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Interview d'Emmanuel Davidenkoff

Par SavoirsCDI,
[mai 2005]

Mots clés : blog

Emmanuel Davidenkoff [photo : Radio France, Bruno Sabastia]
Emmanuel Davidenkoff [photo : Radio France, Bruno Sabastia]

"Carnet de correspondance",
le blog Education de Libé
sur
Ouvre ce lien externe dans une nouvelle fenêtrehttp://education.blogs.liberation.fr/carnet/
Emmanuel Davidenkoff
Libération
11, rue Béranger
75003 Paris
Ouvre ce lien externe dans une nouvelle fenêtrehttp://www.liberation.fr

Pouvez en quelques mots vous présenter et préciser quel a été votre parcours professionnel ?

Emmanuel Davidenkoff : J'ai bientôt 36 ans et suis journaliste depuis 15 ans. J'ai toujours travaillé sur les questions d'éducation ou de formation, même quand je suivais d'autres sujets à côté (société et culture).
Actuellement, je réalise une chronique quotidienne sur France Info (depuis 1997) et travaille à Libération (depuis 2000). J'enseigne aussi, le journalisme, à l'école de Sciences Po.

Pouvez-vous nous rappeler en quelques mots ce qu'est un blog ?

Emmanuel Davidenkoff : Vaste question ! Celui que j'ai ouvert s'apparenterait à un "journal de bord" professionnel. Formellement, il s'agit d'un site internet qui offre aux internautes la possibilité de "commenter" les notes rédigées par l'auteur. Il se distingue du forum (où il y a un modérateur mais pas un "animateur" qui joue les maîtres de cérémonie) ou du chat (pas de temps réel).

Pourquoi vous, journaliste, avez-vous choisi ce nouveau mode de communication ? est-ce le plaisir d'écrire sans trop de contrainte ? une façon de libérer votre plume ?

Emmanuel Davidenkoff : Ni le plaisir d'écrire sans contrainte, ni une libération de la plume. Le blog a ses contraintes formelles (même si on ne traque pas le signe en trop, on essaye de ne pas faire trop long) et la plume y est également tenue : je suis et reste journaliste dans cet exercice (pour le dire vite : je ne peux pas, par exemple, colporter ou lancer des rumeurs).
Mon idée, en créant cet espace, était plutôt de nouer un autre lien avec les lecteurs. Les médias en général et la presse écrite en particulier souffrent d'un discrédit inquiétant. Dévoiler les cuisines de l'info, montrer la "fabrique", est une réponse parmi d'autres à ce discrédit : autorisons les lecteurs à douter, à interroger, à critiquer, et rendons ces interrogations accessibles à tous.
Le sujet que je suis (l'éducation) est idéal pour cela : beaucoup de voix sont légitimes.

L'aspect communautaire vous séduit-il ?

Emmanuel Davidenkoff : Je ne l'ai pas mesuré au début. Il émerge lentement, et cela m'amuse de voir les gens se/me tutoyer. Mais j'ai aussi reçu un commentaire qui trouve que le blog est trop difficile d'accès, qu'il y a trop "d'entre soi". Et cela me contrarie.

Ecrivez-vous différemment un article de presse et un article de blog ? Y-a-t-il de votre point de vue une spécificité d'écriture ?

Emmanuel Davidenkoff : Ecriture plus "parlée", plus proche du mail que de l'article, oui. Et recours, parfois, au "je". Mais fondamentalement, la question est exactement la même : comment intéresser le lecteur ? Et l'exigence d'exactitude demeure (je joue - et à travers moi Libé - une part de ma crédibilité).

Comment choisissez-vous les sujets de débat ?

Emmanuel Davidenkoff : Pas de règle. Mais ils vont beaucoup plus chercher dans les à-côtés, y compris personnels, de mon rapport à l'école.

Faites-vous relire vos papiers avant publication ?

Emmanuel Davidenkoff : Non

De votre point de vue est-ce une mode passagère ou, un vrai phénomène social ?

Emmanuel Davidenkoff : Je ne sais pas.

Êtes-vous vous même lecteur de blogs ?

Emmanuel Davidenkoff : Oui... mais pas assez à mon goût, faute de temps...

Quel bilan faites-vous aujourd'hui de votre carnet web ?

Emmanuel Davidenkoff : Encourageant. L'audience monte tranquillement et je trouve que beaucoup de commentaires sont passionnants. C'est essentiel : un blog est une oeuvre collective !

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