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Par Carole Détain,
CRDP de l'académie d'Amiens
Novembre 2009
Mots clés : bande dessinée , écrivain
Pascal Mériaux : Lecteur assidu et passionné depuis longtemps, j'ai créé les Rendez-Vous de la Bande Dessinée avec quelques amis en 1995 ( voir site On a marché sur la bulle : http://bd.amiens.com/). J'en suis devenu le premier permanent, puis le directeur, en janvier 2000. Aujourd'hui, la structure compte 9 permanents et travaille toute l'année à la promotion de la lecture de la bande dessinée.
Pascal Mériaux : L'intérêt des éditeurs est, dans la plupart des cas, l'opportunité de présenter un livre de bande dessinée qui dispose déjà d'une notoriété auprès du public, d'une image dans l'imaginaire collectif (un cas extrême de cette notoriété pré-établie peut être trouvée par exemple dans l'adaptation récente en bande dessinée du Petit Prince de Saint-Exupéry). Dans le contexte actuel de surproduction, les éditeurs voient cela comme une promotion sans frais.
Du côté des auteurs, il y a ceux qui se rangent aux arguments des éditeurs, et profitent des offres de ces derniers pour signer des livres. D'autre part, il y a ceux qui, touchés par une œuvre littéraire, envisagent d'en donner une vision personnelle...
Pascal Mériaux : Etre auteur, c'est faire état d'un point de vue sur le monde, sur les choses, sur les gens. Dans le cadre d'une adaptation d'œuvre littéraire, la problématique est la-même : quel regard vais-je porter en tant qu'auteur sur le texte d'origine, sur sa dynamique, que vais-je amener, ou pas, quels éléments vais-je mettre en avant, quels éléments vais-je mettre de côté, et dans quel but...
Pascal Mériaux : On peut réussir une adaptation en restant dans la fidélité au texte d'origine, ou en revisitant complètement l'œuvre, pourvu que cette notion de point de vue de l'adaptateur soir préservée et recevable par le lecteur.
Pascal Mériaux : Je ne parlerais pas ici de genre, on peut adapter des polars, de la science-fiction, du théâtre classique, de la littérature jeunesse ou des fables en bande dessinée. Quant à l'usage pédagogique éventuel, il échappe par définition à l'auteur : aux enseignants d'en tirer des leçons, à la fois sur la fabrique de la bande dessinée (comment l'auteur passe-t-il d'un médium à l'autre) et sur la bande dessinée elle-même. Alors que la bande dessinée est encore assez méconnue des enseignants pour tout ce qui concerne son histoire et ses codes, les adaptations offrent une façon rassurante de l'aborder, avec un matériau de base que le monde de l'éducation connaît bien mieux. C'est donc une porte d'entrée vers la bande dessinée, à condition d'aller plus loin que le simple catalogue des différences et ressemblances entre les deux versions de l'œuvre. Quant à l'idée de « populariser » des œuvres de littérature en les adaptant en bande dessinée, l'idée a fait long feu : comme dans le lien entre cinéma et littérature, les deux modes d'expression se font écho sans être un outil de promotion l'un de l'autre.