La revue TDC propose tous les quinze jours un dossier complet consacré à un thème à dominante arts, littérature, histoire, géographie, sciences ou éducation à la citoyenneté.
« DalÍ » au Centre Pompidou, à Paris, jusqu’au 25 mars 2013.
En lien avec « La révolution surréaliste »,
TDC n° 830 du 15 février 2002.
Le département des Arts de l’Islam : ouverture des nouveaux espaces au musée du Louvre à Paris
En lien avec « les arts de l’Islam »
TDC n° 1047 du 1er janvier 2013
« Walid Raad, Préface à la première édition », au musée du Louvre du 19 janvier au 8 avril 2013.
En lien avec « Les arts de l’Islam »
TDC n° 1047 du 1er janvier 2013.Géographie - culture humaniste - français / cycle 3
Par Martine Vaugien-Cheung Hoï Ping, maître de conférences en géographie, CREGUR, université de la Réunion
DOC A La réunion, plage de l’Hermitage, 2011.
DOC B Bora Bora, plage privée d’un hôtel touristique, 2011.
DOC C Nouméa, plage de Château-Royal, 2011.
Regards multiples sur le paysage
DOC D Paul Gauguin, Raro te Oviri : sous les pandanus, 1891.
DOC E Claude Roy, « Bestiaire du coquillage », in Enfantasques, Éditions Gallimard, 1974.
DOC F Tortue luth sur l’île de la Trinité.
DOC G Une journée à la plage, Martine Vaugien-Cheung Hoï Ping pour TDC, 2011.
DOC H La plage de Saint-Gilles à la Réunion, 2011.
DOC I La plage de Sainte-Luce en Martinique, 2011.
La plage tropicale de l’outre-mer français et ses caractéristiques spécifiques • La plage est étudiée en tant que lieu, portion spécifique du littoral, approprié et transformé par l’homme. En géographie, les concepts de paysage (ensemble des éléments visibles d’origine naturelle et/ou humaine qui constituent la partie perceptible de l’espace ; empreinte d’une société dans l’espace), d’espace construit, d’environnement et de lieu sont les plus utilisés. Les représentations mentales de l’espace, la relation entre l’homme et le territoire sont omniprésentes.
Les trois types de plage proposés dans le corpus documentaire existent dans tous les outre-mer français tropicaux. Ils ont été choisis sans volonté de localisation particulière. Les élèves seront entraînés pour chacun de ces documents à appliquer la lecture géographique du paysage, à relever les groupes d’éléments paysagers significatifs et à les classer. Le sable, qui permet diverses occupations, le lagon et la végétation constituent les grandes unités paysagères communes. La barrière corallienne avec la mer au-delà et la zone ombragée par les filaos qui sert de refuge contre le soleil sont des unités spécifiques.
Doc A • La plage de l’Hermitage, qui se trouve sur la côte ouest (sous le vent) de l’île de la Réunion, est l’un des plus longs rubans de sable blanc de l’île. À cet endroit, le bord de mer est caractérisé par un chemin de sable qui sépare les hôtels et les maisons individuelles, et par un espace ombragé sous les filaos – des résineux bien visibles sur la photographie –, qui abritent les familles de l’ardeur du soleil et qui permettent une installation confortable (tables, chaises, barbecues, tentes, hamacs) pour le repos. Le sable blanc, d’origine corallienne, est caractéristique de ce type de plage. La barrière de corail peu éloignée et bien visible sur la photographie, autre marqueur de tropicalité, abrite un lagon – ici peu profond – qui permet la baignade et la randonnée aquatique. Les Réunionnais et les touristes européens fréquentent en très grand nombre cette plage abritée.
Doc B • Cette photographie de la plage privée d’un hôtel de Bora Bora représente un paysage organisé pour le tourisme avec quelques vacanciers face au soleil et tournant le dos à la mer, un ponton offert par ce genre d’hôtel aux résidents, un cocotier penché au-dessus de l’eau et éclairé par un spot ainsi que des paillottes et des bateaux de loisirs.
Doc C • Sur cette plage de Château-Royal à Nouméa, de nombreux jeunes gens – quelques-uns en maillot de bain – vaquent à diverses activités : baignade, sport, bronzage. L’équipement de volley-ball est un indice fort du type de fréquentation. • Proposer l’activité 1 dans TDC, « Les outre-mer français », no 1017, p. 32.
La peinture et la littérature (textes poétiques, narratifs) offrent à la géographie d’inépuisables ressources. Elles proposent une vision sensible et des interprétations auxquelles l’élève peut avoir recours pour observer le lieu et le comparer aux descriptions d’un livre de géographie ou d’un dépliant touristique. Chacun se construit une image personnelle de l’espace, et le regard sur le paysage est toujours subjectif ; la séance de géographie est ainsi l’occasion d’en prendre conscience. L’enseignant s’appuiera sur ces représentations pour amener les élèves à exprimer leurs perceptions et à se familiariser avec certains concepts, grâce au travail sur les typologies.
Doc D • Raro te Oviri : sous les pandanus de Paul Gauguin, donné à titre d’exemple parmi les œuvres du peintre, propose également une approche « géographique ». Gauguin, en effet, est une figure de l’histoire de l’art qui a participé largement à une évolution majeure de la peinture et à l’élaboration du mythe de l’île tropicale : lagon bleu turquoise, sable, exotisme… Son interprétation de la plage diffère des photographies du corpus documentaire. Elle donne la possibilité et l’avantage d’évoquer les perceptions et les représentations liées à l’espace. Il appartient à l’enseignant de conduire d’autres recherches dans le domaine des arts.
Doc E • Ce poème de Claude Roy lie le mythe ancien du trésor sur la plage et le téléphone. Celui-ci, avec la généralisation du portable, est aujourd’hui réellement omniprésent sur les plages. On pourra évoquer en classe tous les « trésors » trouvés sur le sable (coquillages, bouts de verre coloré roulés par la mer, bois flotté, noix de coco, crabes, oursins, etc.) et s’interroger sur ce qu’est un trésor, vivant ou pas.
Doc F • Dans le cadre des sciences de la vie, il est intéressant de prendre conscience de la coexistence de différentes formes de vie et du partage de l’espace. Cette photographie complète cette séquence par la représentation d’un espace d’origine naturelle. La faune et la flore y sont installées ou essaient de s’implanter malgré la présence des hommes, l’urbanisation et leurs conséquences. On invitera les élèves à se questionner sur la biodiversité marine et sur celle du littoral. Une recherche peut être menée sur différents groupes zoologiques dans les zones littorales (comme ici, la tortue luth) et les récifs coralliens où le tourisme malmène la biodiversité (blanchiment du corail, réchauffement des eaux, acidification de l’océan) et entraîne une réduction des espèces.
Si la valorisation économique d’un territoire grâce à l’implantation touristique paraît indéniable, les conséquences environnementales sont tout aussi avérées. Face à cette réalité, alors que le développement durable s’inscrit peu à peu dans les pratiques, un nouveau concept apparaît, celui d’écotourisme, avec le développement des réserves et des parcs marins dans ces régions. • Proposer les activités 1 et 2 dans TDC, p. 32.
Doc G • Le document proposé est la lettre d’un jeune enfant, Hugues, à une camarade, qui inventorie quasiment toutes les activités liées à la plage. Dans une vision très culturelle, elle permet de comprendre que ce lieu est investi par les hommes et les femmes pour une sorte de récréation où le plaisir « consomme » l’espace et les activités. On notera que, sous les latitudes tropicales, la plage peut être, dans des conditions variables, fréquentée toute l’année. On peut inciter les élèves à questionner leurs pratiques : rythme de fréquentation, pique-nique, baignade, jeux d’eau et de sable, émotions et attentions particulières (beauté, nature du sable, couleurs) et respect d’autrui (bruit, jeux, hygiène) dans le cadre de l’instruction civique.
Doc H • Cette photographie de la plage de Saint-Gilles à la Réunion met en évidence une activité économique de service marchand, à savoir un restaurant-snack de plage. On repérera les indicateurs de cette activité touristique : terrasses soigneusement aménagées, ombre, accès direct et vue sur la mer. Cette étude s’accompagnera de questionnements concernant d’autres équipements : location de matériel de repos ou d’activités nautiques, restauration et logement, plongée sous-marine, presse, recours aux marchands ambulants.
Doc I • Les barques de pêche sont rarement associées aux plages de sable fin. La photographie met en relief un autre aspect de l’occupation de la plage : celui de la pêche. Ce paysage se rencontre aussi bien aux Antilles, à Sainte-Luce en Martinique, comme ici, qu’en Polynésie française, en Nouvelle-Calédonie, ou à Mayotte, mais plus rarement à la Réunion. Comme une confirmation de ce qu’induit la lettre d’Hugues (doc G), la plage est vécue différemment par les personnes, y compris par les habitants du bord de mer. Mais une activité n’en exclut pas forcément une autre, et celle de la pêche traditionnelle peut attirer une forme de tourisme à la recherche d’authenticité. • Proposer l’activité 3 dans TDC, p. 32.