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Par Carole Détain,
CRDP de l'Académie d'Amiens
[octobre 2009]
Mots clés : bande dessinée , écrivain
Philippe Tomblaine : Un DEA en Histoire ancienne et une passion conjuguée pour la Bande Dessinée, le Cinéma et la trame narrative de manière générale m'auront amené à travailler dans tous ces domaines (cf. mon site
http://couverturedebd.over-blog.com/ )... Pour finalement venir vivre à Angoulême en 2000 où j'ai évidemment développé des liens et affinités. La Bande Dessinée m'a toujours paru incroyablement riche, aussi bien pour l'imaginaire que pour l'apport de connaissances diverses. Son approche analytique, et les passerelles entre Médias ou Littératures pouvant en découler, donnent matière... à réflexion !
Philippe Tomblaine : Cet engouement n'est pas nouveau, mais il est plus diversifié qu'auparavant, aidé en cela par une pagination plus libre et un choix des auteurs plus éclectique (adapter Peter Pan, Gilgamesh ou Pierre Mc Orlan, ce n'est pas la même chose !).
Philippe Tomblaine : Logiquement la perception de l"oeuvre par un autre auteur, sinon plusieurs (scénariste et dessinateur), impose un changement dans la forme et le style, sans trahir pour autant l'esprit originel. La difficulté est sans doute d'arriver à un équilibre entre la représentation visuelle et les dialogues : une seule case peut "remplacer" 3 pages d'un roman, mais il en va autrement pour des paroles souvent ciselés ou trop connus pour être amputés.
La recréation peut être intéressante quand elle explore des chemins inexplorés par l'oeuvre adaptée : c'est la mode des prequelles (la jeunesse et les origines des héros clasiques) et sequels (que sont-ils devenus, 5 ou... 20 ans après, comme l'a fait Dumas), qui permet d'ailleurs très souvent une relecture plus pointilleuse du récit "premier".
Philippe Tomblaine : Une bonne adaptation, c'est celle qui apporte le point de vue des nouveaux auteurs sur l'oeuvre adaptée. Il faut aussi que l'oeuvre soit "reconnaissable" dans ses traits les plus emblématiques, et ne trahissent pas les personnages principaux. L'avantage de la BD, c'est que la lecture n'est pas détournée comme au cinéma par les effets sonores ou la musique : tout doit faire sens dans un espace scénique réduit qui est la planche (beaucoup d'auteurs rapprochent le 9ème Art du théâtre, plus que du cinéma), et où l'action des personnages peut être relue. Quand le "livre adapte le livre", il faut pour les auteurs se glisser subtilement entre mots et émotions...
Philippe Tomblaine : Il est peut être plus "simple" et surtout plus rapide de faire découvrir L'Ile au trésor ou Le Tour du monde en 80 jours à des collégiens avec un album récent, qui leur donnera plus envie "d'entrer dedans". Une analyse de séquence peut aussi prendre pour cadre des éléments fondamentaux propres à la BD : couverture, pages de garde, planche ou double planche, etc.
L'intérêt pédagogique c'est aussi de montrer une certaine évidence de la transmission d'un patrimoine : le roman écrit au 19ème siècle ou la pièce de Molière se lisent encore en 2009, se retrouvent en BD, en film ou en jeu vidéo, et leur connaissance est donc fondamentale pour établir une culture commune.