 © J. Blosser |
Un téléfilm français de Michel Favart (1995) en 4 épisodes.
4 x 1 h 30 min |
Scénario et dialogues : Henri de Turenne et Michel Deutsch
Avec Cécile Bois (Mathilde 1), Aurore Clément (Mathilde 2), Jean-Pierre Miquel (le baron Kempf), Sébastien Koch (Wismar-Marbach 1), Manfred Andrae (Wismar-Marbach 2), Julien Lambroschini (Louis 1), Michel Voïta (Louis 2), Irina Wanka (Frederike), Serge Dupire (Édouard 2), Catherine Aymarie (Alexandra), Maxime Leroux (Albert Laugel 2), Caroline Tresca (Katel)
Premier épisode : 1870-1894, vendredi 4 mai, 20 h 45
Deuxième épisode : 1904-1919, samedi 5 mai, 20 h 45
Troisième épisode : 1927-1940, dimanche 6 mai, 20 h 45
Quatrième épisode : 1943-1953, dimanche 6 mai, 22 h 15
Les Alsaciens ou les deux Mathilde retrace l'histoire de l'Alsace entre 1870 et 1953, à travers le destin de quatre générations de la famille Kempf de la Tour, originaire du village d'Alsheim, imaginé près de Haguenau, au nord de Strasbourg. Cette saga historique en quatre épisodes fourmille de personnages très différents, dont les trajectoires nous permettent de mieux appréhender l'histoire de l'Alsace, ballottée entre deux pays, l'Allemagne et la France, et deux cultures. Dans ce téléfilm, tous les rôles sont importants, les grands comme les petits. Le jeu de tous les acteurs sonne juste. En choisissant de s'intéresser à des parcours individuel, au sein d'une famille et parmi des gens qui leur sont proches, dans le cadre d'un village inventé pour les besoins du film, le réalisateur Michel Favart et le scénariste (et célèbre dramaturge) Michel Deutsch nous font vivre et surtout comprendre les tragédies vécues par tous les Alsaciens entre 1870 et 1953. On peut réaliser ainsi que les Alsaciens ont toujours été Français de cœur, mais en veillant à conserver leurs particularismes qui se sont du coup parfois heurtés au principe de la « République une et indivisible ».
Les épisodes
Premier épisode : 1870-1894. Mathilde, fille de l'industriel Kempf, vient d'épouser le comte Charles de La Tour. Mais ce bonheur est interrompu par la guerre et Charles meurt au champ d'honneur. L'Alsace fait désormais partie de l'Empire allemand. Mathilde de La Tour reste Française, farouchement.
Deuxième épisode : 1904-1919. Louis, le fils de Mathilde, qui a épousé une Allemande, Frederike, dont il eut deux fils, Karl et Édouard, se nomme désormais Kempf de La Tour. Élevé comme un Allemand, il joue très naturellement le jeu avec l'Allemagne. 1914 : la guerre éclate. Karl, engagé dans l'armée du Kaiser, est tué à Verdun. Édouard, qui est parti pour la France en compagnie d'un compatriote Albert Laugel, retourne victorieux en Alsace revenue dans le giron français en 1919 et retrouve son père.
Troisième épisode : 1927-1940. Louis Kempf de La Tour s'est exilé en Suisse avec sa femme déclarée indésirable. Les Alsaciens sont déçus par la France et ses excès de jacobinisme. Un mouvement autonomiste se crée. Albert Faugel, qui a épousé Katel, s'y engage. Mais des éléments pro-allemands infiltre le mouvement. En 1936, le jeune Louis-Charles, fils d'Édouard, est fasciné par « l'Allemagne nouvelle », mais bientôt l'Alsace est annexée au Reich.
Quatrième épisode : 1943-1953. Sous la terreur allemande, l'Alsace vit ses heures les plus tragiques. Albert et Katel Faugel se sont engagés dans la Résistance, chacun à l'insu de l'autre. Faite prisonnière, Katel (dont le nom de code est « Mathilde »), se donne la mort. Louis-Charles Kempf de La Tour est enrôlé dans la Wehrmacht et envoyé sur le front de l'Est. Au lendemain de la guerre, les Alsaciens n'ont pas fini de voir leur conscience tourmentée : le film s'achève avec le procès des SS qui ont participé à l'horreur d'Oradour-sur-Glane.
Pistes à suivre
Quatre générations bousculées par l'histoire
L'ensemble des quatre épisodes du téléfilm permet de reconstituer la généalogie de la famille Kempf de la Tour. La fiction est longue et il est essentiel que les élèves ne perdent pas le fil du récit en se demandant qui est tel ou tel personnage apparaissant à l'écran. D'autant que certains rôles sont tenus dans le téléfilm par plusieurs acteurs (un pour l'enfance, puis la jeunesse, l'âge adulte et éventuellement la vieillesse). Ce travail de reconstitution ne pourra être mené par les élèves qu'avec l'aide appuyée du professeur qui signalera les personnages importants et aidera à les replacer dans la généalogie. On aboutira au résultat suivant :
Genealogie.pdf
Une fois cette généalogie construite, on attirera l'attention des élèves sur les personnages qui gravitent autour de cette famille, principalement Albert Laugel, Katel, sa femme, les parents d'Odile qui jouent un grand rôle dans la Résistance sous l'Occupation entre 1940 et 1944. On n'oubliera pas non plus la famille Imhof avec Frantzl, le garde-chasse du baron Kempf et ses petits-fils, René qui collabore avec les nazis, et Peter, engagé de force dans l'armée allemande en 1943 et qui revient de la guerre avec un terrible secret qui pèse sur sa conscience.
Le village d'Alsheim : une représentation symbolique de l'Alsace
Pour les besoins du scénario, les auteurs du téléfilm ont inventé le village d'Alsheim, berceau de la famille Kempf. Ce lieu représente l'ensemble de l'Alsace dans les quatre épisodes. On demandera aux élèves de retrouver les lieux importants de ce village, qui changent de nom suivant les aléas de l'histoire. Ainsi, la place principale s'appelle successivement Place de la Mairie, puis entre 1871 et 1918 Kaiser Wilhelm Platz, Place de la République entre 1919 et 1940, Adolf Hitler Platz sous l'Occupation, enfin, Place des Deux Mathilde après la Libération. Plusieurs scènes du film ont lieu dans le décor de l'école du village, dans laquelle les élèves reçoivent un enseignement dispensé tantôt en français, tantôt en allemand. La mairie du village joue aussi un rôle important. C'est très souvent un membre de la famille Kempf qui est à la tête de la municipalité et qui doit faire face aux désarrois ou aux excès qui accompagnent les changements de souveraineté, en 1871 et en 1919 notamment. Le café du village est également un bâtiment essentiel. C'est le lieu où les soldats allemands ou français fêtent leur victoire, celui où les libérateurs américains sont accueillis en 1944. C'est aussi le lieu de discussions à caractère politique et celui où se noue des passions amoureuses. Aucune scène du téléfilm n'a lieu à l'intérieur de l'église, mais le curé du village est un personnage clé à toutes les époques. Enfin, on attirera l'attention des élèves sur trois lieux excentrés : le château que possèdent les Kempf, indiquant la classe sociale à laquelle appartient cette famille, l'usine métallurgique, qui est la source de leur fortune, et surtout le chemin qui, passant à travers les Vosges, permet de rejoindre la France lorsque l'Alsace est allemande.
Mathilde Kempf de la Tour : l'amour de la France
Mathilde Kempf de la Tour est le personnage principal des deux premiers épisodes. On pourra faire travailler les élèves sur l'évolution du personnage entre 1871 et 1919. Fille unique du baron Kempf, industriel alsacien, elle épouse à la veille de la guerre de 1870-1871, Charles de la Tour, un officier de cavalerie français. Son bonheur est de courte durée puisque ce dernier meurt en 1871 en chargeant seul face à l'armée prussienne. De cet événement vient son refus de tout contact avec les Allemands et son amour indéfectible de la France. Les élèves retrouveront facilement dans le film des exemples de ce refus et de cet amour. Mathilde refuse de dîner à la table de Wismar von Marbach, l'officier prussien qui a réquisitionné une partie du château des Kempf en 1870. Elle se refuse à parler l'allemand alors qu'elle le comprend très bien. Enceinte de Charles de la Tour, elle met au monde un fils qu'elle appelle Louis, le nom le plus porté par les rois de France. Après le traité de Francfort et l'annexion de l'Alsace par l'Allemagne, Mathilde se procure clandestinement des journaux de Paris. Elle donne des cours privés de français aux enfants du village. En 1894, son fils, devenu adulte, lui annonce son mariage avec Frederike, la fille de Wismar Von Marbach. Les relations entre Mathilde et sa belle-fille sont glaciales jusqu'en août 1914. La Première Guerre mondiale marque néanmoins une grande évolution dans le personnage. Mathilde rêve de la revanche (elle reçoit dans son château Maurice Barrès, le chantre du nationalisme français en 1894), mais n'en veut plus le jour où elle est possible. En effet, ses deux petits-fils, qu'elle adore, combattent l'un dans l'armée française (Édouard), l'autre dans l'armée allemande (Karl). L'événement permet la réconciliation avec Frederike. À la fin de sa vie en 1919, elle voit son vieux rêve accompli : l'Alsace est redevenue française. Mais le prix n'en a-t-il pas été trop lourd ? Karl est mort au Chemin des Dames, Édouard revient blessé, le père de Frederike est expulsé vers l'Allemagne avec deux valises et les 200 marks autorisés par les autorités françaises.
L'autonomisme alsacien face à l'Allemagne et face à la France
La question de l'autonomisme alsacien est évoquée dans les deuxième et troisième épisode du téléfilm. Il s'agit d'un phénomène complexe que montre bien la fiction. Face à l'Allemagne, Louis Kempf de la Tour qui a pris la succession de son grand-père à la tête de l'usine familiale en 1904 est un homme de compromis. Il veut que l'Alsace obtienne les mêmes institutions que tous les autres Länders allemands, et notamment un Parlement. Pour cela, il n'hésite pas à inviter des militaires, des hommes politiques ou des banquiers qui pourront influencer le gouvernement de Berlin dans ce sens. On est loin ici des caricatures du dessinateur Hansi montrant dans son livre Mon Village, publié en 1913, une population alsacienne ridiculisant les Allemands (professeurs, fonctionnaires ou touristes). En 1911, l'Empire allemand finit par accorder à l'Alsace un Parlement (Landtag) et une Constitution régionale. La Première Guerre mondiale met fin à ces pouvoirs. Les conscrits alsaciens sont d'abord envoyés sur le front de l'Est. Dans la fiction, c'est le cas de Karl, le fils aîné de Louis et Frederike. Comme dans tous les pays belligérants, les libertés sont suspendues et la presse sévèrement contrôlée.
En novembre 1918, l'armée française entre en vainqueur en Alsace. Le territoire redevient français. Les poilus sont accueillis avec un enthousiasme patriotique. Le téléfilm montre l'événement dans deux scènes qui ont lieu à Alsheim. Au café du village, les soldats français dansent au bras d'Alsaciennes en costume traditionnel. Au château des Kempf, Mathilde est récompensée de sa fidélité à la France par la Légion d'honneur. La France s'emploie alors à faire disparaître toute trace de germanité en Alsace. Le film évoque ces commissions de triage, qui dès 1919, s'occupent du classement de la population en quatre catégories auxquelles on attribuait des modèles de carte d'identité différents. Les Allemands, y compris ceux nés en Alsace après 1871, sont titulaires de la carte D et doivent quitter la région dans des conditions parfois humiliantes. Tel est le sort du général von Marbach, beau-père de Louis Kempf de la Tour. En 1924, le Cartel des gauches veut introduire en Alsace la laïcité à l'école (où le français a été rétabli comme seule langue). Ce mouvement déclenche une vague de protestation à la tête duquel on trouve le clergé catholique. Le film montre bien que le mouvement se poursuit même après le retrait du projet par le gouvernement. C'est le moment où Albert Laugel, devenu maire d'Alsheim, propose aux membres de son conseil municipal de signer un manifeste exigeant « une autonomie complète dans le cadre de la France ». Ce moment est à l'origine de son arrestation et de son jugement à Colmar en 1928, avec d'autres autonomistes alsaciens. Avec l'arrivée de Hitler au pouvoir en Allemagne en 1933, une minorité d'autonomistes choisit le camp du séparatisme avec l'appui des nazis. Ce type de dérive est illustré dans le film à travers le parcours de René Imhof. Ce dernier ouvre en 1936 un cinéma à Alsheim qui diffuse des films de propagande nazie. Au moment de la défaite de 1940, il passe dans le camp de la collaboration active. L'autonomisme traditionnel quant à lui, s'atténue fortement avec les années 1930 et la montée des périls en Europe, liée aux agressions hitlériennes.
L'Alsace sous l'Occupation de 1940 à 1944
Le dernier épisode de la série sera retenu dans le cadre d'une étude sur l'Alsace entre 1940 et 1944. On pourra retenir trois thèmes importants : la résistance, les mesures d'assimilation forcée et la tragédie des « malgré nous ».
La résistance sera abordée à travers les parcours de trois personnages, Albert Laugel, Katel, sa femme dont il vit séparé depuis 1927, et le frère de celle-ci Anselme. Les élèves relèveront les différentes formes de résistance : soins à des prisonniers français évadés, transmission d'informations à Londres par des postes clandestins, infiltration des organes du parti nazi dans un dangereux double jeu, passage clandestin de la frontière entre l'Alsace annexée et la France. On insistera aussi sur la férocité de la répression menée par la Gestapo : Katel, dont le nom de résistance est « Mathilde », est arrêtée avec la mère supérieure du couvent dans lequel elle avait trouvé refuge. Elle avale une capsule de cyanure pour ne pas parler et la religieuse est sauvagement torturée.
On relèvera quelques mesures d'assimilation forcée : les autorités d'occupation obligent Édouard à germaniser son nom en Kempf von Turm au lieu de Kempf de La Tour. On attirera l'attention des élèves sur la célèbre affiche de propagande nazie qui apparaît sur un mur devant lequel passe Albert Laugel. Elle représente un immense balai qui élimine à l'ombre de la cathédrale de Strasbourg, le coq gaulois, Marianne, le képi français, le béret basque, et des livres français. Elle est accompagné du slogan suivant : Hinaus mit dem welshen Plunder ! (Débarrassez-vous de tout ce fatras français !). On pourra aussi évoquer la nazification au travers du personnage de Pauline, la fille d'Édouard. Les élèves relèveront son attitude : en uniforme des Jeunesses hitlériennes, elle s'exprime en allemand et demande que ses parents fasse de même. Elle participe à des collectes de vêtements pour les soldats sur le front de l'Est.
Enfin, les personnages de Louis-Charles Kempf de la Tour et de Peter Imhof permettent d'évoquer la question des « malgré nous ». Les élèves réussiront facilement, après avoir vu le quatrième épisode, à expliquer ce que recouvre cette expression qui désigne les jeunes Alsaciens enrôlés de force dans l'armée allemande. Pour éviter que leurs familles soient déportées au camp de Shirmeck, Louis-Charles et Peter, après une tentative de refus, sont contraints de partir combattre l'Armée Rouge sous l'uniforme SS comme 100 000 autres Alsaciens. Si le premier revient en 1944, après de multiples péripéties, en soldat de la 2e Division blindée, libérer sa région natale, le second a un destin beaucoup plus tragique. Peter Imhof ne revient qu'en 1948 du camp de prisonniers soviétiques de Tambov. En 1953, il est jugé pour crime de guerre : en 1944, il faisait partie du peloton chargé d'exécuter sous la contrainte un déserteur alsacien de l'armée allemande. Cette séquence du téléfilm est une allusion au procès d'Oradour-sur-Glane. Dans la compagnie de SS qui massacra les 642 civils de ce village du Limousin en juin 1944 se trouvaient en effet 12 jeunes Alsaciens enrôlés de force. Le verdict d'emprisonnement prononcé par le tribunal déclencha en Alsace une énorme vague de protestations. Le Parlement vota alors une loi d'amnistie immédiate et l'émotion se tarit. C'est sur cet événement que le téléfilm s'achève.
Autour de l'émission
Le procédé de la fiction historique
Le téléfilm réussit l'ambitieux pari de raconter l'histoire de l'Alsace entre 1870 et le milieu des années 1950 au travers d'une fiction, où tous les personnages principaux sont inventés et n'ont jamais existé. Les scénaristes ont choisit la forme du récit. Une voix off, celle du personnage de Louis-Charles Kempf de la Tour, que l'on imagine âgé, introduit chaque épisode et intervient de temps à autre au cours du film. Les génériques sont systématiquement les mêmes : un plan du château des Kempf, puis un homme de dos à un bureau en train de taper un texte sur un ordinateur. Le vieux Louis-Charles écrit donc l'histoire de sa famille. Ensuite, le spectateur est plongé dans le récit sous la forme du flash-back. Les personnages du téléfilm, s'ils sont fictifs, n'en croisent pas moins des personnages historiques. Ainsi, Mathilde croise Maurice Barrès. À Strasbourg, vers 1890, Louis fait ses études de droit et assiste avec un de ses camarades, Max Seligman, à un meeting de Bebel, leader du parti socialiste allemand (SPD). L'usine Kempf fabrique vers 1910 des automobiles grâce à un ingénieur italien, Bugatti. Cela contribue à renforcer la crédibilité de la fiction. Enfin, chaque époque est évoquée au travers des costumes et des décors. De plus, les scénaristes se sont parfaitement documentés sur l'histoire de l'Alsace. Tous les événements historiques sont justes, même ceux qui nous apparaissent aujourd'hui assez incroyables ; telles ces journées du lendemain de la Première Guerre mondiale à Strasbourg où, entre le 9 et le 25 novembre 1918, des soviets de marins tentent de prendre le pouvoir avant que l'arrivée de l'armée française ne mette fin à leur révolution. Tout ce qui, dans le troisième épisode concerne le procès des autonomistes alsaciens à Colmar en 1928 est également exact.
Chronologie
Quelques dates pour comprendre les événements relatés dans le film.
1er août 28-
octobre 1870 |
Guerre franco-allemande qui s'achève par la victoire des armées de Bismarck. |
1871 |
L'Alsace est annexée sans plébiscite à l'Empire allemand. |
1877-1914 |
Élaboration de lois particulières dans le cadre du Reich. |
1911 |
Constitution et installation du Landtag (assemblée parlementaire régionale) à Strasbourg. |
3 août 1914 |
Début de la Première Guerre mondiale. |
1914-1918 |
250 000 Alsaciens et Mosellans sont enrôlés dans l'armée allemande. |
Novembre 1918 |
Armistice ; retour de l'Alsace à la France. |
1926 |
Constitution du Heimatbund (Ligue de la patrie) qui réclame l'autonomie dans le cadre français et le bilinguisme. |
1928 |
Procès à Colmar de 22 autonomistes. |
Juin 1940 |
Rattachement de l'Alsace au pays de Bade ; les Alsaciens sont considérés comme Volkdeutsche, c'est-à-dire comme citoyens allemands à part entière. |
1941 |
Implantation du NSDAP et de ses organisations sociales (Jeunesses hitlériennes, Front allemand du travail). |
23 novembre 1944 |
Libération de Strasbourg. |
1945 |
45 000 Alsaciens sont internés dans les camps de Schirmeck et Struthof ; l'enseignement de la langue allemande est interdit dans les écoles primaires. |
18 avril 1951 |
Traité de Paris qui institue la Communauté européenne du charbon et de l'acier (Ceca) ; début du rapprochement franco-allemand. |
1953 |
Procès de Bordeaux ; le cas de 17 Alsaciens « malgré nous » est dissocié de celui de 7 militaires SS de la division Das Reich. |
Pour en savoir plus
DUCHER François, TURENNE Henri de, Les Alsaciens ou les Deux Mathilde, Arte Éditions/Lattès, 2001. Il s'agit de la « novellisation » de la série.
« Alsace, terre rhénane, porte de l'Europe », Historiens et Géographes, n° 347, février 1995. Plusieurs articles portent sur la période de 1871 à la Seconde Guerre mondiale et notamment sur l'autonomisme de l'entre-deux-guerres.
WAHL Alfred, RICHEZ Jean-Claude, L'Alsace entre France et Allemagne, 1850-1950, Hachette Littératures, coll. « La vie quotidienne », 1994.
VOGLER Bernard (dir.), L'Alsace, une histoire, Oberlin, 1998.
GRASSER Jean-Paul, Une histoire de l'Alsace, éd. Gisserot, coll. « Alsatiques Gisserot », n° 1, 1998.
BARRAL Pierre, « L'Alsace-Lorraine : trois départements sous la botte », in La France des années noires (dir. Jean-Pierre Azéma, François Bédarida), Seuil, coll. « L'Univers historique », 1993.
LE MAREC Bernard et Gérard, L'Alsace dans la guerre, 1939-1945 : la tentative de réannexion, Alsatia, 2000.
HOWILLER Alain, Entre le coq et l'aigle : géopolitique du Rhin, éd. Nuée bleue, 2000.
Enfin signalons que les éditions Lacour, dans leur collection « Rediviva », ont réimprimé des textes historiques consacrés à la région, parmi lesquels L'Alsace, de Marcellin Berthelot, et Alsace 1871-1872, d'Edmond About.
Tout sur Jean-Jacques Waltz, dit Hansi, peut-être le plus célèbre Alsacien de la première moitié du XXe siècle.
www.chez.com/hansi
Ce dossier a été réalisé par Thierry Levasseur, professeur d'histoire et géographie au collège Jean-Lurçat de Ris-Orangis (91). |
|
|

|
© CNDP
- Images, écrans, réseaux / Télédoc Avril 2001
- Tous droits réservés. Limitation à l'usage
non commercial, privé ou scolaire.
|
|