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Il était une fois… le piano

Pratiques artistiques et histoire des arts-français / cycle 2

Par Maguy Teillout, conseillère pédagogique

DOCUMENTS

Les possibilités expressives et évocatrices du piano

DOCS A, B et C Les Rêves de Petit Cheval, Leigh Sauerwein, ill. Christine Destours et Aurélia Fronty, mis en musique par Isabelle Aboulker, Éditions Gallimard Jeunesse, 2007 (coll. Mes premières découvertes de la musique).

Les instruments à clavier

DOC D, E, F et G Faustine et les Ogres ou les Claviers, Leigh Sauerwein, ill. Georg Hallensleben et Pierre-Marie Valat, mis en musique par Éric Tanguy, Éditions Gallimard Jeunesse, 2007 (coll. Mes premières découvertes de la musique).

ANALYSES DES DOCUMENTS

Les possibilités expressives et évocatrices du piano

La collection « Mes premières découvertes de la musique » chez Gallimard Jeunesse, série de contes musicaux écrits avec des musiciens contemporains, se propose d’initier les jeunes enfants à la musique. Le livre-CD Le Rêve de Petit Cheval de Leigh Sauerwein, illustré par Christine Destours et Aurélia Fronty, permet de leur faire découvrir les possibilités expressives et évocatrices du piano. Dans cette courte pièce dramatique, la musicienne Isabelle Aboulker met en scène un poulain qui rêve d’une vie différente. Ce CD comporte 21 plages musicales dont 7 relèvent du conte musical et 14 sont des exemples musicaux.
Les activités proposées ci-dessous permettent de faire comprendre aux plus jeunes que la musique jouée au piano peut évoquer des situations ou des sentiments contrastés.

Découvrir le conte à partir des docs A, B, C et en imaginer la suite et une fin. Les élèves observent et lisent les docs proposés. Le doc A pose la situation et la quête du personnage central, Petit Cheval ; le doc B révèle le désir du personnage introduit par la formule « Si j’avais… » ; le doc C ouvre l’imaginaire vers des rêves de changement d’état. Après la lecture de ces documents et la vérification de leur compréhension, l’enseignant propose aux élèves d’imaginer la suite de cette histoire et de l’illustrer.

Improviser sur les instruments pour évoquer un état du rêve de Petit Cheval. Chaque élève choisit un état du personnage parmi ceux présentés par les docs de A à C. Il en recherche individuellement l’évocation en improvisant sur l’un des instruments disponibles dans la classe. Alors que l’un d’entre eux joue, les autres tentent de l’identifier. L’enseignant invite les élèves à préciser les éléments musicaux qui ont permis la reconnaissance (choix du timbre, des nuances, du mode de jeu, etc.). Les différents jeux instrumentaux utilisés lors de ces essais permettent de sensibiliser à la version musicale du conte.

Découvrir progressivement le timbre du piano et ses différentes possibilités de jeu à travers l’écoute du conte musical. L’écoute peut se dérouler en quatre temps.
Écoute 1 (plage 1) • Situation initiale. Présentation des différents personnages : Petit Cheval et sa mère sont dans une prairie, mais Petit Cheval n’est pas content de son sort. Cette première écoute silencieuse permet de découvrir le timbre du piano. Lors d’une deuxième écoute, les élèves portent leur attention sur les éléments musicaux. Le piano joue une mélodie simple et calme évoquant les deux chevaux, jouée deux fois. Les soupirs de Petit Cheval sont évoqués par des accords arpégés (exemple plage 15). La reprise du début de la mélodie en fin de plage correspond à la question « Tu n’es pas bien ici ? ».
Écoute 2 (plages 2 à 5) • Les actions de transformation. Le personnage se présente d’abord sous la forme d’un cheval ailé, puis d’un cheval géant et enfin d’un cheval-fée. Les improvisations réalisées dans l’activité précédente sensibilisent aux différents procédés musicaux utilisés par Isabelle Aboulker pour exprimer les variations du personnage. Le cheval ailé est évoqué avec le piano joué dans le registre aigu ; l’envol est suggéré par des gammes ascendantes (plage 15). Le cheval géant est évoqué par un jeu dans la nuance forte, dans le registre grave (plage 13), avec des accords (plage 12), des arpèges (plage 11). Pour le cheval-fée, Isabelle Aboulker utilise des sons courts dans le registre aigu, dans la nuance piano et des gammes chromatiques (plage 10).
Écoute 3 (plage 6) • Dernière transformation. Pour l’évocation du cheval de feu, la musique marie à la fois le registre grave comme dans le cheval géant et les gammes comme dans le cheval ailé, le tout dans la nuance forte.
Écoute 4 (plage 7) • Le dénouement. Petit Cheval a fait un rêve et se réveille auprès de sa mère. La musique est similaire à celle de la situation initiale.

Notions à découvrir. Une gamme fait entendre l’enchaînement de notes conjointes (do, ré, mi, fa, sol, la, si, do). On peut monter (gamme ascendante) ou descendre (gamme descendante) la gamme. Dans la gamme chromatique, les notes s’enchaînent par demi-tons (alternance des notes noires et blanches du clavier). Un accord est un ensemble d’au moins trois notes jouées simultanément qui forment un ensemble souvent harmonieux. Un arpège est une série de notes qui formeraient un accord si elles étaient jouées ensemble. Jouer dans le grave, c’est jouer les sons à gauche du clavier. Jouer dans l’aigu, c’est jouer à droite du clavier.

S’imprégner de musique extraite d’un répertoire romantique pour piano. En feuilletant l’album, on aide à mémoriser les différents épisodes, puis on écoute le conte musical en entier. En liaison avec cette première approche, l’écoute indépendante des plages 17 à 21 permet une approche ludique d’œuvres célèbres comme des extraits du concerto dit Jeunehomme de Mozart dans lequel le piano dialogue avec un orchestre, ainsi qu’un extrait d’un Nocturne de Chopin et un extrait de la Danse hongroise n° 1 de Brahms.

 

Les instruments à clavier

Faustine et les Ogres ou les Claviers, livre-CD de Leigh Sauerwein illustré par Georg Hallensleben et Pierre-Maris Valat, fait partie de la même collection de contes musicaux de Gallimard Jeunesse. Il permet de faire découvrir les possibilités expressives et évocatrices des différents instruments à clavier. Le CD comporte une seule plage qui contient à la fois le conte musical et des exemples musicaux. Dans cette courte pièce dramatique, le musicien Éric Tanguy met en scène l’enlèvement d’une petite fille, Faustine, par des ogres et utilise l’orgue, le clavecin, le piano, le célesta, le vibraphone et le glockenspiel.
L’orgue est un instrument aux sonorités puissantes, ce qui lui permet d’évoquer des ogres. Ancêtre de toute cette famille d’instruments, il se compose de plusieurs claviers, d’un pédalier, et, alimentés par une soufflerie, de tuyaux d’où sortent les sons, répartis en « jeux » ou « registres » (image 1). Chaque tuyau dispose d’une petite tirette, commandée par le clavier, rappelée par un ressort qui permet de faire entrer l’air et de produire le son (image 2).

Tuyaux de l'instrumentIntérieur de l'orgue
© Maguy Teillout

Clavier
© Maguy Teillout

Le clavecin est un instrument de musique à cordes muni d’un ou de plusieurs claviers dont chacune des cordes est « pincée » par un dispositif nommé « sautereau ». Comme pour l’orgue, la puissance des sons émis ne dépend pas de la force avec laquelle le claveciniste frappe les touches, c’est la présence de registres affectés à chacun des claviers qui permet de varier les timbres. Mais ses possibilités expressives se sont révélées moins appropriées à la sensibilité du romantisme. Les compositeurs lui ont préféré le piano nouvellement inventé.

Solliciter l’attention, l’observation et la prise d’indices à partir des docs D à G et imaginer une partie du conte. La page choisie dans l’album (doc D) pour introduire ce conte est la première page de l’album. Son graphisme permet d’identifier deux des personnages, et le texte de projeter une première interprétation. La seconde page (doc E) introduit l’événement déclencheur, l’enlèvement de Faustine. Les éléments graphiques créent une atmosphère intrigante, voire inquiétante. Le doc F présente une situation opposée qui provoque des questions : la petite fille est libre, mais un garçon est enfermé dans une cage. Qui est-il ? Pourquoi la petite fille lui donne-t-elle à manger ? Quelle relation y a-t-il entre les docs E et F ? Pourquoi le géant tient-il la petite fille par le bras ?
La lecture du texte « Il était une fois… mangé d’aussi bon » permet de découvrir le nom des personnages. La mise en relation des docs D et F permet de déduire qui est le personnage nommé Gamin. Les élèves sont invités à imaginer ce qui s’est passé entre les deux extraits des docs E et F en justifiant l’enfermement de Gamin, puis à imaginer la fin.

Solliciter l’attention et la discrimination des instruments joués au début du conte. Écouter les épisodes intermédiaires aux docs D, E et F pour répondre aux interrogations. La découverte complète du conte (texte et musique) peut se décomposer en quatre séquences.
Écoute du début de la plage 1 jusqu’à 2’ 18”. Dès le début, par l’emploi du plein jeu de l’orgue, la musique crée une atmosphère inquiétante et donne à entendre la puissance des ogres. En introduction, sur une note tenue dans le registre grave (pédalier) se développe une mélodie dans le registre aigu, puis, à l’inverse, en dessous d’une note tenue dans l’aigu cette mélodie chante dans le grave, jouée par le pédalier. À 1’ 17”, la musique évoque la chevauchée des ogres. Chacun d’eux est représenté par une mélodie jouée d’abord par l’orgue dans le registre aigu, puis au clavecin accompagné par l’orgue pour être repris par le piano accompagné par le clavecin et l’orgue.
Écoute de la plage 1 de 2’ 18” à 3’ 28” (cette écoute correspond au doc E : l’enlèvement de Faustine). La musique reflète les deux personnages ; tout d’abord une mélodie dansante au piano qui évoque la gaieté de l’enfance (on pense aux danses de Bartók), puis les trémolos de l’orgue créent la peur de l’ogre.
Écoute de 3’ 28” à 7’ 17” : que s’est-il passé pour que Gamin se retrouve dans la cage ?
Ce moment permet de confirmer ou d’infirmer les hypothèses émises lors de l’observation des différents documents. Cet épisode se divise en quatre séquences : la joie des ogres à la pensée d’un bon repas, la tristesse de Gamin qui trouve Faustine très belle et s’enfuit avec elle, le retour de Faustine au village et la condamnation de Gamin par le maire du village. Chaque moment bénéficie d’une musique appropriée.
La joie des ogres. Une mélodie jouée au piano se développe sur un rythme obstiné au piano et clavecin ; elle est accompagnée par des notes tenues dans le registre aigu de l’orgue. Les ogres chantent sur le rythme obstiné « Miam, miam » ; sauf l’un d’entre eux, Gamin, le plus jeune, qui admire Faustine.
La tristesse de Gamin et le sauvetage de Faustine. Ce passage est caractérisé par une sorte de leitmotiv, une valse, que l’on pourrait nommer « Valse de l’amour », jouée au clavecin avec accompagnement au vibraphone chaque fois que Gamin et Faustine se retrouvent. Douce et légère, elle contraste avec la musique précédente. La course de Gamin au moment de l’enlèvement de Faustine est évoquée par des trémolos au clavecin et au vibraphone. Faustine supplie Gamin de ne pas être mangée sur une mélodie au célesta. La réponse amoureuse de Gamin sur l’air de la valse est jouée au clavecin et glockenspiel.
Le retour au village. La découverte de Gamin et la peur des villageois sont traduites par des trémolos au clavecin et au piano, leur colère par une mélodie martelée en octave dans le grave du piano. La reprise du début de la « Valse de l’amour » dans un tempo lent manifeste la tristesse de Faustine face aux villageois.
La condamnation de Gamin. Elle est traduite musicalement par le début du Dies irae au vibraphone et une marche funèbre au clavecin.
Découverte du dénouement : écoute de 7’ 17” à 13’ 55” (cette écoute débute avec le doc F).
Délivrance de Gamin par Faustine et retour chez les ogres. Le doc F est accompagné musicalement par la reprise de la valse jouée au célesta et au glockenspiel. Au village, la découverte de la délivrance de Gamin par Faustine fait monter la colère, jouée à l’orgue, puis au piano sur tenue de l’orgue pour finir dans le registre aigu de celui-ci.
Les ogres et la nourriture apportée par Faustine. Le retour à la grotte des ogres avec la nourriture de Gamin et de Faustine est joyeux : l’air de la valse est joué comme la première fois au clavecin et au glockenspiel.
Dénouement : le restaurant des ogres. La douceur de vivre au restaurant des ogres se reflète dans la mélodie arpégée au vibraphone. Le conte se termine par la « Valse de l’amour » jouée au piano.

Notion à découvrir. Une mélodie peut caractériser un sentiment, une situation ou un personnage. Son interprétation par des instruments différents ou le changement de tempo évite la redite lassante ou éclaire la situation d’un regard nouveau.