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La documentation dans le système éducatif malgache

par Christine Morin,
CRDP de l'académie de Lyon [mai 2007]

Mots clés : Madagascar , bibliothèque , international

L'Association Francophone Internationale des Directeurs d'Établissements Scolaires (AFIDES) [1] organisait en mars 2007, à Antananarivo, une action de formation, destinée à une vingtaine de principaux et de proviseurs malgaches, sur la conduite de projet. En séjour à Madagascar, j'ai pu, grâce à cette association visiter quelques établissements scolaires et rencontrer à Antananarivo des documentalistes en poste au ministère de l’éducation ou dans des CDI de lycées. Je remercie Maurice Chabannon, son vice-président de m’avoir ainsi donné l’opportunité de découvrir des acteurs du système éducatif malgache. Je remercie également les documentalistes qui m'ont accueillie et autorisée à présenter leurs travaux.

Dans ce bref article, je cherche à rendre compte de ces visites et à faire part de mes impressions personnelles, après avoir présenté succinctement le contexte socio-économique de l’île et la stratégie mise en œuvre par le gouvernement malgache pour réformer le système éducatif.

Le contexte général de l’éducation à Madagascar

Le système éducatif malgache est lourdement affecté par la situation sociale et économique du pays. Le budget de l’éducation nationale reste faible. Les disparités régionales sont grandes. Les cyclones et les inondations sont fréquents et affaiblissent encore les conditions de vie.

Les enfants de moins de 14 ans représentent presque la moitié de la population malgache. De nombreuses familles vivent en dessous du seuil de pauvreté (en moyenne 35 % seulement de la population a accès à l’eau potable). Les parents ont généralement de la difficulté à financer la scolarisation de leurs enfants.

Quelques indicateurs chiffrés

Population et démographie (chiffres de l’année 2005)

Population de Madagascar18 millions d’habitants
Répartition de la population
par classe d’âge
 
De 0 à 14 ans :
De 15 à 64 ans :
65 ans et plus :


44,8 %
52,1 %
3 %
Taux de natalité41,66 ‰
Taux de mortalité11,35 ‰
Taux de mortalité infantile76,83 ‰
Taux de fécondité5,66 enfants par femme
Espérance de vie à la naissance56,95 ans

Source : Ouvre ce lien externe dans une nouvelle fenêtreCIA World factbook 2005

Éducation (chiffres de l’année 2005)

Taux d’alphabétisation63 %
Analphabétisme dans la population
âgée de plus de quinze ans
48 %
Scolarisation préscolaire (3-5 ans) 5 %
Scolarisation dans le primaire :
Taux d’achèvement du primaire
Pourcentage de redoublement 
Ratio élèves / enseignant

57 %
20 %
52
Scolarisation dans le secondaire :
Collège
Taux d’inscription dans les collèges
Taux d’achèvement dans les collèges
Lycée d’enseignement général
Taux d’inscription dans les lycées
Taux d’achèvement dans les lycées


31 %
19 %

9 %
7 %
Nombre de jeunes en formation professionnelle
pour 100.000 habitants
350

Source : Plan d’action Madagascar 2012 : un plan audacieux pour le développement rapide.

Ce plan est élaboré et construit à partir d’indicateurs (Millenium Development Goals indicators) [2], définis par les Nations Unies.

Les problèmes de l’éducation

La plupart des enfants en âge d’être scolarisés en primaire vont à l’école. Cependant, un peu plus de la moitié seulement achève le cycle entier. Les élèves mettent 7 années en moyenne pour terminer le cycle primaire dont la durée normale est de 5 ans.

Plus d’un enfant (âgé de 5 à 14 ans) sur 5 travaille.

Pour l’enseignement secondaire, les personnels de direction de collèges et de lycées que j’ai rencontrés le lundi 12 mars 2007 au lycée de Saboty Namehana dans la périphérie de Tananarive, évoquent des problèmes récurrents :

  • Une scolarisation régulière difficile pour nombre d’élèves :
    • fatigue due à la malnutrition
    • absentéisme dû aux maladies (paludisme, diarrhées…) 
    • long trajet à pied pour atteindre les établissements scolaires
  • Des effectifs importants par classe, notamment dans les collèges. 80 élèves par classe est un chiffre fréquent.
  • Un personnel enseignant vieillissant et une difficulté à recruter de jeunes enseignants fonctionnaires dans ces professions. Le salaire est peu attractif pour le niveau de formation demandé. L’état recrute donc beaucoup de contractuels.
  • Des établissements scolaires qui manquent de locaux, de matériel, de documents, de salles informatiques, de cantine.

Il existe de nombreuses écoles et établissements privés, confessionnels le plus souvent, relativement mieux équipés que les écoles publiques et qui accueillent un nombre grandissant d’élèves. Ce secteur privé entre en concurrence avec le secteur public.

Le plan d’action Madagascar 2007-2012 (MAP)

Le MAP est un plan d’action élaboré par le gouvernement malgache qui vise à réduire la pauvreté et à améliorer la qualité de vie des Malagazy. Le plan définit des stratégies, décline des projets et donne des indicateurs afin d’atteindre les objectifs du millénaire pour le développement, à l’horizon 2012. Il touche de nombreux domaines de la vie économique et sociale du pays (infrastructures, développement rural, santé, environnement, solidarité nationale…).

En ce qui concerne la transformation de l’éducation, le MAP propose de réformer le système éducatif, actuellement structuré en 5 années de primaire, 4 années de collège et 3 années de lycée, pour allonger le cycle primaire à 7 années et réorganiser le collège et le lycée en conformité avec cette réforme. Il s’agit donc de relever des défis pour les différents niveaux d’enseignement :

  • Augmenter de 5 % à 20 % l’accueil des enfants de 3 à 5 ans dans des centres préscolaires.
  • Créer un système d’éducation primaire performant et faire passer de 57 % à 85 % le taux d’achèvement de l’éducation primaire.
  • Intensifier le système d’éducation fondamentale (collège).
    Actuellement, il y a 1 collège public pour 18 écoles primaires et seulement 19 % des collégiens achèvent leur scolarité. Pour augmenter de manière significative dans les collèges le taux d’inscription et le taux d’achèvement, le ministère de l’éducation s’est donné des priorités : 
    • construire 4.000 salles de classes
    • recruter et former 4.400 nouveaux enseignants 
    • Réviser les programmes et produire les manuels correspondants
    • former tous les enseignants de collèges aux innovations pédagogiques et les directeurs au leadership. 
    • construire des bibliothèques scolaires et doter les écoles d’équipements scientifiques
  • Améliorer l’enseignement secondaire (lycée) et développer la formation professionnelle.
    En 2006, trop peu d’élèves ont accès à l’enseignement secondaire général et technique et beaucoup d’entre eux n’achèvent pas le cursus. Les objectifs sont donc de faire en sorte que l’enseignement secondaire technique et professionnel devienne plus important que l’enseignement général. Axes prioritaires d’actions : 
    • construire et réhabiliter 1200 salles de classes pour les lycées d’enseignement général 
    • recruter de nouveaux enseignants et mettre en place un système de formation pour tous les enseignants.
    • réviser les programmes 
    • créer des centres de technologies de l’information et de la communication 
    • améliorer les bibliothèques scolaires et les équipements scientifiques 
    • créer des centres de formation technique et professionnelle.
  • Transformer l’enseignement supérieur
  • Mettre fin à l’analphabétisme
  • Développer le sport et la participation à la vie civique.

Regard sur des centres de documentation

Le centre de documentation du ministère de l’éducation nationale, direction de l’enseignement secondaire

Initialement centre de documentation de l’institut d’études et de recherche pédagogique (IERP), ce centre de ressources est, depuis 2003, rattaché à la direction de l’enseignement secondaire.

Les usagers

Le centre reçoit un public assez varié:

  • Étudiants de l’École Normale Supérieure, école de formation pour les enseignants de lycées. 
  • Étudiants de l’INFP, institut de formation pédagogique pour les professeurs de collèges. 
  • Tout public : étudiants de l’université, lycéens, collégiens…

25 personnes par semaine en moyenne viennent travailler sur place ; le fonds relativement réduit ne permet pas un prêt à domicile.

Le fonds

Le fonds est essentiellement composé de documents imprimés (ouvrages et rapports) :

  • Documents de sciences de l’éducation en français et en anglais. 
  • Manuels scolaires de toutes les classes (français, mathématiques, sciences physiques, histoire géographie, SVT…) 
  • Rapports de l’IERP
  • Textes officiels 
  • Quelques romans 
  • Usuels (dictionnaires et encyclopédies)

Le personnel

Trois personnes font vivre le lieu :

  • Une responsable 
  • Une enseignante de français qui a bénéficié d’une formation d’une semaine au Centre d’information technique et économique (CITE) 
  • Depuis 2005, une enseignante de lycée

Les locaux

Asez spacieux, ils offrent aux usagers une grande table de travail et du mobilier de bibliothèque permettant un libre accès aux documents.

Les activités 

  • Traitement des documents proposés 
  • Conseils aux usagers qui viennent travailler sur place 
  • Gestion des documents envoyés en don par divers organismes, provenant de divers pays du monde. Ces documents sont inventoriés, listés, répartis entre les établissements et mis en carton pour envoi.

Les besoins exprimés

Les documentalistes sont en recherche de formation, de documents professionnels sur le métier, ses techniques, son évolution. Elles ont besoin de plan de classement, de fournitures de bibliothèque, de matériel informatique, etc.
Le fonds manque de documents adaptés aux besoins des usagers.
Il serait utile de fournir aux établissements un mode d’emploi pour une mise à disposition efficace auprès des élèves, des documents envoyés en don.

En conclusion

La localisation du centre ne facilite pas les rencontres entre les documentalistes du ministère et les documentalistes et enseignants de terrain. Des contacts seraient souhaitables pour analyser les pratiques documentaires dans les établissements scolaires, proposer aux enseignants des services adaptés à leurs besoins et évaluer l’efficacité de ce travail.

Le CDI du lycée Jean-Joseph Rabearivelo (Antananarivo)

Ce lycée d’enseignement général accueille 2400 élèves dont 500 se rendent quotidiennement au CDI, dans des locaux vétustes mais spacieux et bien éclairés où ils sont reçus par un personnel disponible et bien organisé.

Le personnel

Les onze personnes qui gèrent le CDI travaillent en général de 25 à 30h par semaine.
Sans formation initiale, tous enseignants à l’origine, ils se sont pour la plupart formés sur le tas. Cependant, chaque année, deux d’entre eux peuvent bénéficier d’une formation d’une quinzaine de jours, dispensée par la bibliothèque municipale.

La responsable du CDI occupe le poste depuis 2003. Elle coordonne, organise, et met en place les projets. Elle partira à la retraite dans quelques années et s’efforce dès à présent de former une personne plus jeune pour la remplacer.

Les horaires d’ouverture 

  • Les lundi, mardi, jeudi, vendredi : de 7h à 18h30 sans interruption 
  • Le mercredi : de 7h à 12h et de 14h à 17h 
  • Fermeture le samedi

Les locaux

Le CDI comprend deux grandes salles contiguës (galerie de photos) :

  • Une grande salle de travail dans laquelle élèves et enseignants sont accueillis pour des recherches de documents et/ou des prêts collectifs. Elle offre 90 places assises qui permettent aux élèves de travailler par séquences de deux heures.
  • Une salle de prêt à domicile.

Le fonds 

17.000 documents, rangés selon la classification de Dewey. Un inventaire rigoureux du nombre d’ouvrages et de titres est établi manuellement pour chaque indice de la classification. On peut remarquer :

  • 140 encyclopédies et dictionnaires 
  • De très nombreux manuels scolaires, pour toutes les disciplines et niveaux, souvent en nombre suffisant pour être prêtés dans les classes, le temps d’un séquence. Par exemple, 7000 ouvrages pour 1300 titres en classe 400 (manuels et grammaires de langues, ouvrages malgaches) ; 6480 ouvrages pour 777 titres en classe 500 ; 5370 ouvrages pour 440 titres en classe 900
  • La classe 600, essentiellement utilisée par les enseignants, la classe 700 par les élèves pour des exposés.
  • Un fonds de fiction, littérature (2750 ouvrages pour 1400 titres), très demandé mais particulièrement pauvre et ne proposant pas d’ouvrages récents.

Les documents sont rangés sur des étagères ou dans des armoires vétustes mais l’ensemble bien signalisé, permet un rangement rigoureux et une rotation intense des documents. D’ailleurs, pour une plus grande efficacité, ce rangement est partagé indice par indice entre les différents personnels.
Le CDI met à la disposition des enseignants des cartes.
Faute de moyens et d’équipement, il n’y a pas de documents audio-visuels ou numériques, pas de presse généraliste ou spécialisée et pas d’accès à internet.

L’organisation du travail

Le temps de travail des personnels est presque exclusivement consacré à des tâches de gestion, de prêt et de statistiques. Les responsabilités sont partagées et organisées par grands secteurs :

  • Un poste de direction (bureau 1) : enregistrement et gestion de la base de données access, rapport d’activités, statistiques, organisation générale du travail, mise au point des projets…
  • Un responsable des relations avec les enseignants (bureau 2) : gestion des prêts collectifs dans les classes, réservations et prêts aux enseignants…
  • Un responsable des relations avec les élèves (bureau 3) : enregistrement de chaque élève venant travailler au CDI, conseils pour l’utilisation des documents, enregistrement de tous les documents utilisés sur place, statistiques du jour…
  • Un poste de prêt à domicile (bureau 4) : inscription des emprunteurs, enregistrement de chaque prêt par élève dans le carnet de correspondance des élèves et par document dans le cahier de prêt à domicile, rappels de prêts, statistiques des prêts du jour…
  • Un responsable de la cotation (bureau 5)
  • Un poste technique (bureau 6) : entretien des documents, couverture…

Les activités pédagogiques

A l’heure actuelle, elles consistent essentiellement en conseils individuels aux élèves pour la recherche documentaire et pour le prêt à domicile. Les personnels connaissant bien le fonds et son mode de classement, peuvent donc diriger les élèves qui ne disposent ni de fichiers manuels, ni de fichiers informatisés vers les documents dont ils ont besoin.

La mise en place d’un club « Scrabble » a pour objectif de renforcer l’usage des dictionnaires de conjugaison et d’orthographe par les élèves. Proposé par les documentalistes, il fonctionne sur la base du volontariat et avec la collaboration de professeurs de français et d’anglais. Il a un grand succès auprès des élèves qui s’entraînent avant de participer aux compétitions organisées entre classes.

Les besoins exprimés

  • Ce qui fait le plus défaut dans le fonds
    • Des dictionnaires les plus récents possibles ;
    • Des ouvrages de fiction ; 
    • Des bandes dessinées pour compléter les 50 titres existants 
    • Des ouvrages pédagogiques sur les méthodes d’enseignement, compte tenu d’une population d’élèves en pleine évolution.
  • Ce qui fait défaut pour la gestion et la recherche documentaire
    • Un logiciel de gestion de base de données pour l’enregistrement des documents, la recherche documentaire et la gestion du prêt. 
    • Du matériel informatique
  • Ce qui fait le plus défaut aux personnels
    • Une formation particulière à la cotation dans l’immédiat. 
    • Une formation initiale et à terme un statut.

En conclusion

Le CDI du lycée Jean-Joseph Rabearivelo est sans doute l’un des mieux équipés de Madagascar. Le personnel fait un travail remarquable avec des moyens très modestes. Les élèves sont demandeurs de conseils, de documents, d’activités pédagogiques encadrées.

  • 500 élèves se rendent quotidiennement dans la grande salle de travail du CDI
  • Ils disposent essentiellement de manuels scolaires
  • Bureau 2 : relations avec les enseignants et prêts collectifs en classe
  • Le bureau de prêt à domicile
  • Salle de prêt (romans, documentaires)
  • Aperçu du mobilier
  • Étagères et armoires permettent un libre accès aux documents
  • Salle informatique du lycée

  

 

Pour conclure

Observations sur le métier de documentaliste et les pratiques documentaires

Les documentalistes sont généralement d’anciens enseignants. Il n’y a pas de recrutement spécifique, ni de statut attaché à cette profession. Ils bénéficient dans le meilleur des cas d’une formation courte (gestion, cotation...)
Leurs conditions de travail sont souvent difficiles : locaux très exigus ne permettant pas de recevoir les élèves, mobilier vétuste, inadapté et disparate.
Les fonds sont généralement insuffisants, pas toujours en bon état et limités le plus souvent à des manuels scolaires ne correspondant pas forcément aux programmes en vigueur.
Les documentalistes s’efforcent d’optimiser au mieux les équipements et les fonds disponibles et se soucient d’évaluer leurs activités.

  • Constitution du fonds
    • Chacun cherche à se procurer des documents dans le but de constituer des fonds à jour, en bon état et diversifié.
    • On observe une forte demande de partenariats, d’aide financière ou de dons en nature.
  • Mise à disposition des documents
    • L’essentiel des activités se concentre sur le prêt aux élèves, aux classes, généralement dans les locaux même de l’établissement.
    • On observe un grand souci pour coter et rationaliser le rangement afin d’optimiser le prêt et la consultation sur place.
  • Évaluation des activités 
    • Des statistiques quotidiennes, hebdomadaires, mensuelles et annuelles sont établies qui comptabilisent le turn-over des documents.
    • On observe la tenue très précise et méticuleuse de registres de présence des élèves et de registres de prêt par document, par élève, par classe, par enseignant.
  • Les activités pédagogiques en direction des classes semblent peu développées.

Quelques perspectives

L’importance de l’accès aux livres dans la réussite scolaire des élèves a souvent été démontrée. Dès 1999, le Plan « Éducation pour tous » cherche à doter enseignant et élèves de manuels scolaires.

En 2002, un « Manuel de prise en main d’une petite bibliothèque », publié par la direction de l’enseignement scolaire, donne les conseils essentiels en ce qui concerne le traitement des documents et l’équipement des locaux. Le document fournit un ensemble de fiches techniques assorties de schémas pour réaliser du mobilier de bibliothèque (étagères à livres, simple et double face, présentoirs de revues, panneaux d’information ou d’exposition, bacs à albums).Il insiste sur la nécessité de favoriser la production sur place de ces équipements pour éviter l’importation de matériel à des coûts souvent élevés. La fabrication locale permet d’utiliser les ressources locales (créer un service technique, utiliser une PME..) et les matériaux produits dans le pays, tout en privilégiant la robustesse, la fiabilité et l’adéquation aux besoins.

Le MAP réaffirme la nécessité de construire ou d’améliorer les bibliothèques scolaires dans les lycées et les collèges, ce qui implique aussi d’organiser l’espace et de renouveler le mobilier. Les établissements techniques ou professionnels pourraient être en mesure de mettre leurs savoir-faire techniques et professionnels chacun dans leur domaine au service des autres établissements, dans un esprit de partage et d’échanges.

La révision des programmes du collège et du lycée envisagée dans le MAP induit que les manuels scolaires correspondants devront être rédigés, édités. Les documentalistes de CDI pourront alors gérer et exploiter un fonds documentaire renouvelé et actualisé pour le mettre à disposition des élèves. Sur cette base, il sera essentiel de diversifier les documents en faisant appel à des partenariats publics ou privés ou à l’aide internationale. Dans les lycées où seront introduites les TIC, les nouvelles formes d’accès à l’information devront être exploitées pour préparer les élèves à la société de l’information.

Il serait utile de mettre en réseau différents CDI afin que des mécanismes d’entraide et de co-formation puissent voir le jour. Et pourquoi ne pas faire appel à des réseaux de professionnels dans les pays plus favorisés pour que les compétences des uns soient mises à disposition des besoins des autres. Des documentalistes qui enverraient des cartons de livres en ayant pris soin de les trier en fonction des programmes, de les inventorier et de les coter faciliteraient leur exploitation. Il y aurait une valeur ajoutée au simple don. Il y a certainement d’autres pistes à explorer...

Il serait souhaitable d’accompagner et de fédérer les initiatives existantes sur place, d’initialiser une formation des enseignants et des documentalistes à la recherche et à l’exploitation de l’information, pour rendre les élèves plus aptes à affronter la complexité du monde qui les entoure. 

[1] L'AFIDES, association fondée à Montréal en 1983, permet aux personnels de direction francophones de la maternelle, du primaire et du secondaire, du public et du privé, de se donner, à travers une revue, un partage d'expériences et des rencontres, une identité professionnelle, une culture commune, une formation mutuelle et des liens de solidarité. Elle répond aussi au désir de rompre l'isolement lié à l'exercice de cette fonction, grâce à la création d'un espace d'amitié et du partage d'une même langue, le français.
Gérée par un Conseil d'Administration international, représentant 13 pays francophones répartis sur trois continents, l'AFIDES compte des sections nationales dans plusieurs régions ou pays francophones. Elle compte aussi des membres dans plus de 40 autres pays.
L'AFIDES, est reconnue par l'UNESCO, comme Organisation Internationale Non Gouvernementale (OING), et participe ainsi aux efforts de l'UNESCO dans la formation des chefs d'établissement, pour favoriser la réussite dans les systèmes scolaires des pays francophones.

[2]« Millenium Development Goals indicators » à consulter sur le site de la division des statistiques des Nations Unies
Ouvre ce lien externe dans une nouvelle fenêtrehttp://mdgs.un.org/unsd/mdg/

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