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par Marie-France Blanquet,
[décembre 2004]
Mots clés : analyse documentaire , CAPES (certificat d'aptitude au professorat de l'enseignement secondaire)
Document 1
PREVOT-HUBERT, Martine. Formation des professionnels de l’information en France : un état de l’art (ou panorama). -Documentaliste - Sciences de l'information, 2004, vol. 41, n° 3, p. 182-186
Objectif : montrer l’importance des titres, sous-titres et titres de paragraphes, éléments constitutifs de tout résumé indicatif. Ces derniers sont, en effet, rédigés par l’auteur ou le rédacteur en chef de la revue où paraît le texte, pour indiquer de façon synthétique le contenu de l’article et ses découpages.
Premier paragraphe (p.183) : Formation initiale : niveaux et diplômes
Deuxième paragraphe (p.184) : Formation continue : hétérogénéité de l’offre
Troisième paragraphe (p.185) : Validation des acquis et formation tout au long de la vie
Quatrième paragraphe (p.185) : La certification : définition et objectifs
Cinquième paragraphe (p.186) : Les procédures européennes
Ce texte présente 5 parties précédées d’une introduction. Le lecteur doit donc les retrouver dans un résumé indicatif, dans l’ordre où l’auteur les a présentées.
L’utilisateur doit pouvoir décider à la lecture du résumé indicatif si le texte analysé l’intéresse ou non. Si ce texte l’intéresse, le résumé indicatif doit lui permettre de s’orienter dans le texte primaire ou d’aller directement, éventuellement, à la partie de ce texte qui l’aidera dans ses recherches. C’est bien là le rôle de toute table des matières : indiquer le contenu du texte et permettre d’aller directement au chapitre ou sous chapitre suscitant l’intérêt du lecteur. C’est le principe du résumé indicatif.
Document 2
BASTIAN-DUPLEIX, Isabelle. Édition : quels livres en ligne ? Bulletin des bibliothèques de France [en ligne], mars 2004, t. 49, n° 3, p. 36-42.
http://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-2004-03-0036-007
Objectif : quelle qu'en soit la longueur, le résumé indicatif doit traduire la structure du texte et ses découpages. C'est pourquoi pour établir un résumé indicatif, il importe avant tout d'en déterminer l'organisation physique. C'est elle que nous retrouverons « indiquée» dans le résumé.
Ici le texte comporte un titre principal "Edition : quels livres en ligne ?" Ce titre est concis et bien construit et pose dans son interrogation une problématique générique.
Il comporte une introduction. Dans les textes scientifiques, l'introduction est souvent la reprise de l'idée du titre et l'annonce du plan, c'est-à-dire des paragraphes suivants. C'est le cas ici. Elle n'apparaîtra donc pas concrètement dans notre résumé. Le lecteur connaissant cette réalité de la rédaction du texte scientifique
Premier paragraphe : les années folles. Nous ne pourrons pas garder cette expression pour construire nos résumés en 100 ou 50 mots car les documentalistes fuient les images ou expressions ambiguës. Nous la remplacerons donc, après lecture en diagonale du texte par : historique du livre électronique.
Deuxième paragraphe : quelques secteurs en première ligne. L'intitulé est suffisant pour comprendre que l'auteur va décrire les domaines d'édition du livre numérique qui commencent à fonctionner.
Troisième paragraphe : Quelles possibilités nouvelles pour la chaîne du livre? Ici également, l'intitulé suffit pour faire comprendre au lecteur que toutes les industries concernées par le livre vont profiter de l'apport des technologies nouvelles à leur niveau de responsabilité: fabrication, vente ou communication du livre.
Quatrième paragraphe : Questions juridiques et économiques. Le titre est très clair.
Cinquième paragraphe : vers de nouveaux supports. Pour celui qui ne suit pas l'actualité du livre numérique, cet intitulé peut paraître un peu obscur. Il est, par contre, très clair pour ceux qui se tiennent au courant
Conclusion. La conclusion suscite le même type de réflexions que l'introduction. Elle ne paraît dans le résumé indicatif que si elle soulève réellement une idée nouvelle par rapport au texte comme c'est le cas ici.
Les résumés doivent donc refléter les 6 points qui composent ce texte: 5 paragraphes, une conclusion
Document 3
ABID, Abdelaziz. L’UNESCO et la conservation du patrimoine numérique. Documentation et bibliothèques [en ligne], 2002, Volume 48, no 1.
http://www.asted.org/publications/db/v49n03/index.html
Objectif : Les résumés documentaires comportent le résumé indicatif, le résumé informatif et éventuellement le résumé mixte (mi-indicatif ; mi-informatif). Si ces résumés répondent à des règles communes (verbes au présent; pas de pronoms personnels 1ère et 2ème personnes ; pas d'images ou emploi de termes pouvant se révéler ambigus ; pas d'alinéas...), ils diffèrent profondément dans leur objectif par rapport à l'utilisateur final. Le résumé indicatif poursuit un objectif de tri. Il s'agit pour l'utilisateur de prendre rapidement connaissance du contenu du document analysé pour décider si la lecture du texte intégral est ou pas nécessaire. C'est pourquoi on lui en donne la table des matières.
Le résumé informatif poursuit l'objectif plus délicat de REMPLACER complètement la lecture du document primaire analysé. Quand l'utilisateur a lu un résumé informatif, c'est COMME SI il avait lu le document primaire dans son intégralité. C'est pourquoi il est recommandé de reprendre les termes ou les phrases clés de l'auteur. Le résumé informatif est une sorte de photographie miniaturisé du texte analysé. Il doit donc scrupuleusement suivre le plan suivi par l’auteur et en extraire l’information.
Nous l'avons déjà dit, la problématique de ce résumé est double :
Elle consiste à savoir ce qui n'est pas information: ce que l'on peut qualifier de « non information » : mots vides, redondances, exemples...
Elle implique la lecture intégrale du texte et sa compréhension. Cela signifie que le documentaliste doit alors posséder une double compétence: documentaire et disciplinaire.
Il est important pour bien faire la différence avec la technique du résumé indicatif qui ne donne pas d'information, d'établir un résumé informatif dont c'est le seul objectif. C'est pourquoi nous vous proposons ce difficile exercice même s'il n'est pas une exigence du concours. Il ne peut que vous aider à mieux comprendre la technique du résumé indicatif.
GHARSALLAH, Mehdi. Yahoo ! contre Google : Yahoogle ? Archimag, juin 2004, n° 175
Objectif : le résumé rédigé par l’auteur ou le rédacteur du document hôte répond aux impératifs du résumé mixte : à la fois indicatif et informatif. Pour le documentaliste, il s’agit de savoir si ce résumé traduit bien la totalité des données dont l’utilisateur peut avoir besoin. Il met donc en œuvre ici une activité d’évaluation menée sur le texte proposé par rapport à la connaissance qu’il a de ses utilisateurs.
Dans certains cas, il peut reprendre ce résumé pour la base de données bibliographiques qu’il alimente. Dans les cas contraires, il devra rédiger lui-même un résumé indicatif.
Le texte de Gharsallah propose une comparaison entre deux acteurs importants du réseau internet, qui sont en concurrence ouverte.
Le résumé d’auteur, même s’il est ici très explicite, ne peut être repris par le documentaliste pour des raisons langagières. L’auteur, en effet, utilise des images pour s’exprimer. Les mots de cataclysme, de dinosaure ou de lion appartiennent aux domaines de la météorologie et de la zoologie. Ils n’ont donc rien à faire dans un résumé portant sur l’information. Ils peuvent, en effet, devenir source de bruit lors d’une recherche documentaire.
Le résumé est à rejeter pour une autre raison : il ne traduit pas fidèlement la structure du texte qui repose essentiellement sur une comparaison de ces deux outils. Le résumé de Gharsallah ne traduit en fait que le début et la conclusion de son texte.
Le documentaliste se voit donc obliger de rédiger un résumé indicatif exprimant les mêmes idées que celui de l’auteur, avec un choix de mots non ambigus tout en le complétant.
NB : Ce texte demande une vive réaction de la part du professionnel de l’information qui n’effectuera jamais une recherche documentaire sur la "valeur énergétique de l’avocat ", à l’aveugle sur Google et Yahoo !
Toute recherche commence par une phase de réflexion qui consiste à identifier les sources d’information susceptibles de répondre de façon fiable et non ambiguë à la demande d’information. Ici il s’agit d’un fruit. L’Institut national de la recherche agronomique (INRA) fait un lien avec l’Agence pour la recherche et l’information en fruits et légumes frais (APRITEL) qui propose des fiches complètes sur les fruits et légumes.
Document 5
CHABIN, Marie-Anne. Exigences numériques et besoins documentaires. Solaris [en ligne], Décembre 1999 / Janvier 2000, nº 6.
http://biblio-fr.info.unicaen.fr/bnum/jelec/Solaris/d06/6chabin.html
Objectif. Le résumé mixte répond au besoin d'un utilisateur intéressé par une partie d’un texte. Pour cette partie, le documentaliste rédigera un résumé informatif et indiquera à son lecteur les autres parties du texte. C'est ce que nous faisons chaque fois que nous ne traitons qu'un chapitre d'une monographie ou une partie d'un article. Les titre et sous-titre ou le sommaire nous aident à nous repérer. Et nous n'ouvrons, pour la lire, que la partie qui nous intéresse.
Savoir établir un résumé mixte permet de mesurer de façon très claire les différences entre résumé indicatif et résumé informatif.
Le texte de M.-A. Chabin comporte deux parties. La première peut intéresser une multitude d'acteurs : d'acteur : sociologue, technicien, juriste, auteur et professionnel du document. La seconde est davantage orientée vers ce public avec des conclusions portant sur le rôle et le des professionnels.
La demande de notre lecteur porte précisément sur ce point. Nous lui offrons donc le résumé mixte suivant :
Document 6
Guerre et paix des langues. Le nouveau Courrier de l’Unesco [en ligne], avril 2000.
http://www.unesco.org/courier/2000_04/fr/doss25.htm
Objectif. Considérer ce dossier portant sur les langues dans le monde comme un mini-fonds documentaire permet de mieux appréhender les problématiques liées à l'indexation. Celle-ci dépend du contexte dans lequel le document indexé est utilisé. Si le fonds documentaire est encyclopédique, portant sur des sujets distincts, l'indexation dite superficielle permet de distinguer les documents l'un par rapport à l'autre. Si, au contraire, le fonds est spécialisé dans un domaine de connaissance, il faut pousser la description. On parle alors d'indexation en profondeur (indiquée ci-dessous en italique dans les exemples). Par exemple, on comprend bien la demande d'un voyageur dans une rue s'interrogeant sur l'existence d'une boulangerie ou d'une pharmacie. Par contre, dans la pharmacie, sa demande ne doit pas être "médicament". Elle doit être plus précise. Il en va de même pour l'indexation. Ici nous avons 12 textes portant sur les langues vivantes. Ce concept devient dès lors trop générique pour distinguer les textes entre eux. Il ne fait donc pas partie de l'indexation. Le documentaliste va s'efforcer d'extraire les mots clés caractérisant et différenciant les documents du fonds gérés portant sur le même sujet.
Indexation des 12 textes :
1) 6000 langues, un patrimoine en danger
Internet, langue universelle, mondialisation, monolinguisme, patrimoine linguistique, plurilinguisme
2) Equateur : le dernier chaman Zapara
Amérique du Sud, chaman, défense des langues, Equateur, langue amérindienne, langue minoritaire, langue régionale, politique linguistique, Zapara
3) Une répartition très inégale
Densité linguistique, géographie linguistique, mondialisation, patrimoine linguistique
4) La suprématie de l'anglais est-elle inéluctable ?
Anglais, anglicisation, impérialisme linguistique, langue minoritaire, politique linguistique
5) Kenya : retour du kikouyou
Afrique, écrivain, Kenya, kikouyou, langue africaine, langue minoritaire, langue régionale
6) Idir la défense berbère
Algérie, berbère, Idir, langue minoritaire, langue régionale, Maroc
7) Heuskera, ialgi adi kanpora
Basque, euskera, langue minoritaire, langue régionale, Navarre espagnole, Pays basque
8) Eloge du plurilinguisme
Culture de la paix, enseignement des langues, mondialisation, monolinguisme, paix mondiale, plurilinguisme, politique linguistique, trilinguisme
9) Le monde au chevet des langues
Eurodicautom, Linguapax, (et tous les programmes ou institutions nommés dans le texte...), mondialisation, Observatoire des langues, programme linguistique, recherche linguistique
10) Equateur : l'irréductible Shuar
Amérique du sud, Equateur, langue minoritaire, langue régionale, Shuar
11) Babel indienne : voie royale pour l'anglais ?
anglais, anglicisation, Inde
12) Vie et mort des langues ; les locuteurs décident
Défense des langues, langue vivante, locuteur, politique linguistique
Commentaire : l'indexation permet à l'utilisateur de retrouver le ou les documents pertinents, répondant à ses besoins. Par exemple, un utilisateur travaillant sur l'enseignement des langues sera orienté vers le seul document n°8. Il en va de même pour le kikouyou, document n°5. Par contre, s'il travaille sur les langues régionales, les documents 2,4,5,6,7,10. Il s'agit ici de la moitié du fonds géré. Cela permet de comprendre que le niveau d'indexation est trop générique et que des mots clés comme langue régionale ou langue minoritaire pourraient ne pas être retenus suivant la politique d'indexation suivie par le service de documentation concerné.
Il importe de comprendre sur cette mini-étude de cas que l'indexation peut varier d'un service à l'autre, non sur la qualité des mots clés retenus et sur les règles d'indexation, mais sur le niveau de profondeur. Dans ce cas, seuls les termes les plus spécifiques seront retenus. Ils sont donnés en italique dans le relevé des mots clés ci-dessus.