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par Marie-France Blanquet,
[janvier 2008]
Mots clés : CAPES (certificat d'aptitude au professorat de l'enseignement secondaire) , commentaire critique

Énoncé : Quelle(s) réaction(s), l'enseignant documentaliste peut-il avoir à la lecture du texte de Julie Roy ?
Du document imprimé à la cyberculture. Cursus [en ligne], 2005, vol. 8, n°1.
http://www.ebsi.umontreal.ca/cursus/vol8no1/jroy.htm
En général, un commentaire critique est accompagné d'une question qui oriente la lecture du texte, la problématique à poser et la critique à établir. Comme nous l'avons vu dans le cours proposé précédemment : « Contrairement au résumé avec lequel il est souvent confondu, le commentaire s'articule autour d'une interrogation particulière suggérée par le sujet proposé. Il s'agit donc du traitement d'une question. En d'autres mots, à partir d'une problématique empruntée au texte de référence, le commentaire traite d'une seule composante du thème général »
Le but de cet exercice est de vous aider à savoir poser une ou plusieurs problématiques professionnelles ; à prendre un recul critique par rapport à ce qu'écrit l'auteur et enfin à comprendre l'importance de la culture générale et professionnelle dans la rédaction d'un commentaire. Il faut, en effet, connaître les programmes, les auteurs, les réalisations dont parle l'auteur mais aussi ajouter à ces connaissances, les vôtres pour conforter ou, au contraire, affaiblir ses argumentations. C'est dans ce but que nous vous avons invité à lire des recensions.
C'est pourquoi nous ne vous proposons pas un corrigé type mais plutôt une réflexion autour de ces trois objectifs ; trois aspects à fusionner, bien évidemment, lors de la rédaction du texte définitif.
La question posée dans le titre oriente immédiatement le documentaliste sur plusieurs pistes de réflexion. La première concerne les politiques d'acquisition avec l'alternative du tout ou rien et la délicate question d'un équilibre électronique/imprimé.
Si le livre imprimé n'a pas d'avenir, du moins s'il doit de plus en plus se présenter sous forme numérique comme l'annoncent les « enthousiastes » : McLuhan, Leary, Microsoft., le documentaliste doit-il dores et déjà, prévoyant le futur, n'acquérir que des livres numériques ? Doit-il se tourner vers ces cyberlibrairies, « de plus en plus importantes », telle Numilog, en France, qui propose l'acquisition de ce type de documents, et avec lequel un certain nombre de bibliothèques universitaires et services de documentation de grandes écoles ont signé des accords ? Doit-il consacrer une partie de son budget à ces acquisitions numériques, délaissant progressivement l'acquisition de livre imprimé ? Doit-il tendre à transformer progressivement son fonds documentaire en cyberfonds ? Avec quelles conséquences pour ses utilisateurs et sur ses activités professionnelles ?
Une autre problématique professionnelle proposée par le texte, complémentaire de celle précédemment évoquée, porte sur la défense du livre imprimé. Les bibliothèques ou CDI doivent-ils, comme le demande au Québec, J.R Brault, devenir des lieux favorisant la conservation du patrimoine imprimé, des lieux de défense du livre et de la lecture sur support papier ? La mission de l'enseignant documentaliste sur la lecture et sur son rôle d'invitation à la lecture par l'élève est nettement soulignée dans la Circulaire de missions. Certains documentalistes, du reste, obligent les élèves à commencer toutes leurs recherches au sein du CDI par l'offre papier au lieu de se précipiter sur internet. Nombreux sont ceux qui constatent l'ignorance par les élèves des documents imprimés et les forcent à les connaître. Quel sens donner à cette démarche défendue par grand nombre d'enseignants documentalistes ? N'est-elle pas un peu rétrograde ? Doit-on faire face à ce « fossé de génération », pourquoi et comment ? « Favoriser le livre dans un monde envahi par la technologie et l'audiovisuel » devient-il une mission importante des CDI et des bibliothèques ? Peut-on penser que le rôle de ces organismes est d'aller à l'encontre des comportements constants des jeunes qui manifestent un grand intérêt dans leur recherche d'information sur internet tout en se détournant totalement de l'imprimé (ce que traduit pleinement les lapsus narrés par l'auteur dans son introduction) ? Le livre, comme le suggère Darnton, finira-t-il par gagner contre le numérique grâce à sa matérialité, donnant ainsi raison aux défenseurs de l'imprimé ?
Le numérique, comme le promet Fisher, fait-il « redécouvrir les vertus et le potentiel du livre » ?
Bref, les documentalistes doivent-ils ajouter à leurs missions celles de la défense du livre imprimé menacé de disparition et donc avoir une politique d'acquisition clairement orientée vers ce type de document, même si cela va à contre courant de la réalité immédiate ?
Comment, dans ce débat antithétique, tenir le juste équilibre de la coexistence proposé par S.Bertrand-Gastaldy ? Comment, après les phases d'enthousiasme et de désillusion, aborder correctement cette phase pragmatique dont parle Darnton ?
Ces problématiques peuvent être transformées à travers une autre interrogation : le CDI, comme lieu physique dans l'établissement scolaire a-t-il toujours sa raison d'être ? Un cyberfonds signifie-t-il aussi l'éclosion d'un cybercdi, le cdi devenant virtuel dans lequel travaillent cyberdocumentaliste et cyberutilisateurs ? Si on peut imaginer le « tout cyber » : dans l'entreprise, peut-on défendre cette idée dans l'enseignement confronté à un type très spécifique d'utilisateurs : des élèves de tout âge et milieux ? Le lieu physique du CDI garde-t-il toute sa signification et son importance comme lieu de communication et de formation au document ? Le rôle de ces structures est-elle désormais de ne donner l'accès à distance à des fonds, souvent rares et anciens, désormais numérisés et jusqu'alors inaccessibles, comme le propose Marie Lerbert ?
Les bibliothèques, dont l'auteur souligne les fonctions réconciliées par le numérique de conservation et de communication, n'ont-elles désormais pour fonction essentielle que la mise à disposition de bases de textes telles Gallica ou Ocean ? (Le candidat doit ici faire la preuve de l'actualisation de ses connaissances en évoquant l'Unesco et le projet de bibliothèque mondiale ; la bibliothèque européenne ou des projets comme Runeberg, Gutenberg.). Les bibliothèques ou CDI doivent-ils continuer à s'incarner dans des lieux réels et non seulement virtuels ? (A travers le problème de la localisation se posent les questions liées à la socialisation car le lieu est animé par un enseignant : l'enseignant documentaliste et les utilisateurs qui s'y côtoient. On se rappelle qu'aux Etats-Unis, plusieurs bibliothèques universitaires ont été fermées : les technologies à distance les rendant inutiles. Elles ont été re-ouvertes avec la prise de conscience de leur rôle dans ce que Michel Serre appelle le « présentiel ».)
Sur la politique d'acquisition, même si ce point est peu évoqué dans le texte (3.1), on peut soulever les problématiques des coûts et de la gratuité ou des difficultés techniques rencontrées pour avoir accès aux ressources numériques. Ces problématiques bibliothéconomiques sont déterminantes car elles concernent l'accès à l'information. Actuellement l'utilisateur final peut s'informer grandement avec des ressources gratuites et fiables (autre problématique soulevée ultérieurement). Cela a-t-il pour conséquence professionnelle la transformation du documentaliste en géographe de l'information, créant et gérant ses favoris par rapport aux ressources gratuites offertes à l'utilisateur ? Quid du budget des services de documentation qui peuvent, en plus, s'alimenter gratuitement grâce aux open archives ou aux « prépublications ». Ces initiatives modifient-elles du même coup, le rôle du professionnel de l'information, appelé à « assurer un service de veille et servir de bannière aux travaux scientifiques » ?
Une problématique de taille est soulevée par l'auteur, très connue et commune dans le monde de la documentation : elle concerne la validité et la fiabilité de l'information. L'absence de normes éditoriales influent sur les « dispositifs de la preuve », comme l'énonce C. Vandendorpe. Le lecteur perd les repères bien identifiés dans le monde de l'imprimé. Toutes les données composant la référence bibliographique deviennent difficiles à trouver ou à retrouver : auteur, date, éditeur. Les métadonnées n'étant pas toujours au rendez-vous ! La détection de ces traces de fiabilité du document numérique, les travaux menés pour les faire naître et les normaliser deviennent-ils un chapitre important dans la formation et l'action du documentaliste ? L'auteur appelle à une plus grande implication des bibliothèques dans l'élaboration des normes conférant cette fiabilité aux documents. Quelle implication et quelle formation pour les professionnels de l'information ? Comment former les utilisateurs à ces nouvelles traces ? (On peut toutefois remarquer que si les repères sont connus dans le monde de l'imprimé, leur relevé fait l'objet d'une formation impérative. De nombreux lecteurs ne notent pas toujours systématiquement toutes les données relatives aux sources consultées et ne savent donc pas les retrouver lors de leurs utilisations dans la rédaction définitive d'un texte, par exemple. La difficulté technique née avec les documents numériques ne doit donc pas faire oublier les « difficultés humaines » où apprendre à se repérer et à noter les données conférant leurs fiabilités aux ressources utilisées n'est pas un savoir spontané. La formation des usagers est ainsi très correctement évoquée par l'auteur. Elle reste indispensable quelque soit le type de support du document utilisé, imprimé comme numérique !)
Une autre problématique, complémentaire de celle que nous venons d'évoquer, porte sur les conditions de réception par les utilisateurs des documents numériques. Il s'agit de savoir si ces derniers répondent à leurs attentes mais aussi de savoir s'ils sont adaptés à leurs savoirs, savoir-faire et compétences de lecture numérique. Nous posons là la problématique des conditions de la lecture et de l'appropriation d'un document proposé sur écran. L'auteur les décrit en trois principaux points : l'appropriation du texte numérique, sa légitimation et enfin l'accès à l'information numérique. Comment mesurer la taille de ces obstacles dans la mise à disposition de l'information par le professionnel de l'information ? Ces obstacles sont-ils surmontables et par quelle formation de l'utilisateur final ? Sont-ils encore trop importants et que faudrait-il faire pour les supprimer ou les amoindrir ? Quels sens donner à cette « hésitation » des bibliothèques dont parle J. Roy à propose de la légitimation des documents numériques ?
L'absence d'annotation apparaît à J. Roy comme un obstacle important. Toutefois, prendre des notes et annoter sont des opérations différentes que l'auteur semble confondre. Faire une fiche de lecture extérieure au livre lu et surligner le document lui-même sont deux opérations distinctes. D'une façon générale, les livres prêtés par des bibliothèques ne peuvent être annotés. Il y a là une perspective citoyenne que les bibliothécaires s'efforcent d'apprendre à leurs usagers. La possibilité d'annoter un livre numérique prêté change-t-elle cette approche, en offrant une solution technique ?
(Par ailleurs, la fonction copier-coller très utile et utilisée dans la rédaction de textes de tout genre peut se révéler nuisible dans le cadre des apprentissages. Beaucoup écrivent sur les dangers nés de cette facilitation technique, déplorant que les élèves ne lisent même pas ce qu'ils copient et collent).
Qu'il soit numérique ou imprimé, le livre qui se veut informatif exige que l'on réfléchisse au concept d'appropriation personnelle de l'information ; la question de leur support étant ici sans importance. L'auteur insiste à juste raison en s'appuyant sur un texte de Lope de Vega, sur la différence à établir entre accès facilité à l'information et appropriation. Cela lui permet de souligner une autre problématique portant sur l'infobésité liée à la surinformation, autre problématique de taille. Comment apprendre à l'utilisateur à gérer l'explosion de l'information ? Comment éviter le découragement face aux trop nombreuses réponses apportées par le réseau ? Comment sortir de cette « cour des miracles » dans laquelle nous entraîne Google à chaque visite ? Comment faire comprendre que la réponse passe par l'impérative nécessité, plus que jamais essentielle, d'un enseignement à la méthodologie documentaire, évoqué en conclusion par l'auteur en se référant à l'Information Literacy ?
On peut dégager, de la lecture de ce texte, trois axes principaux de réflexions.
Le premier concerne le thème même du débat qui, comme le reconnaît l'auteur, n'a rien d'original. Mais précisément, la multiplicité des discussions, « les articles et ouvrages de plus en plus nombreux », rendent nécessaires ce genre d'écrit, sorte de mise au point ou état de l'art. Ce type de travaux nécessite toujours un acquis assuré et un certain recul. C'est le cas de J. Roy encore étudiante, certes, mais très engagée dans les études littéraires et, en même temps, présente sur le terrain, qui signe cette synthèse. Cette dernière est destinée à un public d'étudiants intéressés par les sciences de l'information et probablement, à travers leurs travaux, auteurs de webographies au détriment de bibliographies ! On peut même envisager qu'un certain nombre d'entre eux a déjà tranché le débat, en l'ignorant totalement, déjà utilisateurs des possibilités offertes par le réseau internet et acteurs de celles qui sont offertes par le mouvement du libre auquel l'auteur fait à peine allusion et le Web 2.0 sur lequel l'auteur est totalement silencieuse ! (blogs, folksonomies et wikis existent déjà à la date de parution de ce numéro de Cursus). L'article de J. Roy ne peut leur être que bénéfique en leur apportant information et pistes multiples de réflexions.
Le destinataire visé par le texte permet d'expliquer également le choix des auteurs cités. J.Roy convoque, en effet, les plus grands et célèbres pour soutenir son exposé : McLuhan, Leary, Nelson, Chartier. et sa bibliographie prouve une solide documentation de base. Le choix des citations lui permet de souligner les points forts de son texte (telle l'envolée utopiste de Leary : Toute l'information du monde est à l'intérieur ou celle de Fisher : L'imagination du futur vient du passé).
Un point contestable, cependant, réside dans le cercle des chercheurs et des universités sur lesquels elle enferme le débat. Le sujet n'est pas seulement « débattu par plusieurs chercheurs et professeurs. ». Le débat portant sur le livre et son avenir appartient à un cercle beaucoup plus large impliquant tous les acteurs des métiers du livre : libraire, imprimeur, éditeur, lecteur. J. Roy le reconnaît d'ailleurs implicitement en évoquant les travaux de l'Union international des éditeurs (IPA). Mais elle aurait pu également dire les réflexions des libraires (Fédération internationale des librairies ou FIL), celles de l'IFLA.directement concerné par ces problématiques
On note également un quasi silence sur les échecs essuyés par des éditeurs ou par des auteurs qui ont lancé, à grand renfort de publicité souvent, des e-book (on peut donner comme exemple, l'expérience de Cytale de Cybook en France ou le roman édité en ligne de S.King..)
Un deuxième axe de réflexion concerne les notions d'imprimé, de livre et de livre imprimé utilisé comme synonymes par l'auteur.
Car le « défaut » principal du texte de Julie Roy réside dans l'absence de définition de ces concepts comme le prouve le titre donné à cet article où culture de l'imprimé semble confondue avec livre imprimé et réduite à ce seul type de document.
Or, la culture de l'imprimé ne se réduit pas à la culture du livre, même si ce dernier en est un important représentant et joue un rôle essentiel. L'imprimé recouvre un domaine très vaste et, en 2005, date de signature de ce texte, les usagers sont déjà habitués au remplacement de l'imprimé par le numérique (téléprocédures, téléachats. par exemple). Il y a longtemps également qu'ils s'informent via télévision et radiophonie où l'imprimé ne joue aucun rôle.
Par ailleurs, le lecteur ne sait pas de quel livre l'auteur parle. Or le livre est un objet multiforme, donnant lieu à des lectures plurielles. Certains livres se prêtent plus au numérique que d'autres. J. Roy le reconnaît elle-même en notant (partie 3.4) que les « nostalgiques du document imprimé semblent plus rares » dans les bibliothèques spécialisées et les centres de documentation. Le document imprimé comme support d'information est, dans les faits, déjà depuis longtemps remplacé par le document numérique. Les documentalistes ont été historiquement parmi les premiers à remplacer les bulletins analytiques ou signalétiques, créés sur support papier par des bases de données accessibles à distance. Les éditeurs d'outils linguistiques ou de références les ont suivi, profitant ainsi des réelles avancées que la technologie autorise et déjà citées : la mise à jour en temps réel ainsi que la convivialité de la consultation.
Aujourd'hui, dans les services de documentation, entrent essentiellement des livres de consultation qui se prêtent bien à la lecture sur écran, et peu de romans impliquant des lectures linéaires et complètes. Ce sont les annuaires ou les répertoires qui demandent des mises à jour régulière et qui, profitant des avancées technologiques du temps réel, ne se justifient plus sous une forme autre que numérique. Mais ce sont aussi les ouvrages de référence tels les dictionnaires et les encyclopédies qui n'impliquent jamais de lectures intégrales. Le livre d'étude impliquant une lecture intégrale ou le livre répondant au plaisir de lire se prêtent beaucoup moins bien aux formes numériques et à une lecture soutenue sur écran. Or Julie Roy parle dans son introduction de la disparition du livre imprimé comme source d'information quand, plus loin, elle fait référence aux livres de fiction et à la littérature. Elle parle, en effet, du roman et du type de lecture spécifique que ce dernier exige : une lecture linéaire. Mais elle parle aussi de revues scientifiques, de journaux, autres types de documents imprimés, à l'origine de genre de lectures possédant leurs spécificités.
Une nette définition des concepts et une nette distinction entre documents numériques et documents numérisés eût permis de clarifier les termes du débat. En effet, la légitimation des documents numérisés dans des bases de texte telle que Gallica ou Ocean ne se pose pas réellement. Un livre numérisé garde ses repères et son entité (même si pour des raisons techniques, ceux-ci sont peu visibles). Par contre un document numérique n'est jamais entier comme le remarque C. Vandendorpe en utilisant le juste terme de « fragment » Le numérique fait-il naître un nouveau document ? (Les réflexions du groupe T. Pédauque sont ici les bienvenues). Les pré-print, les pages personnelles, les documents dynamiques. posent le problème dans toute son originalité.
Une troisième remarque générale porte sur le net déséquilibre du texte, traduit très clairement dans les subdivisions multiples du chapitre 3, qui oriente le texte vers un autre titre possible : Le cyberespace, ici et maintenant ? Il dirige dans le même temps vers un autre contenu problématique. Il s'agit moins désormais de dire l'avenir du livre imprimé que de dire l'actuelle viabilité du document numérique. Ce débat se superpose sur le précédent et, tout en étant complémentaire, devient un débat en soi. Les obstacles à l'appropriation du document numérique analysés par J. Roy conditionnent par défaut la problématique du livre imprimé. Tout se passe comme si l'auteur prévenait que ces obstacles levés, la question du livre imprimé ne se poserait plus ! Désormais, il s'agit plus d'une étude comparative entre ce que permet le livre imprimé et le livre numérique que d'un questionnement réel sur la disparition ou le maintien du support imprimé. Il s'agit plus du lire que du livre !
Le débat est dès lors un peu brouillé, ce que confirme sa trop longue conclusion
La lecture du texte entraîne le lecteur à réagir sur des passages précis du texte. Sans prétendre à l'exhaustivité, nous discernons trois points :
L'auteur fait référence à sa recherche d'information sur Google (3.1). Mais elle manque de précision en parlant d' « une requête des plus soignées . sur un sujet peut-être un peu trop parfait » mais non explicitée. Le lecteur eût aimé la connaître car le thème de cette recherche est complexe avec, entre autres, des possibilités d'ambiguïtés nombreuses : synonymies et quasi synonymies importantes. C'est quoi une requête des plus soignées ? Quel sens donner à un sujet qualifié d'un peu trop parfait ? On peut, également, regretter cette recherche à l'aveugle qu'évitent en général les professionnels de l'information pour supprimer tout bruit lors de leurs investigations. La sérendipité qu'évoque l'auteur en parlant de « belles découvertes » ne profite qu'à l'expert. La sérendipité n'est pas donnée. C'est un acquis. Une recherche à l'aveugle telle que la propose l'auteur ne convient pas du tout à un débutant et se révèle même « anti-professionnelle ». Un professionnel de l'information sur le sujet de l'article ira directement sur le site de l'ENSSIB pour lire les articles du BBF relatifs à ce sujet. Il consultera également les périodiques professionnels : Documentaliste- Sciences de l'information, Archimag, Ressi, Documentation et Bibliothèque, Livre-Hebdo, Arbido. ; bref des sources d'information dûment identifiées et donc souvent pertinentes a priori. S'il fait une recherche à l'aveugle, elle sera là soit pour compléter la première soit pour débroussailler son sujet. En aucun cas, elle ne se révélera suffisante !
Par ailleurs, la comparaison entre la perte d'un ouvrage dans une bibliothèque et celle des liens annoncés est discutable pour plusieurs raisons : la première concerne la quantité de liens « égarés sur les rayons du web », expérience systématique lors de toute interrogation menée par un internaute et celle de livre égaré ou perdu dans une bibliothèque (sauf si cette dernière est vraiment très mal tenue). Un bibliothècaire connaît son fonds, inventorié dans le catalogue. Les professionnels de l'information sont donc capables d'identifier le document perdu ou égaré car ils en possèdent la description et la côte. Le document peut donc être plus facilement retrouvé que sur internet où il se révèle souvent définitivement perdu.
Concernant l'accès à l'information par le numérique, l'auteur semble devenir un peu prisonnier de son enthousiasme pour le numérique. Le lecteur a du mal à le suivre dans la lecture d'un livre via Gallica « évitant le voyage à l'étranger. cette longue liste de formalités et des regards inquisiteurs ». Les bibliothécaires dans une banque de prêts ont-ils donc ces regards quand, au contraire, leur fonction et leur formation les sensibilisent à la qualité de l'accueil en direction des lecteurs ?
Le texte de J. Roy est riche. Pour l'assimiler, il faut avoir les clés qui ouvrent sur les auteurs, faits, événements cités et ajouter à la culture de l'auteur, sa propre culture.
Les connaissances ici commencent par la lecture d' auteurs incontournables (par ordre d'apparition dans le texte) :
Mais on peut ajouter à cette liste des auteurs tels que Martin ou Eco, Queneau (plus de livres ? Pourquoi pas ? Il y a bien eu des ouvres avant l'imprimerie, pourquoi n'y en aurait-il pas après ?), J.L Borges.
L'auteur fait allusion à un colloque qui a été très suivi : Ecrans et Réseaux, et où des conférenciers de très haut niveau ont apporté savoir et matière à réflexion multiple.
A retenir pour le réutiliser :