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Interview de Sue Johston

Par Carole Tilbian,
CRDP de l'Académie de Lyon [2001]

Mots clés : Etats-Unis , bibliothèque , international

Bibliothèque de Central High School. Vue générale
Bibliothèque de Central High School. Vue générale

Cette interview de Sue Johston, bibliothécaire scolaire, Ouvre ce lien externe dans une nouvelle fenêtreCentral High School (Aberdeen, Dakota du sud) a été réalisée par mèl. J'ai fait le choix, après traduction, de regrouper les informations qui se recoupaient ou se complétaient dans une seule réponse, lorsque Sue Johnston me les avait fournies de manière plus éclatée.

 

Pouvez-vous nous présenter l'établissement dans lequel vous travaillez ?

Sue Johnston : Central High School se situe dans une zone rurale, dans le Dakota du Sud. Nous nous sommes récemment installés dans de tout nouveaux locaux, plus vastes, plus modernes.
L'établissement accueille à peu près 1200 élèves, âgés de 14 à 18 ans, issus de classes moyennes et ouvrières.
Une centaine d'adultes, toutes catégories confondues (employés administratifs, personnels de santé et de cuisine) travaille pour l'école, dont 70 enseignants.
Comme beaucoup d'établissements américains, l'école propose de nombreuses activités extrascolaires (échecs, théâtre, atelier d'écriture, musique, auxquelles s'ajoutent les diverses pratiques sportives).

Et la bibliothèque scolaire ?

Sue Johnston : La bibliothèque scolaire est ouverte aux élèves de 7h30 à 16h00. Nous sommes deux à en assurer la gestion et l'animation : moi, qui suis bibliothécaire scolaire, et un assistant qui ne possède pas de certificat professionnel. En outre, des volontaires viennent nous apporter leur aide, 4 heures par semaine.

Nous mettons à la disposition des élèves à peu près 18 000 documents (tous supports confondus), dont 17 000 livres.
En outre, 18 postes informatiques sont réservés aux élèves, tous reliés à Internet. Ils peuvent naviguer librement et consulter le catalogue de la bibliothèque ; en se connectant à Ouvre ce lien externe dans une nouvelle fenêtrela page de la bibliothèque, ils ont également accès à une sélection de sites et de bases de données.

Quel est votre parcours ?

Sue Johnston : J'ai suivi des études en Sciences de l'Information. Je suis titulaire d'un master. J'exerce, depuis 30 ans, le métier de bibliothécaire scolaire. En 30 ans, j'ai travaillé dans quatre districts scolaires différents.

De quel budget disposez-vous ? Cela vous semble-t-il suffisant ? D'où viennent ces fonds ?

Sue Johnston : Le budget annuel de la bibliothèque s'élève à 2600$, pour s'approvisionner en fournitures et ressources. Compte-tenu de l'augmentation du prix des livres et de la cherté des abonnements aux bases de données en ligne, ce budget me semble insuffisant. Il n'a d'ailleurs pas augmenté depuis 1996.
Cela explique qu'une bonne partie de mon fonds livresque manque d'actualité.

Les ressources budgétaires de la bibliothèque proviennent du district auxquelles il faut ajouter quelques dons et le soutien financier des associations de parents.

Quels types d'activités pédagogiques engagez-vous auprès des élèves ?  Comment travaillez-vous avec les enseignants de discipline ?

Sue Johnston : J'aide les élèves qui viennent à la bibliothèque mais j'assure aussi des séances en classe.
J'apprends aux élèves à se servir de la page d'accueil de la bibliothèque pour accéder à des ressources qui les intéresseront. Je leur enseigne comment citer leurs sources. J'organise des séances pour les inciter à lire : discussions autour des livres ; présentation d'ouvrages.

Ceci dit, je pense que la majorité des enseignants de discipline ne me considèrent pas vraiment comme leur égale en tant que partenaire pédagogique. La plupart ne voient en moi qu'une personne-ressource, qui leur fournit, ainsi qu'aux élèves, les documents dont ils ont besoin. Il me semble qu'il y a encore de gros progrès à faire dans ce domaine : les membres administratifs comme les enseignants, notamment les jeunes, devraient avoir plus conscience du rôle que la bibliothèque scolaire peut jouer sur le plan pédagogique.  

Plus généralement, que pensez-vous de la situation des bibliothèques scolaires aux Etats-Unis ?

Sue Johnston : Il me semble que le rôle assigné à la bibliothèque scolaire a changé, notamment à cause de l'introduction massive de la technologie. En effet, depuis plusieurs années, les efforts d'équipement portent surtout sur les ordinateurs et l'accès à internet. On dépense beaucoup plus pour la technologie que pour nos collections, particulièrement dans mon district. Cette politique repose sur une conception erronée selon laquelle les ordinateurs pourraient remplacer la bibliothèque et les ressources électroniques, les livres. Cela est faux !

Pourtant, des études ont été menées dans tout le pays qui prouvent statistiquement que les bibliothèques scolaires ont un impact réel sur la réussite des élèves. De plus, l'ALA -qui est la principale association professionnelle- a pris position pour que chaque école se dote d'un service de bibliothèque scolaire de qualité. Pensez-vous que ces enquêtes et ces recommandations soient connues ?

Sue Johnston : Je pense que les décideurs connaissent ces enquêtes mais qu'ils ne les prennent pas en compte lorsqu'il s'agit d'accorder des crédits pour les collections et le recrutement de personnel.

Quant aux recommandations de l'ALA, je doute que le Ministère de l'Education du Dakota du sud les prenne en considération. Dans cet Etat, aucun texte n'impose aux écoles d'avoir une bibliothèque scolaire. Le Ministère de l'Education laisse aux districts scolaires le choix de rendre ce service obligatoire ou non, et, dans les plus petits districts, la plupart des écoles n'ont pas de bibliothèques scolaires à proprement parler.

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