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| Poésie sonore, poésie numérique |

Collège / Lycée
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L’avenir de la poésie ?
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De nombreux auteurs sont convaincus que l’informatique est l’avenir de la poésie, que la poésie numérique anticipe sur les nouveaux langages à venir. Comparant la révolution numérique à celle du livre personnel à la Renaissance, Jacques Donguy prédit que « pour produire des œuvres verbi-voco-visuelles (textes-sons-images fixes ou animées) et tirer toutes les conséquences du passage de l’imprimerie à l’informatique, il faudra au moins 50 ans, peut-être plus ». Même s’ils ne se revendiquent plus d’une appartenance aux avant-gardes artistiques, les poètes numériques ont le sentiment d’œuvrer pour le futur, d’être des pionniers qui explorent de nouvelles terres. La plupart d’entre eux ont des réflexes de militants. Ils s’organisent en écoles, chapelles, revues ou sites internet. Ils publient des manifestes, pratiquent l’exclusion ou le compagnonnage. Ils revendiquent leur place dans le champ littéraire qui ne leur accorde pas la reconnaissance qu’ils estiment mériter. Parfois même, au contraire, ils rejettent violemment la littérature qui leur semble incapable aujourd’hui de se renouveler. C’est là le propre de toutes les nouvelles générations littéraires qui cherchent à s’affronter aux institutions trop souvent conservatrices. Cette difficulté à exister tient aussi en partie à un manque de visibilité des œuvres. À de très rares exceptions près, la poésie numérique n’est pas en vente sur les rayons des librairies. Quand elle prend la forme d’installations, elle n’a qu’une existence éphémère et n’atteint qu’un petit nombre de spectateurs. Les quelques enregistrements qui en sont faits ne gardent qu’un écho affaibli de l’événement. Quand elle utilise le CD-Rom, elle est soumise à l’obsolescence rapide des machines. De nombreuses œuvres numériques sont ainsi devenues inaccessibles au public et la Bibliothèque nationale a bien du mal à assurer sa mission d’archivage. Le Web semble offrir un espace de lisibilité plus large. Il est devenu le support privilégié de la plupart des œuvres. Mais ses possibilités créatives sont encore très limitées et la pérennité des œuvres n’y est guère mieux assurée que sur les CD-Rom. Malgré toutes ces difficultés et toutes les limites évoquées plus haut, la poésie numérique existe, elle ne peut pas être ignorée. Dans un univers où les médias se côtoient et se métissent, peut-on encore l’inscrire dans l’histoire de la poésie ou en marque-t-elle la sortie ? Il est bien difficile de le dire. Elle échappe, en tout cas, aux critères habituels de classification et de reconnaissance ; elle participe du grand bouleversement qu’introduit le numérique dans nos vies et dont les artistes portent le témoignage en même temps qu’ils l’éclairent. Au même titre que les autres arts du numérique, elle est aux avant-postes de ce qui se joue aujourd’hui dans nos cultures.
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