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Par Carole Tilbian,
CRDP de l'académie de Lyon
Mots clés : Etats-Unis , bibliothèque , international
Cette interview de Laura Pearle bibliothécaire scolaire, 
Kaskel Library,
Hackley School (Tarrytown, Etat de New-York) a été réalisée par mèl. J'ai fait le choix d'utiliser la terminologie française pour les différents niveaux scolaires : primaire pour la "Lower School" ; collège pour la "Middle School" ; lycée pour la "Upper School".
Laura Pearle : Hackley School se situe dans une zone péri urbaine, à 40 kilomètres au nord de New York.
Il s'agit d'un établissement privé ouvert à toutes les confessions, sans programme d'instruction religieuse d'aucune sorte, ce qui le différencie d'autres écoles privées.
L'établissement accueille à peu près 850 élèves, âgés de 5 à 18 ans. Il regroupe les trois niveaux d'enseignement : primaire, collège (environ 230 élèves), lycée (environ 370 élèves).
Les cours ont lieu sur cinq jours complets, du lundi au vendredi.
L'école propose également de nombreuses activités extrascolaires (ateliers de musique, de théâtre, d'arts plastiques ; clubs d'échecs, de yoga, de tennis...).
Laura Pearle : La bibliothèque scolaire est ouverte aux élèves du lundi au jeudi de 8h00 à 18h00 et le vendredi de 8h00 à 16h30. Cinq personnes en assurent la gestion et l'animation ; trois personnes travaillent à temps plein, deux bibliothécaires scolaires - dont moi - et un assistant ; deux autres bibliothécaires travaillent à mi-temps. En outre, cette année, une quinzaine de parents volontaires nous apportent leur aide.
Nous mettons à la disposition des élèves à peu près 40 000 documents (tous supports confondus), dont 29 000 livres. Nous sommes abonnés à une centaine de périodiques et nous proposons l'accès à plus de cinquante bases de données en ligne (voir la liste sur le site internet de la bibliothèque).
En ce qui concerne les bases de données, certains abonnements sont pris en charge par le Ministère de l'Education de l'Etat de New York, d'autres par un consortium du comté de Westchester.
En outre, trois postes informatiques sont réservés aux élèves, tous reliés à Internet. Ils peuvent naviguer librement, consulter le catalogue de la bibliothèque, accéder aux bases de données.
Enfin, grâce au site Internet, après identification, les élèves peuvent accéder à nos ressources en ligne depuis leur domicile.
Laura Pearle : J'ai suivi un cursus en Sciences Politiques, jusqu'à l'obtention du diplôme de Bachelor of Arts (qui sanctionne un cursus de quatre années) puis une formation en Sciences de l'Information jusqu'à mon accréditation comme MLS ("Media Library Specialist"). J'exerce depuis dix ans.
Laura Pearle : L'établissement est plutôt généreux envers sa bibliothèque. Comme c'est souvent le cas dans les écoles privées, aux Etats-Unis, les responsables sont conscients qu'il est utile de bénéficier d'une bonne bibliothèque scolaire, avec un espace réservé, du personnel qualifié et des fonds.
Au budget octroyé par le service gestionnaire de l'établissement, il faut ajouter les subventions fédérales dont nous bénéficions dans le cadre de programmes nationaux de dotations (programmes "No Child Left Behind" et "Enhancing Education Through Technology"1). Ainsi, pour l'année 2004-2005, je dispose d'un budget total de 90 000$. C'est évidemment une grande chance. Ce montant est sans commune mesure avec ceux que les districts scolaires peuvent allouer aux établissements publics.
Ceci dit, comme dans beaucoup d'autres bibliothèques scolaires, une faible partie du budget est consacrée aux ressources imprimées. Je considère que plus d'un tiers de mon fonds livresque est obsolète.
Je regrette également que nous n'ayons pas davantage de postes informatiques au sein de la bibliothèque, dédiés à la recherche d'informations. Comme la bibliothèque se trouve tout près des laboratoires de technologie, les élèves empruntent parfois les ordinateurs portables de ces salles pour venir effectuer leurs recherches documentaires à la bibliothèque.
Laura Pearle : Nous essayons de donner aux élèves des compétences en matière de recherche d'informations, individuellement ou en classe entière. Nous apprenons aux élèves à se servir des index ; à établir une bibliographie etc...
En partenariat avec les professeurs d'anglais, au niveau collège, nous organisons une fois par mois des discussions littéraires.
Cela fait partie du projet de l'établissement : former des élèves compétents en matière de recherche documentaire et développer leur goût pour la lecture-plaisir.
Je crois que la majorité des enseignants de discipline me considère comme leur égale, comme un vrai partenaire pédagogique. Bien sûr, une partie de mon temps est consacré à leur fournir les documents dont ils ont besoin mais cela ne me réduit pas à un fournisseur d'informations.
Laura Pearle : Tous nos élèves bénéficient d'une carte d'adhérent auprès des bibliothèques publiques locales, ce qui leur permet d'accéder à leurs bases de données. Nous participons également au prêt entre bibliothèques.
En ce qui concerne les parents, les portes de la bibliothèque ne leur sont pas fermées ; ils ont le droit d'emprunter des ouvrages de la bibliothèque.