Etat des lieux

par Stéphane Moronval,
Documentaliste au collège Jean-Moulin (Moreuil 80) [janvier 2007]

Mots clés : politique documentaire

Sommaire

M. Le Principal, Marc Flecher et Stéphane Moronval Documentaliste au collège Jean-Moulin (Moreuil 80)
M. Le Principal, Marc Flecher et Stéphane Moronval Documentaliste au collège Jean-Moulin (Moreuil 80)

Sommaire du dossier
Etat des lieux
Document préparatoire
Réalisation d'un diagnostic 
Synthèse du projet
Progression indicative
Projet CDI

1. Constats de départ

Présentation rapide du contexte et de l’environnement de l’établissement à la rentrée 2004

  • Le collège Jean Moulin de Moreuil compte à la rentrée 2004, 462 élèves et une trentaine d'enseignants (rentrée 2005 : 431 + 29 ). le recrutement est en grande partie rural (Moreuil: environ 3000 habitants + les villages environnants). L'établissement n'est pas classé ZEP, mais 58 % de sa population scolaire sont issus de PCS défavorisés (moyenne Somme : 51,6%); Les indicateurs du niveau scolaire des élèves sont en général légèrement inférieurs aux moyennes départementales. Concrètement, l'élève-type"  du collège est plutôt faible lecteur (par goût et/ou par difficulté), et manque de motivation…
  • Le CDI dispose de ressources limitées: caractère notoirement réduit, ancien et/ou inadapté de beaucoup d’entre elles; accessibilité pas toujours évidente; traitement documentaire souvent incomplet, ou inexistant. L’équipement informatique du collège, par contre, est bon.
  • L’environnement documentaire et culturel se réduit, localement au centre culturel et à la bibliothèque municipale de Moreuil, dont les personnels se montrent de très bonne volonté.
    Trouver des ressources culturelles plus riches impose de se rendre à Amiens (environ 25 km.).
  • Les relations du documentaliste avec la communauté éducative sont globalement bonnes. Le documentaliste est impliqué, à raison de 10h/semaine, dans des activités avec les 6ème (ATP+ « Heure de lecture »), en partenariat avec 1 ou 2 collègues à chaque fois, ce qui permet la mise en place d’habitudes de travail en commun. Revers de la médaille, ce qui est initialement fait pendant ces heures, qui représentent 1/3 du temps de travail du documentaliste, ne relève pas de ses tâches pédagogiques les plus évidentes (ATP : aide aux devoirs ; Lecture : activités de remédiation à l’aide d’une méthode pédagogique totalement innovante, « La lecture en couleurs ») ; et ce qui est fait avec les autres niveaux reste fatalement limité…

Le travail effectué en 2004-2005, ou les prémisses d’une politique documentaire

La rentrée 2004 voit un renouvellement important du personnel du Collège, avec l’arrivée d’une nouvelle équipe de direction, d’une nouvelle CPE et d’un nouveau documentaliste.
Dès septembre-octobre 2004, un nouveau projet CDI était défini. Ses objectifs étaient :

  • Au niveau des activités de gestion :
    • homogénéiser le traitement du fonds documentaire
    • le mettre en valeur et accroître son accessibilité et son utilisation (dont, au besoin, en remodelant l’espace interne du CDI)
    • poursuivre son renouvellement et son accroissement, entre autres, « virtuellement », en faisant appel aux partenaires extérieurs (BM, BDP, CRDP…)
  • Au niveau des activités pédagogiques et éducatives :
    • Mettre en place, en partenariat avec les professeurs disciplinaires, un apprentissage cohérent et progressif des différentes compétences documentaires, étroitement lié aux compétences disciplinaires, et dont le CDI constituera le support.

L’exécution de tous ces objectifs a été mise en œuvre avec la plus grande ouverture possible vis-à-vis de l’ensemble de la communauté éducative (au niveau communication et coopération), les choses restant toutefois très informelles, et progressives. Ainsi, la participation du documentaliste aux heures d’ATP et de lecture en 6ème a été réorientée dans ce sens. Par ailleurs, un certain nombre d’activités relevant du champ documentaire avait lieu dans l’établissement, en dehors de toute intervention du documentaliste : le collège est en effet richement doté en matériel informatique, bénéficie d’un réseau performant et de l’accès à certaines ressources en ligne, par le biais d’abonnements, entretient un site… toutes activités dans lesquelles s’investissaient plus ou moins certains collègues.

Il importait donc d’essayer d’apporter un peu plus de « punch » et de cohérence à l’ensemble.

C’est dans ce contexte que l’idée du développement d’une politique documentaire menée collectivement à l’échelle de l’établissement a fait son chemin. Les incitations réglementaires, les débats dans la profession, et surtout les interventions lors du colloque du 17/11/05 sur ce thème (au CRDP d’Amiens) ont été déterminants en ce sens. A la fin 2005, et après consultation du Principal du collège, le documentaliste a donc décidé d’intégrer les projets concernant le CDI dans l’objectif plus large du développement d’une politique documentaire d’établissement, officielle, reconnue par tous et si possible investie par le plus grand nombre.

2. Emergence et démarrage d’une véritable politique documentaire d’établissement

Travail de définition et de réflexion préalable

La notion de « politique documentaire », si elle était globalement comprise, restait néanmoins à définir dans le détail, au niveau de ses constituants et de ses modalités d’application. Cela a été l’objet d’un premier travail de la part du documentaliste. En est issu le document évoqué ci-dessous.
La politique documentaire étant par définition le fruit d’un travail collectif, restait à définir l’instance qui pourrait être amenée à en débattre et à l’animer, entre les officialisations régulières en Conseil d’Administration. De la concertation entre le chef d’établissement et le documentaliste a très vite découlé que cette instance devait avoir un caractère officiel et semi-permanent, des incitations de la part du documentaliste seul (même «couvert») risquant en effet de se heurter à des limites, classiques, en terme d’audience, et de conduire par ailleurs à une personnalisation et à une confiscation de la politique documentaire par le tandem CDI-documentaliste qui auraient été totalement inappropriées.
Dans cette optique est très vite ressorti l’intérêt du Conseil Pédagogique du Collège. Celui-ci, composé de l’équipe de direction et d’un membre d’à peu près toutes les disciplines, avait été constitué en septembre 2005. Une gestion satisfaisante de l’épineuse question du protocole de remplacement lui avait donné une certaine légitimité aux yeux des personnels, d’abord plutôt méfiants.

Mise en route officielle

Après discussion préalable avec le Principal du Collège, et avec son accord, la mise en place d’une politique documentaire propre à l’établissement a donc été un des thèmes abordés lors du Conseil Pédagogique du 12 janvier suivant. Le documentaliste a apporté les précisions nécessaires concernant la nature de cette politique et proposé des modalités de mise en œuvre (voir Document préparatoire à la mise en place d'une politique, qui a été remis aux participants).
L’accueil des collègues a été globalement positif. Après discussion, les étapes suivantes ont été définies :

  • Réalisation, essentiellement par le documentaliste, d’un questionnaire détaillé visant à dresser un bilan des ressources existantes et de leur utilisation, des apprentissages en savoirs et savoirs-faire documentaires dispensés aux élèves, des attentes et possibilités concernant ces deux domaines. Ce questionnaire devait être remis aux professeurs coordonnateurs et aux différents services (Vie Scolaire, AS, COP…), et appliqué aussi au CDI. Échéance : début mars.
  • Travail sur ces questionnaires au sein des différentes équipes disciplinaires et différents services. Échéance : début avril.
  • Premier bilan dressé lors du Conseil Pédagogique du 6 avril.
  • En fonction du diagnostic élaboré, organisation de deux réunions de travail visant à définir des objectifs collectifs en matière de gestion des ressources et en matière de mise en œuvre d’une formation des élèves aux compétences documentaires. Échéance : avant la fin de l’année scolaire.

Le programme étant fixé, il ne restait plus qu’à s’atteler à la tâche.

  • Le questionnaire prévu a été élaboré par le documentaliste pendant les vacances d’hiver. L’approche de la question de l’apprentissage des savoirs et savoirs-faire documentaires s’avérant plus difficile que prévu (cf. plus bas), l’unique thème abordé par ce questionnaire est celui des ressources et de leur utilisation. Introduit par un mot du Principal de l’établissement, il a été remis à l’ensemble des coordonnateurs disciplinaires et aux responsables des différents services (cf. Réalisation d'un diagnostic préalable par discipline ou service).
  • Les différentes équipes ont bénéficié des mois de mars et d’avril pour travailler sur ce questionnaire (la véritable difficulté s’avérant, non pas de remplir le questionnaire, mais de se concerter pour le faire…)
  • Le Conseil Pédagogique suivant, initialement prévu le 6 avril, et finalement reculé au 4 mai, n’a cependant fait qu’aborder très rapidement le thème de la politique documentaire. A cela plusieurs raisons :
    • 1/ l’ordre du jour, défini par le Principal, était déjà extrêmement chargé
    • 2/ tous les questionnaires n’avaient pas encore été retournés, malgré quelques relances, et pour des raisons diverses
    • 3/ Le documentaliste (il faut bien le reconnaître) n’avait pas avancé aussi vite qu'il l’avait prévu dans la préparation de ce dossier. Le documentaliste a néanmoins rappelé l’importance de ce chantier. Une réunion sur le projet d’établissement étant prévu le 13 mai suivant, il n’a cependant paradoxalement pas poussé à ce que le thème y soit explicitement abordé, comme l’a proposé l’équipe de direction. En effet, comme il a déjà été dit, le travail préparatoire ne lui semblait pas suffisamment avancé. D’autre part, le mode de réunion prévu étant le travail en commissions, il craignait que le thème n’ait de ce fait pas l’audience voulue. Le principe d’une réunion formellement et uniquement consacrée au sujet a par contre été réaffirmé ; par ailleurs, un autre conseil pédagogique était prévu avant la fin de l’année scolaire.

Accélération et formalisation du projet

Il était évident qu’il restait, à cette heure, un travail de réflexion plus fine à mener, visant à préciser, à structurer et/ou à formaliser les différents points de la politique déjà en place ou simplement esquissés. La réactualisation du projet d’établissement, à la mi-juin, fut l'échéance que nous décidâmes de nous donner. Une officialisation du projet de politique documentaire du collège dans celui-ci s'imposait en effet rapidement, tant que le sujet était «chaud», et pour permettre une mise en application rapide. La contrepartie était la brièveté de l'échéance, qui amena très vite à deux constatations complémentaires :

  • la période étant chargée en réunions (conseils de classe...), il allait être difficile d'en rajouter une spécialement dédiée à la définition du projet ; celle-ci allait (hélas) être le fait du seul documentaliste, avec consultation informelle des collègues...
  • le projet ainsi défini comporterait forcément des insuffisances.


C'est dans ces conditions que le document destiné à être soumis au CA a été élaboré entre la fin mai et la mi-juin (cf Progression indicative des différentes compétences documentaires, organiser la gestion collective des ressources, Faire acquérir aux élèves des compétences documentaires). Dans la droite ligne de ce qui avait été fait jusqu'ici, il s'organise autour de deux grands thèmes :

  • L'organisation de la gestion collective des ressources 
    Les grands axes ont été dégagés à partir du dépouillement du questionnaire et des besoins constatés par les collègues. 
    Ce sont :
    • la mutualisation du maximum de ressources documentaires, physiques et en ligne, existant au collège (enregistrement, réflexion sur l'accessibilité) [A remarquer que les ressources physiques détenues en dehors du CDI sont peu nombreuses], et des équipements permettant d'exploiter ces ressources
    • la mise en place d'une véritable politique collective d'acquisition... ce qui signifie en grande partie un intéressement direct des collègues à l'utilisation des crédits CDI, les crédits disciplinaires étant réduits... et en attendant de leur part, en contrepartie, une utilisation accrue du CDI ;
    • l'accroissement du vivier de prestataires de ressources extérieurs à l'établissement, pour compléter celles disponibles au collège ; formalisation d'une démarche déjà entamée, à l'échelle du CDI, avec le CRDP et la BM de Moreuil.
  • La mise en place d'une formation visant à faire acquérir aux élèves des compétences documentaires identifiées. 
    L’objectif est clair : organiser la formation des élèves à la culture de l’information et de la documentation ; formation qui doit être progressive de la 6ème à la 3ème, intégrée ou cohérente avec les enseignements disciplinaires, et formalisée. 
    Il s’agit d’abord de définir des compétences en terme de savoirs et savoirs-faire documentaires, ainsi que le niveau de classe auquel elles peuvent être abordées. Ce n’est pas le plus difficile : des référentiels ont déjà été élaborés par des collègues d’autres académies (Orléans-Tours, Versailles…). Il s’agit ensuite d’organiser la mise en place de l’apprentissage de ces compétences, en obtenant la pleine coopération de l’équipe enseignante. Cet aspect a très vite posé un certain nombre de problèmes au documentaliste :
    • comment trouver du temps pour préparer et assurer (même en collaboration) cet apprentissage, 10 h de son temps de travail étant déjà occupées par des interventions auprès des 6ème ?
    • et surtout, comment associer les professeurs à cette démarche ? Et quelle forme donner à cet apprentissage en 5è-4è-3è ? Faut-il cibler sur des compétences précises ? Ou sur un projet de recherche plus complexe ? Comment concilier la nécessaire souplesse induite par le recours à de multiples partenaires, avec des besoins et des attentes différentes, avec l'exigence d'une formation formalisée et progressive ?
      Le documentaliste souhaitait vivement bénéficier de l'éclairage des collègues sur ce point ; mais, comme il a été dit, le planning chargé ne nous a pas permis d'y consacrer une réunion spécifique.

Un premier progrès a néanmoins été enregistré suite à la réunion du 13 mai, dans le cadre de la commission « aide et soutien » : l’abandon de la participation du documentaliste à l’ATP, ce qui va libérer 5h/semaine l’année prochaine ; l'intervention du documentaliste auprès des 6ème devrait se limiter à une heure/sem./classe, auprès de demi-groupes, l’autre partie de la classe restant avec le professeur de Français (nouvelle organisation de l’heure anciennement de « Lecture »). Je décidai donc de consacrer cette heure à une première initiation aux savoirs et savoirs-faire documentaires de base, en essayant au maximum de mettre cet apprentissage en liaison avec les apprentissages documentaires.

Pour les 5è-4è-3è, une solution est vite apparue comme la plus viable pour l'instant, car la plus simple et la plus immédiatement « inclusive » dans les enseignements disciplinaires : mener, par classe, un projet de recherche de bout en bout, ce qui permet d'aborder toutes les étapes de la démarche, en mettant l'accent sur certaines (un projet étant bien sûr un minimum, et pas une limite). D'année en année, l'objectif est d'affiner et d'approfondir les compétences mises en oeuvre.

Toutes ces propositions ont fait l'objet des documents de synthèse. Présentées aux collègues présents lors du conseil pédagogique du 19 juin, elles ont rencontré leur approbation, ou tout au moins n'ont pas suscité d'opposition.

L'officialisation définitive : le vote du projet au CA

Le Conseil d'Administration de l'établissement s'est réuni le 27 juin suivant. Il était essentiellement consacré à l'examen du projet d'établissement 2006-2009, qui a été présenté par M. le Principal. Etant représentant élu du personnel, le documentaliste a apporté les précisions nécessaires concernant la notion de politique documentaire et le projet de l'établissement ; le volet pédagogique de celui-ci a suscité quelques questions des parents. Le projet d'établissement a finalement été voté à l'unanimité des présents.

Les perspectives

Le texte étant voté, il reste maintenant :

A le communiquer

La présentation du projet de politique documentaire du collège doit faire l'objet d'une intervention du documentaliste lors de la réunion-bilan de fin d'année qui réunira l'ensemble du personnel le lundi 3 juillet après-midi. Il va également s'efforcer d'intervenir dans les conseils d'enseignement pour rappeler ce qui est attendu des collègues.

A le mettre en place

Ce qui devrait être le cas à partir de la rentrée 2006... Concernant le volet pédagogique, le documentaliste a opté pour une mise en place progressive, dans un souci de cohérence pédagogique, et aussi pour avoir le temps de « tâter le terrain »...

A le compléter en fonction des insuffisances constatées

Concernant le volet « gestion », contrariété qu'il n'y ait guère de prise en compte du site internet du collège, de l'imprécision dans la définition des acteurs, peu de critères d'évaluation... ; concernant le volet pédagogique, l'expérience montrera si le modèle proposé est intéressant ; et là aussi, des modalités d'évaluation devront être définies rapidement...

3. A ce stade, quelques réflexions tirées de l'expérience

Même si nous n'en sommes donc qu'au début de la mise en application d'une politique documentaire formalisée, de premières conclusions peuvent être tirées des conditions de sa définition.
Il est clair, du point de vue du documentaliste, que celle-ci peut être un facteur de progrès dans l'accomplissement de ses missions, parce qu'elle intègre le potentiel du CDI dans une approche plus globale, à l'échelle de l'établissement ; elle peut permettre de « désectoriser » l'action du documentaliste : la mutualisation des ressources et la réflexion collective sur les conditions de leur exploitation peut permettre une meilleure utilisation de celles du CDI ; la mise en place d'un apprentissage documentaire gradué donne à celui-ci une cohérence que nos conditions d'exercice rendaient jusqu'ici assez illusoire. D'un point de vue plus général, être le maître d'oeuvre d'un tel projet (comme les textes nous y incitent, et comme cela a été le cas au collège) ne peut que renforcer la position du documentaliste dans l'établissement, et peut être une pierre en plus apportée au renforcement d'une image professionnelle pas forcément encore bien claire (eh oui !) aux yeux de certains collègues...
Cependant, ces évolutions peuvent par elles-mêmes avoir un effet pervers, si on n'y prend garde. En effet, la mise en place d’une réelle (c’est à dire officielle et collective) politique documentaire d’établissement, si elle fait l’objet d’incitations réglementaires fortes, ne peut pas être ressentie comme une obligation incontournable par toutes les composantes de la communauté éducative. Pas encore, en tout cas : pour l’instant, à notre connaissance, rien n’oblige vraiment les équipes disciplinaires à s’y intéresser, et à s’y impliquer : quelques recommandations plus ou moins appuyées au hasard des inspections peut-être, mais pas de circulaire des IPR des disciplines d’enseignement, pas de texte réglementaire du Ministère... Et, si la majorité des collègues ont indéniablement le sens du collectif, certains peuvent difficilement percevoir l’intérêt de s’investir dans une action consommatrice de temps, alors qu’elle ne semble justifiée par aucune urgence (comme pourrait l’être un problème de vie scolaire par exemple), et que ses effets peuvent apparaître comme initialement limités. En pratique, sa mise en place repose donc sur l’investissement du documentaliste, qui est supposé être le plus sensibilisé à la chose, et sur le bon vouloir du chef d’établissement, sans lequel rien n’est possible.
Pas forcément perçue comme indispensable, la politique documentaire n'intéresse pas forcément ; sa nature reste mystérieuse aux yeux de certains collègues, et son caractère collectif, fort limité. Le corollaire de cela est que le documentaliste a tendance à en être l'unique promoteur (avec la somme de travail que cela représente). Etre élevé au rang d'expert en documentation à l'échelle de l'établissement, pourquoi pas ? Le problème est que cette charge de travail vient s'ajouter à toutes celles déjà engendrées par la gestion du CDI (pour lequel un projet continue d'exister, même s'il se conforme aux orientations du projet de politique documentaire ; (cf Projet CDI) comme pôle de ressources et lieu pédagogique ; et peut s'exercer (expérimenté cette année) à leurs dépens...

Nous n'en sommes, il est vrai, qu'au début de l'action, et les choses peuvent évoluer. Mais à ce stade, deux points me semblent donc demander amélioration :

  • l'implication des collègues de discipline (même si, il est vrai, la précipitation dans laquelle le projet a été rédigé n'a pas aidé)... Le Conseil Pédagogique m'est apparu, indéniablement, comme un moyen de communication indispensable cette année... Mais il ne se réunit que ponctuellement et, dans les faits, tous les collègues ne se sentent pas forcément concernés par ce qui s'y dit... Une incitation forte des inspections, peut-être ?
  • l'aménagement des conditions d'exercice du documentaliste, pour lequel le temps de conception, concertation, etc... induit par une politique menée à l'échelle de l'établissement se concilie difficilement avec les 30h de présence face aux élèves, dont peut déjà pâtir la gestion du CDI... Sur ce point, comme bien d'autres, une clarification de nos conditions d'exercice ne serait pas superflue.
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