La revue TDC propose tous les quinze jours un dossier complet consacré à un thème à dominante arts, littérature, histoire, géographie, sciences ou éducation à la citoyenneté.
« DalÍ » au Centre Pompidou, à Paris, jusqu’au 25 mars 2013.
En lien avec « La révolution surréaliste »,
TDC n° 830 du 15 février 2002.
Le département des Arts de l’Islam : ouverture des nouveaux espaces au musée du Louvre à Paris
En lien avec « les arts de l’Islam »
TDC n° 1047 du 1er janvier 2013
« Walid Raad, Préface à la première édition », au musée du Louvre du 19 janvier au 8 avril 2013.
En lien avec « Les arts de l’Islam »
TDC n° 1047 du 1er janvier 2013.Géographie-ECJS / 2de-1re
Par Chantal Dauphin, professeure d’histoire-géographie
La prévention en Martinique et Guadeloupe
DOC A Interview de Jean-Louis Vernier, directeur régional de l’Environnement Martinique, in dossier de presse des journées Réplik du 17 au 23 novembre 2008, www.planseisme.fr
DOC B Interview de Nathalie Gallou, consultante géologue, in dossier de presse des journées Réplik du 17 au 23 novembre 2008, www.planseisme.fr
DOC C Campagne de sensibilisation au risque sismique en Guadeloupe, novembre 2010.
DOC D Interview du lieutenant-colonel Cova, état-major de zone Antilles, in dossier de presse des journées Réplik du 17 au 23 novembre 2008, www.planseisme.fr
Alerte manquée à la Réunion en 2010
DOC E Une alerte manquée : « Pêcheurs et plaisanciers en colère », Clicanoo.re : le journal de l’île de la Réunion, 27 octobre 2010, www.clicanoo.re
DOC F Tsunami, une faille dans le plan de secours. Clicanoo.re : le journal de l’île de la Réunion, 27 octobre 2010, www.clicanoo.re
Les réponses d’une vigilance active
DOC G La prévention à l’école
DOC H Face au risque sismique
DOC I Des réactions d’internautes. Clicanoo.re : le journal de l’île de la Réunion, 27 octobre 2010, www.clicanoo.re
DOC A • La Martinique et la Guadeloupe, classées en zone III, sont les départements français les plus exposés au risque sismique. Chaque année, ce sont plus de trois cents séismes qui sont enregistrés. Celui du 29 novembre 2007, bien que d’une magnitude élevée, n’est pas le big one attendu par les scientifiques. Il s’agit en fait d’un séisme intraplaque, dont la profondeur a limité les effets. Les scientifiques s’accordent à dire que, dans un avenir plus ou moins proche, la Martinique connaîtra un séisme majeur. En effet, l’analyse des données géophysiques permet d’affirmer que l’île subira un séisme majeur de magnitude de 7 à 8 et d’une intensité bien plus forte que celui ressenti le 29 novembre 2007, de magnitude 7,4. Les statistiques démontrent qu’à la Martinique un « tremblement de terre majeur » interviendrait tous les 150 ou 200 ans environ. Le prochain peut intervenir à n’importe quel moment. S’il n’existe aujourd’hui aucune méthode fiable de prévision, la communauté scientifique mondiale consacre une partie de ses recherches aux moyens de détecter l’imminence d’un séisme à partir de signaux précurseurs. En attendant, il est essentiel d’apprendre à réagir afin de réduire sa propre vulnérabilité et celle des autres et d’ainsi contribuer à une action résiliente, c’est-à-dire qui permette de surmonter un choc et de se rétablir ensuite.
Le Programme national de prévention du risque sismique (PNPRS), dit Plan séisme, est un programme interministériel (Écologie, Équipement, Logement, Intérieur, Recherche, Outre-Mer, Éducation nationale, Enseignement supérieur, Travail, etc.) piloté par le ministère de l’Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement.
Dans le cadre du Plan séisme Antilles, outre les opérations de confortement, de reconstruction, de formation ou de connaissance scientifique, de nombreuses actions de sensibilisation au risque sismique sont organisées régulièrement en Martinique et en Guadeloupe. En plus des actions en cours tout au long de l’année, l’actualité du Plan séisme Antilles a été particulièrement dense en novembre 2008 avec l’organisation des journées Réplik (en Martinique), de la semaine Sismik (en Guadeloupe), et la tenue de l’exercice Richter sur les deux départements.
Les actions arrêtées au plan national sont déclinées à l’échelle locale et pilotées par la direction régionale de l’Environnement (Diren), qui joue le rôle d’animateur régional du Plan séisme en s’appuyant sur la préfecture, qui est le représentant local de l’autorité de l’État. L’objectif est de réduire la vulnérabilité au risque sismique. La stratégie consiste à favoriser une prise de conscience des citoyens, des constructeurs et des pouvoirs publics, mais aussi à mettre en œuvre des dispositions déjà adoptées et à poursuivre l’amélioration des savoir-faire.
Un « comité séisme », composé des services de l’État, du conseil général et du conseil régional, a été installé en 2006 dans le cadre du PNPRS. Afin que ce plan trouve un écho concret à la Martinique, trois groupes de travail opérationnels (communication, vulnérabilité, construction) ont la charge d’appliquer les recommandations du PNPRS et les préconisations du groupe local de réflexion.
En Martinique, les acteurs de la prévention sismique se sont rassemblés dans le groupe Réplik, en charge des actions de sensibilisation au risque sismique tout au long de l’année. Au programme des journées Réplik sont proposées des actions concrètes de sensibilisation :
DOC B • Dans le cadre des journées Réplik en 2008, la Diren a souhaité mener tout au long de l’année des actions spécifiques tournées vers les acteurs professionnels. Actuellement, peu d’entreprises réservent du temps à la prévention des risques naturels. Or un tremblement de terre, comme celui du 29 novembre 2007, peut frapper à tout moment de la journée, n’importe quel jour de la semaine, surprenant les Martiniquais sur leur lieu de travail.
Deux experts mandatés par la Diren sont intervenus au sein des entreprises publiques et privées, des collectivités locales et territoriales, des associations afin de sensibiliser le public au risque sismique. En six mois, plus de 3 500 Martiniquais ont bénéficié de cette information de proximité. L’objectif était de donner une information validée par des spécialistes des risques majeurs, d’apporter une meilleure connaissance du risque sismique, de prodiguer les messages de prévention et d’engager un dialogue utile avec les acteurs de l’entreprise pour concrétiser des actions préventives.
DOC C • La première édition de la semaine Sismik a pour objectif d’apprendre à la population à bien réagir en cas de tremblement de terre. On sait que dans les écoles les enfants bénificient d’une préparation particulière. Mais les adultes doivent aussi avoir le bon réflexe, que ce soit à leur domicile, au travail ou lors de leurs déplacements. Plusieurs supports de communication sont utilisés : affiches, jeux, spots radio, diffusion de films dans les écoles. Des livrets ont également été distribués à la population. Et, au-delà de cette semaine d’information, plusieurs actions sont régulièrement menées dans le département. On peut citer, par exemple, les formations qualifiantes mises en place par la Diren à destination des professionnels du bâtiment. Il s’agit de « mieux former pour mieux construire ». Sismik poursuit les mêmes objectifs de sensibilisation que Réplik. De nombreuses actions sont donc menées en Guadeloupe : formation des professionnels de la construction, journées d’information dans les communes, animations dans les établissements scolaires, communication sur les nouveaux équipements de l’Institut de physique du globe de Paris, présentation de la caravane du Risque sismique, etc. Les équipes de la caravane informent sur le tremblement de terre et ses conséquences et présentent un parcours ludique et pédagogique qui se conclut par un essai du simulateur de séismes. Pour toucher un large public, elles parlent créole.
DOC D • En 2008, les journées Réplik ont pris une dimension particulière avec l’exercice Richter Antilles, un exercice de simulation d’un séisme majeur réalisé dans le cadre du Plan séisme. C’est le premier réalisé dans une région d’outre-mer et le deuxième au niveau national après Richter 13 (Bouches-du-Rhône, 2007).
Cet exercice concerne les départements de Martinique et de Guadeloupe. La totalité des communes (34 en Martinique et 30 en Guadeloupe) sont impliquées à des degrés divers selon l’état d’avancement de leur plan communal de sauvegarde. Les préfectures de Guadeloupe et de Martinique, les collectivités, les sapeurs-pompiers, les militaires, le régiment du service militaire adapté, les secouristes, des associations et des entreprises privées le sont aussi.
L’exercice prévoit le déploiement de moyens sur le terrain avec des renforts interîles et nationaux. Il s’appuie sur un scénario tiré des études d’aléas et de vulnérabilité menées dans les deux départements par le Bureau de recherches géologiques et minières. Il met en scène la survenue d’un fort séisme d’origine tectonique. L’objectif est de faire le point sur la remontée d’informations des communes en cas de gestion de crise et d’aborder la gestion des décédés en masse et des sans-abri. Ensuite, il s’agit d’utiliser Richter comme un exercice pédagogique et de sensibiliser la population. Ce type d’exercice pourrait être appliqué aux autres départements concernés par le risque sismique (voir la carte sur www.prim.net).
Le 26 décembre 2004, à 7 h 58, heure locale, un puissant séisme d’une magnitude de 9,3 déclenche un tsunami au large de la province indonésienne d’Aceh. Ce raz de marée géant déferle sur l’ensemble du littoral de l’océan Indien. En quelques minutes, près de 220 000 personnes périssent. À la Réunion, la vague arrive dans les ports sans que les autorités aient eu le temps de réagir. Plus de deux cents embarcations sont endommagées.
Après cet épisode, un Système d’alerte aux tsunamis dans l’océan Indien (Satoi) a été créé en mars 2005. La plupart des vingt-sept pays de l’océan Indien ont désigné leur service météorologique comme référent. La France a décidé d’établir à la Réunion un Centre national d’alerte aux tsunamis dans l’océan Indien (Cnatoi), à vocation régionale. Les services de Météo France fournissent l’infrastructure du Cnatoi, adossée au centre météorologique spécialisé de prévention cyclonique de la Réunion.
En avril 2005, les dispositions techniques nécessaires ont été prises afin de recevoir les messages des centres d’alerte au tsunami d’Hawaii et de Tokyo et de rediffuser ces informations aux États de la zone. Les messages comprennent les coordonnées de l’épicentre, la magnitude du séisme et le temps de parcours estimé de l’onde pour atteindre les différentes îles de la zone sud de l’océan Indien. Vingt-quatre heures sur vingt-quatre, un prévisionniste assure la veille à la station Météo France du Chaudron. En outre, pour être certain que l’alerte soit bien reçue, elle est transmise selon plusieurs modes d’acheminement : télécopie, courrier électronique, message de l’Organisation météorologique mondiale et appel sur portable. À cela s’ajoute une communication téléphonique entre le centre de Toulouse et le prévisionniste de permanence. Enfin, pour assurer que l’alerte a bien été prise en compte, il faut accuser réception à Hawaii ou à Tokyo.
La préfecture de la Réunion a tiré les leçons du séisme d’octobre 2007 en introduisant dans le plan de secours spécialisé tsunami une phase de vigilance. Elle permet, en amont du déclenchement éventuel de l’alerte, aux pêcheurs et aux plaisanciers de mettre en sécurité leurs embarcations même si le phénomène n’est pas censé concerner directement l’île.
DOC G • À l’école, le plan particulier de mise en sûreté (PPMS) est un document opérationnel de gestion de crise propre à chaque établissement. En cas de catastrophe majeure, il doit permettre d’assurer la sécurité des élèves et des personnels et de mettre en place les directives des autorités en attendant l’arrivée des secours. Il doit être facilement accessible aux enseignants intervenant dans les classes. Ce document multirisque doit prendre en compte les situations spécifiques à chaque établissement. Il propose une préparation sur les plans technique, humain et pratique.
Les personnels appliquent les consignes suivantes : se protéger puis évacuer les lieux et rejoindre dans le calme les endroits de rassemblement prévus pour la mise en sûreté, assurer l’encadrement des élèves, veiller au bon déroulement de l’opération de regroupement, penser aux publics spécifiques (élèves ou personnels présentant un handicap ou des difficultés particulières), gérer l’attente, écouter la radio, etc. Les élèves se protègent et évacuent dans le calme, appliquent les consignes données par les enseignants et les personnels, participent à l’attente et aux suivis des consignes données par les autorités.
DOC H • L’un des moyens les plus efficaces de prévention est l’adoption par le citoyen de comportements adaptés aux menaces. En mairie, il est possible de consulter le document d’information communal sur les risques majeurs (Dicrim). Il présente les mesures de prévention et les mesures spécifiques prises en vertu des pouvoirs de police du maire : les consignes de sauvegarde, les plans d’intervention en fonction des risques. Chaque famille peut ainsi projeter un plan de mise en sûreté et aborder des mesures à prendre en cas de survenue soudaine d’un événement exceptionnel.
DOC I • En cas de catastrophe, la population est normalement avertie par un signal d’alerte appelé signal national d’alerte (SNA). Il est alors impératif de se mettre à l’écoute de la radio, par laquelle seront communiquées les consignes à observer. Dès le début de l’alerte, il convient de mettre en action le scénario mis en place lors de la phase de préparation à la crise et d’agir de manière réflexe. La gestion des crises ne peut pas reposer sur les seuls pouvoirs publics. En Louisiane, après la tempête Katrina, des habitants sont restés soixante-douze heures sans être secourus. C’est pourquoi chacun doit se bâtir une culture d’anticipation fondée sur la confiance et le recours aux compétences des citoyens afin de réduire la vulnérabilité de chacun et de la communauté.