extrêmement positifs nés de leur lecture et s'accordent sur l'impérative nécessité pour le professionnel de l'information contemporain de connaître, de maîtriser les outils de recherche documentaire, objet de cette publication.

Seconde critique

CARTELLIER, Dominique. Critiques : « Le métier de documentaliste » de Jean-Philippe Accart et Marie-Pierre Réthy. BBF, 1999, t.44, n°05.

et

GUINCHAT, Claire. « Le métier de documentaliste » de Jean-Philippe Accart et Marie-Pierre Réthy. Documentaliste-Sciences de l'information, 1999, vol.36, n° 03, p.194-195. [Consultable sur SavoirsCDI]

1- Problématiser et réfléchir

Bibliothécaire et documentaliste

Quels liens ont entre eux les métiers de l'information ? Existe-t-il un clivage entre bibliothécaires et documentalistes (le ton parfois agressif de la critique de C. Pavlidès permet de le penser) ? Peut-il perdurer à l'heure du document numérique où les deux professions s'orientent vers la médiation ? Peuvent-ils se réconcilier dans l'intitulé de professionnel de l'information ? Par ailleurs, peut-on faire l'impasse, lors de la description d'un métier, des techniques et des méthodes qui le caractérise ? Les métiers de la documentation sont-ils au-dessus de ces contingences ?
La question est clairement posée dans la critique du BBF. Elle est diffuse dans celle de C. Guinchat qui, à travers ses nombreuses critiques négatives, semble dire aux documentalistes auxquels elle s'adresse, que le livre a été rédigé par des auteurs qui maîtrisent mal la documentation !
Ces regards « décroisés » complètent celui que porte Jean Meyriat cité dans ce texte !

2- S'informer

Les auteurs nommés : Paul Otlet, incontournable dans le monde de la documentation/ Jean Meyriat/Anne Kupiek
Les travaux : La liste des métiers élaborées par l'ADBS, incluse par la suite dans le Référentiel des métiers et des compétences édité et maintenu par cette association.. La revue Documentaliste-Sciences de l'information
Current Contents
Les associations : ADBS/IFLA/UFOD
Des sigles : GED et GEIDE
Des mots nouveaux : records management

3- Comprendre la critique

Critique interne

Elle précise les objectifs de l'ouvrage portant sur les aspects socio-culturels du métier, repris dans la dernière partie (pistes de réflexion permettant de mieux situer le métier dans son environnement sociétal ) Les auteurs atteignent parfaitement cet objectif. La critique de C. Pavlidès va dans le même sens en écrivant « Au-delà d'un simple manuel technique ». Cela se fait toutefois au détriment, sous-entend la critique de C. Guinchat des techniques et méthodes documentaires. Cette analyste met très souvent en avant la non exhaustivité du contenu de l'étude. Elle utilise des termes tels que esquissée pour parler de la méthodologie de la recherche documentaire. Elle fait part de son étonnement sur la méconnaissance de manuels de référence très utilisés par toute la profession (C.Guinchat a signé, en effet, au moins deux documents connus et reconnus par tous les documentalistes). Elle signale également les points forts : l'attention particulière portée sur la veille et l'information économique, mais aussi le manque d'originalité de certaines approches «Rien de ceci n'est très nouveau pour le professionnel ». Elle rend un jugement sans appel sur un ratage complet portant sur les savoir-faire de la profession. Leurs descriptions sont jugées tout à fait insuffisantes : analyse documentaire, étude de besoins, ou données de façon trop sommaire : les classifications ou les normes à peine mentionnées
Au contraire, C. Pavlidès souligne, mais de façon ambïgue, l'intérêt des développements nombreux, pertinents et clairs sur des sujets à la mode. Les records managements nouvel avatar de l'archivistique n'apporteraient donc rien de nouveau ?

Critique externe

Les auteurs sont aujourd'hui connus. Ils le sont moins, du moins dans le monde de la documentation, quand paraît l'ouvrage au Cercle de la Librairie, garant en général de la qualité des documents publiés sous leur responsabilité, qui plus est, dans une collection connue de la profession. J.-P. Accart dont on rappelle l'engagement actif à l'IFLA est connu dans le monde des bibliothèques
La structure de l'ouvrage est analysée en terme sévère par C. Guinchat qui lui reproche de disperser les sujets, ne permettant pas ainsi d'en avoir une vue d'ensemble quand cette même structure est décrite dans le BBF comme original et dans l'esprit du documentaliste dont l'organisation de l'information et sa circulation sont des missions essentielles !
Les outils d'assistance à la lecture sont décrits en termes mitigés par C. Guinchat : un assez copieux glossaire, une table des matières précises, mais les habituelles listes. et des index incomplets !. Certains chapitres auraient pu être illustrés par des exemples
Sur les publics ciblés, C. Guinchat cite les néophytes intéressés par l'exercice du métier. Mais ce chapitre est incomplet, et en partie, mal placé. Elle rappelle le débutant à propos des développements concernant les techniques documentaires ou l'étudiant face à l'absence de vue. Ailleurs, comme déjà vu, elle souligne l'absence d'intérêt du chapitre portant sur l'utilisateur pour le professionnel aguerri/ A ce sujet, elle porte un coup fatal à l'étude en écrivant : On en vient à se demander en visant quel public et quel niveau cet ouvrage peut atteindre son but.et en invitant ce public non déterminé à ouvrir d'autres documents pour s'initier ou se perfectionner aux techniques et outils de la documentation. Elle va à l'encontre totalement de l'avis émis par C.Pavlidès promettant un bel avenir à ce livre qui s'adresse à tous les professionnels de l'information et non aux seuls documentalistes. et annonçant aux étudiants qu'ils apprendront plus avec ce livre même si, finalement, il rejoint C. Guinchat en leur conseillant d'aller voir ailleurs s'ils veulent comprendre ce qu'est le catalogage !

Conclusion

Les deux critiques ont des affirmations contraires sur des points essentiels. C. Pavlidès s'adresse en priorité aux bibliothécaire. C. Guinchat s'adresse à des documentalistes. Les deux critiques, par ailleurs, ne retiennent pas les mêmes passages du livre. C.Pavlidès recommande toutes les lectures liées aux nouvelles notions, à la gestion des ressources et la performance quand C. Guinchat regrette l'absence de développement sur les techniques et les méthodes documentaires. Au contraire, C. Pavlidès semble s'étonner de la part donnée à une réflexion sur la part la plus technique et avance comme explication la solitude du documentaliste sur son lieu de travail.
Quand l'un voit blanc, l'autre voit noir. Pourtant, si la critique de C. Guinchat est globalement sévère, celle de C. Pavlidès se révèle parfois très ambiguë dans ses compliments. En saluant l'éclairage original et novateur de cet excellent livre, il ne le situe que dans la perspective du bibliothécaire en parlant de l'interprofession et donc, semble méconnaître à son tour ce qui fait la spécificité du métier de documentaliste.

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