Christine Spengler
L’Art et la Manière
 

D.R.
 
Un documentaire de Sylvain Bergère, d’une série proposée par Serge Moati (2004), coproduite par Arte France et Image & Compagnie.
26 min

TNT : samedi 10 septembre 2005, 14 h 45
 

La série
De la photographie à la peinture en passant par le graph, le design, l’architecture ou le stylisme, c’est l’art en mouvement, la création en instantané dont le spectateur est témoin dans cette passionnante série hebdomadaire.
Pendant quelques jours, quelques heures au plus près du quotidien d’un artiste (chez lui, dans son atelier, pendant ses voyages...) au cours desquelles il ouvre son espace créatif au réalisateur, chaque épisode de L’Art et la Manière donne à voir et à comprendre sa démarche ainsi que sa singularité.
L’émission
La grande correspondante de guerre Christine Spengler décline dans ce documentaire son talent noir et profond, empreint d’hispanisme. Voici le portrait d’une femme très attachante aux allures de gravure de mode intemporelle, capable de prendre sur les fronts des grandes guerres, du Tchad en Irlande du Nord, de Beyrouth à Téhéran, du Viêtnam au Cambodge, les plus belles photos pour, dit-elle, se rendre utile et témoigner des causes justes. De ses expériences, elle fait jaillir l’existence des survivants et les images nous livrent un puissant récit. Son voyage filmique dans l’horreur est contrecarré par des réalisations plastiques baroques très colorées, liées à des rites intimes... et des fleurs. La photographe relate le contexte historique par des symboles intimes et universels. Un deuil du monde à faire en noir et haut en couleur.
Pistes à suivre
[Arts plastiques, éducation aux médias, 3e-lycée]
Au devant du front
La vie de Christine Spengler est conduite comme dans un film, par des sentiments de vie et de mort. Décrire la scène où elle se porte volontaire pour le front, harnachée de trois appareils photos et d’une veste de combat. Le patron de l’agence Associated Press de Saigon lui demande alors d’illustrer le passage de l’année du rat à l’année du buffle. Décrire la photo qui justement sera publiée et insister sur ses conditions de prise de vue. Du Viêtnam où elle apprend le suicide de son jeune frère, elle est envoyée à Phnom Penh alors encerclé par les Khmers rouges, pour diriger le département photo. Remarquer que les photos qu’elle réalise notamment lors du bombardement, dans un quasi acte de foi, transcendent l’image de la mort afin de la conjurer. Des photos les plus graves rejaillit en effet avec encore plus d’éclat l’étincelle de la vie. Quels sont les moments privilégiés par la photographe au cours de ses avancées dans les pays en guerre ? De quel côté se situe-t-elle ?
Faire des recherches en parallèle sur la guerre du Viêtnam et du Cambodge et comparer avec d’autres photos de reportages sur d’autres conflits.
Comment perdre ou retrouver son sens de la couleur ?
Deux événements capitaux provoquèrent l’un la perte du sens de la couleur et l’autre son retour (lors de sa libération d’une prise d’otages à Beyrouth). Noter les causes du choc émotionnel et, à l’aide des images, démontrer comment s’illustre ce sentiment particulier. Remarquer comment, après avoir échappé à la mort, elle se sent doublement vivante, et apporter un commentaire sur ce point.
Revoir la scène du développement « des petites filles d’Iran » dans le laboratoire photo. Observer la densité des noirs et des blancs puis raconter l’histoire et le contexte de cette image, notamment avec la symbolique des fleurs. Qu’est-ce que le regard de ces femmes représente de si important pour la photographe ? Évoquer les situations où la photographe s’exprime au sujet des fleurs. À quel propos évoque-t-elle les tubéreuses ?
Les images oniriques
Une image de paix pour une image de deuil : Christine Spengler parle d’hymne à la vie et d’exorcisme de la douleur. Alors qu’elle évoque Goya comme influence pour les photos prises en reportage, elle se consacre dans le même temps à la réalisation d’œuvres oniriques et pacifistes comme pendant essentiel à ses images de guerre. Elle réalise en effet des images de mises en scène baroques colorées qui traduisent une folle envie de beauté et de glamour. Analyser une ou deux de ces icônes « théâtrales » avec la série Vierges et Toreros. Comparer les deux pratiques et apporter un avis notamment sur la notion de drame dont parle Christian Lacroix. Relever dans les propos du couturier sur Christine Spengler ce qui constitue leur univers commun.
Évaluer ensuite la connaissance des élèves sur la photographie dite plasticienne, dont on pourra donner quelques exemples dans l’art actuel, et effectuer quelques comparaisons avec l’œuvre de Spengler.
Pour en savoir plus
SPENGLER Christine, ALMODOVAR Pedro, LACROIX Christian, Vierges et Toreros, Marval, 2003.
SPENGLER Christine, Années de guerre, Marval, 2003.
Une femme dans la guerre, Ramsay, De Cortanze, 1991. À consulter en bibliothèque.

Sur une galerie virtuelle espagnole (site commercial), on pourra visionner quelques photos de Christine Spengler (cliquer sur Photocolección puis sur l'une des petites vignettes à gauche pour afficher une photo, et enfin sur información y compra puis sur Aumentar foto pour la voir en plein écran).
www.photogaleria.com/

Catherine Costes, professeur d’arts plastiques




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