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par Vinciane Jacquet,
(CNDP - DAJ)
[janvier 2010]
Mots clés : question juridique , internet

Une question : Des élèves disent des horreurs à propos de leurs professeurs sur Facebook. Quel est le caractère de ces commentaires désagréables ?
Une réponse : En France, la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse impose un cadre légal à toute publication. Si elle est considérée comme le texte fondateur de la liberté d'expression, elle incrimine également certains comportements spécifiques à la presse. Les lois du 30 septembre 1986 et du 1er août 2000 étendent ces actes punissables à tout support de communication audiovisuelle et à internet.
Typologie des infractions de la loi de 1881 :
Le dénigrement est naturellement également interdit.
En conclusion : Il est très important de se faire conseiller par un avocat, ou un juriste spécialisé, s'agissant de la qualification des propos incriminés. En effet, une mauvaise qualification des faits et vous serez déboutés de votre demande par le juge, même si les commentaires sont particulièrement humiliants ou discriminatoires.
De plus, si ces réflexions ne rentrent pas parfaitement dans le cadre des infractions citées, il est fort probable qu'il soit considéré que les élèves font simplement un usage intégral de leur liberté d'expression !
Car selon la jurisprudence européenne (Cour européenne des droits de l'homme, 21 janvier 1999, Fressoz et Roire c/ France), « la liberté d'expression vaut non seulement pour les « informations » ou « idées » accueillies avec faveur ou considérées comme inoffensives ou indifférentes, mais aussi pour celles qui heurtent, choquent ou inquiètent : ainsi le veulent le pluralisme, la tolérance et l'esprit d'ouverture sans lesquels, il n'est pas de « société démocratique».